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Lundi 5 mai 2008
J'ai pleuré au téléphone juste parce que ma future femme vient d'avoir son permis.
C'est vraiment bête d'heureux.






PS : je vais pouvoir picoler à nouveau.
par Dirty Epic publié dans : Mes humeurs
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Jeudi 1 mai 2008
- Vous n'avez pas assez de culture pour...
- Touché.
par Dirty Epic
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Mardi 8 avril 2008
Faisons nous plaisir en regardant Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, perdant ses moyens, ses règles et tout le reste devant sa maîtresse Ariane Massenet.




Le système éducatif français n'en sort pas grandi, l'éducation nationale ne changera pas et le gouvernement encore moins, mais on découvre les lacunes (comme disent les profs) d'un bon ami du petit Nicolas, celui-là même qui usait ses fonds sociaux de culotte sur les bancs publics quand il séchait les cours d'éducation civique.

Quant aux nouveaux aménagements de programme pour les classes de primaire, j'ai trouvé un moyen de ne pas dépasser les 71h de cours par semaine, sans faire l'impasse sur les nouvelles matières préconisées pour une meilleure éducation (nationale) :

Mathémathlétisme :
Tout en courrant, les élèves résoudront le problème suivant :
Fatima fait le tour de la cour en 1min30, Jean-Marie fait le tour en 1min15 et David fait le tour en 1min.
Calculez combien de temps les élèves mettent pour faire 3 tours, et qui dépassera la grosse Fatima qui a encore abusé des cornes de gazelle. (Les noms sont fictifs, mais sont choisis pour des raisons de mixité sociale et de quotas).

Education Civique et Sportive :
Les élèves courrent dans tous les sens et quand ils se croisent ils respectent les politesses d'usage : pardon, excusez-moi, merci, bonjour, bonne journée... L'élève qui dira : "casse-toi pauvre con" sera mieux au ban et roué de coups. (S'il est noir on le jetera dans la rivière).

Histoire de l'art et de la mémoire :
A partir de tableaux célèbres (le radeau de la Méduse, le Serment des Horaces, Marat assassiné, la Bataille des Thermopyles) les enfants découvriront les malheurs de la guerre, les horreurs des naufrages, les souffrances des familles, et aussi que les Charlotte sont des salopes (enfin, seulement celles qui s'appellent Cordet). Ainsi les élèves choisiront un destin tragique et l'étudieront en détail pour bien chialer comme des merdes pendant que leur maîtresse leur dira : "Vous voyez, eux c'étaient des héros, vous vous êtes des chieurs qui branlent rien".

Conjugaison :
Avec une nouvelle forme, le présent-plus-que-parfait, pour expliquer que maintenant c'est mieux qu'avant et que demain ça sera pire.

Relecture d'histoires :
Toutes les histoires se finiront bien : la petite sirène survit et contribue au désamiantage des navires, la petite fille aux allumettes se lance dans la maquette et construit le Viaduc de Millau, fleuron du génie français, et Kirikou finit par obtenir un permis de séjour valide et peut enfin vivre son amour avec Simba sur une scène de comédie musicale.
(car l'Afrique fait gagner beaucoup d'argent en ce moment, ce qui permet d'affréter des charters pour que les artistes africains puissent faire des tournées mondiales.)

Apprentissage de l'alphabet avec Guy Môquet :
L'alphabet de Guy est plus facile à retenir, il n'y a qu'une lettre. Mais la douleur de l'apprentissage est telle que les élèves pourront chialer comme des merdes pendant que leur maîtresse leur dira : "Vous voyez, eux c'étaient des héros, vous vous êtes des chieurs qui branlent rien".

Géographie, connaître les religions de France :
Savoir où sont les juifs, les musulmans, les bouddhistes (pour éviter les incidents autour du Tibet). Le but n'est pas de faire de la répression, mais juste de savoir OU ils sont, par sécurité. On ne sait jamais. Il faudra également connaître les rudiments de chaque religion, pour que chacun comprenne pourquoi il doit taper sur les autres.

Développement de la concentration :
En supprimant des milliers de postes de professeurs, l'Education Nationale cherche à créer un climat de franche camaraderie dans les classes, et des groupes plus soudés. A 60 élèves dans une classe de 30, on peut se concentrer plus facilement.

Révisionnisme :
En fin d'année, les élèves ne feront plus de révisions, mais du révisionnisme, en apprenant l'histoire de la Shoah non pas par les faits et la réflexions, mais par le pathos et les sentiments subjectifs. Chacun apprenant la vie d'un enfant dans un camp, le cours sera intitulé "C'est mon Shoah".

L'élève la plus bête ne portera pas de bonnet d'âne, mais sera appelée Ingrid.
Car il y a toujours une Ingrid bête en cours.

Les élèves n'écriront pas leurs devoirs sur leur cahier de texte. Ils feront leur devoir de mémoire.

par Dirty Epic publié dans : Les constats alarmants
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Vendredi 28 mars 2008
S'il te plaît, design moi un mouton.


(2 heures, coef. 3)







par Dirty Epic publié dans : La brique à Braque
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Jeudi 27 mars 2008
L'effet de foehn :

A ne pas confondre avec les fêtes fun. Un peu d'étilologie pour comprendre d'où ça vient et surtout pour briller en société avec 1.2g/l de sang. "Foehn" est un mot d'origine allemande "Föhn" (comme  Föhnradio, la radio dans le vent), qui vient lui-même du latin "flavonius". On se rend vite compte que la mondialisation c'est vraiment un bordel sans nom. Flavonius veut dire "vent d'oux", et je dirais même des Alpes.

Je fais volontairement l'impasse sur les explications techniques de ce vent, pour les plus curieux je vous donne ça :
 
Pour faire simple, le bleu c'est pour le froid, le rouge pour chaud. Le vent en montant perd son humidité (neige et pluie) et quand il redescend il se fait chauffer par le soleil :
Soleil : - Eh le vent, tu veux bien me faire une petite bise ?
Foehn : - Ouaaaahh comment il me chauffe grave, dommage que je ne sois plus humide.

Tout ceci n'est pas très intéressant, surtout sans Sébastien Folin, alors je vais me concentrer sur l'effet en lui-même. On dit que l'effet de foehn rend fou, les dictons populaires font figures de fantaisies frivoles dans le monde du parler paysan :
- Foehn de printemps agace bêtes et gens.
- Si foehn présent, volant reste rampant, sinon gare à tes dents.
- A foehn radieux, déjeune pluvieux.
- Kriegt der Knecht vom Föhn einen Wahn, schlachtet er den Wetterhahn. (Un paysan affolé par le foehn tuera le coq de la girouette)

L'effet de foehn est très présent à Colmar, c'est d'ailleurs pour ça que c'est la ville la plus sèche de France (530mm de précipitations par an) ; on parle aussi de Colmar comme du trou du cul du monde, à cause des vents.
La Ludwig Maximilians Universität de Munich a fait une étude sur le vent qui rend fou et a conclu qu'en Europe il y a 10% de suicides en plus pendant le foehn.
Et le plus intéressant, c'est que si on commet un crime passionnel pendant un foehn, on peut plaider la folie passagère (je ne sais toujours pas si c'est vrai de vrai, mais si un cocu veut tester les défaillances de la justice, je veux bien connaître le résultat).


Le poisson clown :

Immortalisés par Le Monde de Némo, les poissons clowns sont des animaux splendids puisqu'ils vivent chez Anémone. d'après Wikipédia "ils sont amicaux" ; je ne sais pas comment un poisson peut être amibocal, mais avec une blague comme ça wiki a du manger un clown !
Dans la mer, le poisson clown fait rire ses amis, d'ailleurs il est tellement drôle qu'ils se pissent tous dessus, mais ils s'en fichent, ils sont dans la mer. Ce qui explique pourquoi l'amer est salée (hum non je dévie, c'est pas ça la vérité).


Je disais donc, le poisson clown est un animal politique, il vit en bande que l'on appelle des bandes poissons. Ces bandes sont très organisées, vivent dans la banlieue de l'océan Pacifique et squattent le hall d'entrée des anémones. La hiérarchie de ces bandes poissons est très précise, et invariablement il y a toujours une femelle à la tête, entourée de plein de mâles plein de laitance. Sous les ordres féminins les mâles sont aussi hiérarchisés, du plus fort au plus fred.
La grande surprise chez le poisson clown, c'est que si vous tuez la big boss, et que vous la cuisinez avec du citron et des amandes grillées, vous observerez une réaction étrange chez les mâles. Si la femelle meurt, le mâle dominant deviendra automatiquement une femelle. Cette espèce est quasi parfaite ; imaginez que le Kevin de 3e, celui qui a fait de votre vie un enfer parce qu'il avait un surplus de testostérone et des Nike TN neuves, eh bien ce Kevin, vous lui zigouillez sa copine, et il se transforme en fille. Libre à vous ensuite de lui casser la gueule. Ou de la draguer, assouvissant ainsi le fantasme érotico-juvénile d'une homosexualité refoulée.




Tous ça pour dire que j'ai un mal fou à écrire en ce moment, que je me réfugie dans la facilité, les fils rouges, les vérités inutiles, les écrits sans fonds. Je navigue à vue, sans conforama, et encore moins de but. Laissez-moi me plaindre de ma stérilité, je finirai bien par être arable, mais ça m'amuse nullement.
par Dirty Epic publié dans : La brique à Braque
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Mardi 11 mars 2008
Dans le ELLE daté du 10 mars 2008, voici ce qu'on peut lire dans l'article  "Faites-vous l'amour le lundi ?" :
"Une Nuit : Une femme sur cinq et près d'un homme sur deux ont connu des relations sans lendemain."

Un petit calcul s'impose : on prend 32 milions de femmes en France, et 30 millions d'hommes (environ).  Soit 6,4 millions de  femmes contre 15 millions d'hommes qui font ça dans les toilettes, les placards à balais ou le lit d'un dragueur de Meetic.
Premier constat : les hommes sont bien plus cochons que les femmes, mais là on n'apprend rien.
Ce qu'on apprend en revanche, c'est que les femmes cochonnes le sont BIEN PLUS que les hommes !
Elles sont 6.4 millions à s'être occupées des 15 millions d'obsédés... ce qui fait plus de 2 hommes pour une femme. L'apéricul est donc deux fois plus fréquent chez les femmes.

A moins que les chiffres aient été biaisés, les femmes ayant hontes de leurs envies et les hommes étant vantards...


mais la presse brossera toujours ses lecteurs dans le sens du poil. pubien.
par Dirty Epic publié dans : Les constats alarmants
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Mercredi 5 mars 2008
Pour mon anniversaire j'ai souvent eu des cadeaux prestigieux. Bizarrement ce n'est  pas ma famille qui me gâte le plus, mais ce sont mes idoles. Pour vous donner quelques exemples : Underworld a sorti Beaucoup Fish le 2 mars 1999 (et c'est Meilleur Ami n°2 qui me l'a offert), Nine Inch Nails vient de sortir Ghosts I-IV le 2 mars 2008 (peut-être en parlerai-je si vous êtes sages). Mais le plus beau cadeau, ce fut le début de la diffusion de Dragon Ball le 2 mars 1988. Information qui vous semble inutile, pourtant elle a résonnance indéniable pour la suite de mon existence.

dragon-ball.jpg
Comme 74.6% des garçons de ma génération j'étais un téléspectateur assidu du Club Dorothée.  J'avais 6 ans et je suivais les aventures de Sangoku, enfant vivant seul dans la montagne depuis la mort de son grand-père. Sangoku  (dont la transcription Son Gokû eût été plus judicieuse) est un personnage suprenant dont les qualités sont souvent considérées comme des défauts dans la réalité. Il est inspiré d'un conte chinois, Le voyage en Occident,  dont le héros s'appelle  Sun Wukong, porte une queue de singe, et possède un bâton magique qui s'allonge à volonté et un nuage permettant de voler.

Sangoku est très fort, il se débrouille tout seul dans la forêt, chasse, pêche nature et tradition, et n'a aucun problème pour se balader à poil, manger du dinosaure ou ou attaquer une voiture parce qu'il pense qu'il s'agit d'un monstre. Car c'est là le défaut de Sangoku, il ne connaît rien à rien. Il est obligé de toucher le sexe pour distinguer les filles des garçons (on dit "faire panpan"), il est très naïf, croit que tout le monde est gentil, et comme il est très fort physiquement il pense que c'est le cas de tout le monde. C'est sa naïveté qui donnera le ton si particulier de la série. C'est l'histoire de l'enfant sauvage qui part à la découverte du monde, il a un oeil neuf, celui que tout adulte rêve de retrouver pour s'émerveiller de chaque chose.
db-la_legende_de_sheron.jpg L'histoire commence avec Bulma, une gosse de riche qui décide de voyager pendant l'été et qui recherche les dragon balls, 7 boules de cristal dispersées à travers le monde et qui, une fois réunies, permettent à l'aventurier de réaliser un voeu de son choix. Jusqu'ici rien de bien original, l'intrigue principale est tirée par un "Mc Guffin", l'objet que tout le monde convoite. Mais les personnages et les accessoires de Dragon Ball ont de quoi faire rêver, c'est là qu'Akira Toriyama, le mangaka, fait très fort. Oolong le cochon amateur de filles qui se transforme en ce qu'il veut pour piller les villages mais qui est trop pauvre pour subvenir aux besoins de ses femmes, Yamcha, le guerrier du désert, très puissant mais tout aussi timide, Gyumao le roi qui ne peut plus aller dans son chateau parce qu'il a pris feu quand il est parti en pic-nic, et surtout Tortue Géniale, un vieillard sénile, lubrique et peloteur qui est pourtant un maître des arts martiaux, détenteur du secret du Kaméhaméha, l'onde de choc que Sangoku arrive à refaire dès son premier essai. Kaméhaméha c'est le cri de guerre de tous les gosses entre 1990 et 1996. Tous se sont balancés des boules de neige ou de papier en se gueulant dessus KAMEHAMEHAAAAA !!!! Même mes parents connaissent tellement je les ai bassiné avec ça :
- Frédéric, tu peux me passer la salière ?
- Kaméhaméhaaaaaaaaa
(je ne décrirai pas la scène suivante où mon père, les cheveux plus sel que poivre me fait ramasser les grains un par un).

kam-hameha.jpg
En plus des objets de Sangoku (le nuage magique jaune qui vient à toi dès que tu l'appelles et le bâton magique indestructible), qui sont des vestiges du passé et porteurs de magie ancestrale, Bulma nous présente le gadget ultime, ce vers quoi tend toutes les tentatives de miniaturisation : les Capsules Corp. Une capsule de la taille d'ue clé USB peut contenir tout ce qu'on veut ! Il suffit de cliquer, de la lancer et apparaît au choix : une maison avec cuisine équipée et moto dans le garage, la collection intégrale des PUFU PUFU (les Playboy de Tortue Géniale), ou alors plein plein d'eau pour les villages asséchés.

La grande question des fans de Dragon Ball c'est : un être humain survivrait-il s'il était enfermé dans une capsule.

Quand un gagaball (surnom des fans de DB) parle de sa passion, le novice en face dira "ah les mecs avec les cheveux jaunes !". Je tiens à rectifier certaines croyances : Dragon Ball dure en tout 42 tomes, le 1er super guerrier apparaît au tome 27, ce qui fait seulement un tiers de cheveux jaunes. L'image a cependant marqué les générations 90's parce elle est passée au moment du succès du Club Dorothée.
Mais il y a beaucoup de préjugés que je vais faire disparaître sous vos yeux ébahis : Dragon Ball est une bande dessinée. Le dessin animé c'est du plus-produit, afin de gagner plus de public. La division Dragon Ball et Dragon Ball Z n'apparaît que dans les dessins animés, pour séparer l'enfance de Sangoku et sa vie adulte. Dragon Ball Z est un animé de piètre qualité et extrêmement lent car il ne fallait pas que l'histoire aille plus vite que la BD. Ainsi a-t-on des épisodes entiers de vent qui souffle, de regards de western, de krrrkrrrrr (crissement de dents Dragon Ball, typiquement japonais et impossible à refaire), et de discours du genre "je suis le maître de cette planète tu ne me vaincras pas" "tu as tué mon meilleur ami je vais le ressusciter je reviens et je te fais avaler tes dents".
Dragon Ball ce n'est pas pour les enfants, car il y a du sexe (le premier voeu au Dragon, c'est une culotte), de la violence (il y a beaucoup de sang qui gicle quand Tortue Géniale voit les seins de Bulma), et même un personnage homosexuel aux tendances pédophiles (mais c'est un méchant, la morale est sauve). Des gens comme Ségolène Royal se sont battus pour protéger nos chères têtes blondes de la violence nippone. Du coup tous les nichons nippons furent coupés. et Miyazaki fut mis au ban du dessin animé jusque 1994.

db1.png
Voilà, j'ai bien critiqué Dragon Ball Z maintenant je peux mieux aimer le dessin animé de mon enfance. Dragon Ball c'est l'histoire d'un enfant innocent mais qui sans le savoir traine un secret très lourd, il se transforme en gorille les nuits de plaine lune. Ca encore c'est pas trop grave, mais ce qui est triste c'est que c'est Sangoku lui-même qui a tué son grand-père sans le savoir. Je vous disais qu'il était naïf ; il pense que les hommes sont tous bons où finissent par le devenir. D'ailleurs, faisons le tour de ses amis, tous des ennemis au départ :
- Yamcha : première rencontre il lui tire dessus au fatal bazouka.
- Krilin : lui fait tous les coups de pute possible pour être bien vu de Tortue Géniale.
- Tenshin Han : Ennemi au tournoi des arts martiaux, élève du rival de Tortue Géniale.
- Piccolo : Démon ultime, tue Krilin et Tortue Géniale.
- Végéta : Tue beaucoup de monde, veut vaincre Sangoku à tout prix.
Sangoku c'est le mec qui fait que le monde est meilleur parce que tous ces gens deviendront de véritables amis. Piccolo deviendra une sorte de parrain pour le fils de Sangoku (Sangohan), Végéta, l'ennemi intime, représente l'image du macho pur qui refuse de s'avouer que l'amitié et le respect d'un autre homme est possible. La symbolique de cette homosexualité latente prendra toute sa mesure dans la scène de la fusion pour combattre le démon Bou ; les corps de Végéta et Sangoku s'unissent et ne font qu'un et en plus ils portent des boucles d'oreilles (et là ya 25 gagaballs qui vont hurler au scandale).
Vous l'aurez compris, dans la vraie vie, Sangoku serait un mec "trop bon trop con", mais dans Dragon Ball c'est un héros qui refuse le combat le plus souvent possible (j'ai 26 ans je ne me suis jamais battu, Sangoku à mon âge a foutu sa trampe à 90 personnes, je pense qu'il cherche un peu la merde quand même).
On distingue plusieurs aventures dans Dragon Ball, et ce n'est pas que du combat, d'ailleurs il y en a finalement peu (au début) :
- La quête des dragon balls
- La formation avec Tortue Géniale
- L'armée du Ruban Rouge (comme une armée fasciste se fait démonter par un gosse, mon histoire préférée)
- Le tournoi des arts martiaux
- Le démon Piccolo
- La revanche du démon Piccolo

SSj3.jpgAprès on a Dragon Ball Z et le scénario se résume à : Sangoku est le plus fort, le méchant se transforme, Sangoku se transforme en super guerrier, le méchant se transforme encore, Sangoku passe en super guerrier 2, le méchant se transforme encore, Sangoku passe en super guerrier 3 mais pas chez le coiffeur et flingue le méchant. C'est un peu à celui qui aura la plus grosse... de coiffure.
Dragon Ball est un récit initiatique plein de vertus éducatives. Sangoku nous apprend a ne pas juger à l'apparence, il nous montre pourquoi il faut respecter les anciens (Tortue Géniale est un guerrier de talent, un vrai professeur, mais obsédé). Il faut aussi se faire souffrance pour progresser, accepter de ne pas voir ses amis pendant des années pour être meilleur, avoir le sens du sacrifice (primordial dans DB) mais aussi savoir s'unir et prendre en compte les avis des autres (les conseils de Krilin à Sangoku le naïf).

De 6 à 15 ans j'ai regardé cette série, j'ai pris les BD en cours de route. L'image la plus ancienne qui m'a marqué, c'est Sangoku, Krilin et Bulma coincés dans une base sous-marine. Le bateau est en panne, et Sangoku fait un Kaméhaméha pour propulser ses amis à la surface. Il fait tout ça en ayant un rat dans la bouche (rat qui lui a sauvé la vie en effrayant le méchant homosexuel pédophile cité plus haut, le Général Bleu). Je me suis demandé longtemps pour cette scène en particulier et pas une autre ? En fait Sangoku utilise sa force d'attaque, mais il n'y a aucune attaque, il sauve les gens en utilisant la puissance ultime. Un peu comme si une bombe H pouvait sauver des vies.
Dragon Ball Z c'est aussi près de 60 cassettes VHS, enregistrées chaque mercredi matin, deux épisodes avec la pub et le Face-à-face-à-face entre les deux. J'avais latin et je me demandais comment Sangoku allait sauver ses amis de l'infame Freezer, autoproclamé Empereur de l'univers (c'est plus classe que nos dictateurs terriens !). En vacances j'ai hurlé de joie quand j'ai vu qu'il y avait une télé dans le chalet, il fallait que mes parents aillent au marché à 9h50, sinon ils auraient râlé.
Toutes les bonnes choses ont une fin, mais celle de Dragon Ball Z est arrivée plus tôt que prévue... le 29 août 1997 (celui qui a son anniversaire là il a pas de bol) le Club Dorothée arrête la diffusion. Je ne saurai jamais pourquoi. Mais imaginez une saga comme Urgences ou Friends et dont la fin n'a JAMAIS été diffusée sur une chaîne hertzienne. Mais les décisionnaires ont pensé : "ce sont des enfants, ils s'en fichent". Leur réussite fut de pousser les jeunes à la lecture puisque tous les Français ont découvert la fin de DB en lisant le manga. Il n'empêche que les puissants du monde de demain seront des gens privés de la fin de Dragon Ball, des hommes frustrés à vie à qui on va confier des responsabilités sans limite ! Heureusement qu'ils ont appris le sens de l'amitié, du sacrifice et tout et tout.

Après ça, ma vie a repris son cours, je suis allé au lycée, je relisais secrètement pour la 624e fois les 42 tomes de DB, je ne m'en vantais pas, on aurait dit "ah le gosse !". Alors qu'à cette époque, si j'avais les cheveux longs, c'était pour ressembler à Trunks, le fils de Végéta et Bulma, venu du futur. Après j'ai dit que c'était pour faire Métalleux, mais au départ j'avais vraiment la coupe au bol de Trunks que j'ai laissé poussé comme lui...

Trunks.jpg
En 2005 je suis tombé sur des tirettes avec des figurines dedans. J'en avais plein quand j'étais petit, j'avais les cartes aussi (dont une collection complète humhum ^^). Mais ces figurines étaient vraiment belles, avec des détails d'une précision infime. J'ai mis 2 euros. Il était déjà trop tard.
je suis allé sur internet pour vous ce que c'était que ces gashapons, ces figurines à monter soi-même. Et sur Ebay des Chinois vendaient ça par série entière, ce qui évitait d'avoir des doubles et de les avoir bien moins chères qu'à l'unité. J'ai commencé la série des HG, je les ai tous, absolument tous (sauf les jambes de Oub, mais je vais fouiller le sac de l'aspirateur). Après j'ai fait les minis, mais seulement 5 séries, ça va vite. Après j'ai fait les Mégahouse, là c'est la Rolls Royce du Gashapon, la seule collection a avoir été falsifiée, j'en possède 2 séries introuvables dont les derniers prix vus avoisinaient les 200€ (l'une de ces séries j'ai l'ai eu gratos, grâce à une erreur de la poste en ma faveur). Cette passion prend beaucoup de temps et beaucoup d'espace. Je remercie ma future femme de m'accepter tel que je suis, 250 figurines sur les livres, les DVD, dans les toilettes (plouf) ça demande vraiment beaucoup de courage pour 1. une fille, 2. qui n'a jamais regardé Dragon Ball. Mais je peux vous dire que le plaisir de monter une figurine et d'admirer le résultat est immense, même pour meilleur ami n°2 qui n'est pas fan de DB. (comment peut-il être mon meilleur ami ?).

photo de Sion Tezuka
Dragon Ball fut mon rêve d'enfant et reste mon plaisir d'adulte, j'ai peur du film américain en préparation, on essaie de toucher à une mythologie incroyable, ils y a tellement de fans intégristes que le réalisateur James Wong, malgré le fait qu'il ait fait de très bons épisodes d' X-Files, pourrait se retrouver aux enfers avec Freezer, Cell, Bou, Babidi, Janemba et tous les autres, et il passerait une sale éternité. Et pour  vous faire découvrir Dragon Ball je ne dirai qu'une chose : Lisez.

groupe.jpg
Brigitte_Lecordier.jpgPS : pour cet article je tiens à remercier Brigitte Lecordier, l'une des grandes anonymes du doublage français, ces gens sans visage dont la voix nous enchante ; elle fut la voix de Sangoku pendant tout Dragon Ball, puis celle de Sangohan, puis celle de Sangoten. Malgré une gestion du doublage lamentable (changement de voix, traduction plus qu'approximative), Brigitte Lecordier a su donner une vraie personnalité à un Sangoku de celluloid. Dans ma tête résonneront à jamais les "ti tidi tidiii" de Sangoku se promenant où les "tin nin nin ninnin" quand il s'envole sur son nuage.




par Dirty Epic publié dans : Les fils rouges
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Jeudi 28 février 2008
J'ai quelque peu négligé ce blog ces derniers temps, la faute aux vacances, sans doute. Et je profite de ce retour pour partager avec vous une nouvelle. J'espère qu'elle est bonne, je vous laisse juge.
Je préviens d'avance mon lectorat, certains passages (la plupart) peuvent choquer, donc veuillez éloigner les esprits les plus jeunes, le mot "sang" revient souvent.
Bonne lecture !








                Acouphènes




Je suis née en prison, un matin d’hiver. Ma mère, emprisonnée pour homicide involontaire, ne m’a connue que rouge et couverte de sang. Elle est morte jeune, je ne sais pas quand, mais je m’en fiche ; elle m’a donné une vie dont je n’ai jamais voulu. Je ne sais même pas si elle est sortie de prison avant de mourir. Mourir en prison, naître en prison. C’est sans doute le seul lien que j’ai trouvé avec ma mère.

 

Jusqu’à l’âge de 11 ans j’ai grandi entre quatre murs. Mon père était plutôt gentil, jusqu’à ce que l’alcool le tue. Il s’est endetté pendant des années afin de maintenir son taux d’alcoolémie. Ma chambre faisait la taille d’un lit deux places, avec un matelas simple posé à même le sol. Mes posters représentaient des stars éphémères découpées dans le programme télé. Ma mère ne m’a jamais manquée, peut-être parce que mon père ne parlait jamais d’elle. En revanche mon père pleurait souvent. Il disait que le vin faisait oublier et le whisky souvenir. Une fois j’ai goûté le fond d’un verre alors que papa dormait. J’ai cru boire des clous tellement ça piquait. J’ai craché le reste et papa a grogné.

« Encore un de foutu » il a dit. Il disait toujours ça.

Un jour, j’ai eu des acouphènes. Papa a dit : « Quelqu’un parle de toi ». Comme personne ne me connaissait, j’en ai conclu que c’était ma mère. « Les oreilles sifflent, quelqu’un persifle » disait la vieille qui habitait au dessus. C’est comme ça que j’ai appris le mot persifleur. Mais on m’a dit que mersifleur n’existait pas. Pourtant ça paraissait plus logique dans mon cas.

Quand mes oreilles ont commencé à siffler, je ne savais pas d’où ça venait. Pendant plusieurs jours j’ai cru qu’un appareil électrique était caché dans ma chambre. Je l’ai rangée dix fois sans rien trouver.

 

Parfois je n’entends rien, souvent je n’entends que ça ; un bourdonnement sourd, le cri strident d’une télé froide, le souffle d’une bouilloire. J’ai oublié ce qu’était le silence un jour que j’ai oublié. C’est arrivé sans raison.

Après six mois de plaintes auprès de mon père, il a enfin consenti à m’emmener chez un médecin. Il n’a rien trouvé ; il a voulu me rassurer en disant : « Vous savez, 15% de la population a des acouphènes, certains ne le savent même pas. Le mieux c’est de les ignorer. »

Mais quel gros con ! C’est moi qui vis avec ça ! Je n’ai jamais eu de walkman comme les filles de ma classe et je paie le prix fort !

Et voilà, je m’énerve, ça siffle, c’est encore plus aigu ! C’est comme si quelqu’un enfonçait une aiguille dans mon oreille… Pourquoi ? Ma vie est assez nulle comme ça, j’appelle ça l’acharnement divin ; je suis là pour concentrer la misère du monde.

Ca y est, j’entends le silence, ou plutôt un iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii incessant. Mais moins fort qu’avant. Le sifflement ne me quittera plus, il sera ma petite douleur intime, mon ennemi intérieur. Je vais faire comme a dit le docteur : faire avec, m’y habituer.

 
Le temps passe.
L’horreur ne passe pas.

C’est désagréable. Non, pire, insupportable, exaspérant. Je n’entends plus. Je perçois derrière un bruit blanc ambiant. Le son le plus monotone du monde. Et quand il y a des variations c’est pire. Ca monte, ça vrille, ça transperce, ça charcute. Un train freine dans ma tête et mes oreilles déraillent.

Le bruit, le bruit, la fureur, les élans aigus ! Je n’en peux plus ! Arrêtez ça !

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii…
 

J’ai oublié la rumeur du monde, je ne l’entends plus. Ecouter l’extérieur n’a plus d’intérêt face à mon mur sonore. La décision fut finalement facile à prendre. Retrouver le silence était évident. Se boucher les oreilles ne servait à rien, alors j’ai décidé d’enfoncer un fil de fer (un trombone pour être exacte) à l’intérieur du trou.

La sensation était froide. Avec un peu de douceur aussi. Je n’ai jamais fait l’amour, mais me faire pénétrer comme ça m’a procuré un curieux plaisir. Et j’ai eu le courage d’aller jusqu’au bout.

J’entendis un bruit énorme, assourdissant, le fil touchait la paroi du tympan, je le sentais frapper, gratter. Il était là, prêt à agir. C’est là que j’ai forcé.

Plus rien. Quelle chaleur d’un coup. Je me sentais moite, la tête me tournait. La douleur couvrait le son. Ou n’y avait-il plus de son ? Une chose est sûre, à cet instant précis je n’entendais plus rien. Le sang ruisselait de mon oreille. Dans le miroir, mon visage était rouge, mes cheveux étrangement collés sur ma joue, un peu poisseux. Mais je riais. J’étais enfin libérée et allais retrouver le calme.

J’ai attendu un peu avant de percer la seconde oreille. Je voulais faire ça bien, profiter une dernière fois de cet orgasme irréversible. Pendant deux jours j’ai vécu essorée d’une oreille. Je la nettoyais avec le whisky de papa. J’entendais toujours les acouphènes, mais de loin. Je savais qu’une fois la deuxième oreille tuée tout irait mieux. Prendre le mal par la racine.

Et j’ai pris mon temps ; j’ai taillé un fil très fin, bien droit et souple, pour bien parcourir le conduit. Je voulais tout sentir en profondeur. J’ai chauffé le fil avec un briquet pour ne pas être gênée par le froid métallique et me concentrer sur la douceur. Je suis restée calme pendant toute l’opération, prenant soin de ne pas griller les étapes. La progression était infime. J’ai commencé par le lobe, caressé lentement, puis j’ai effleuré le cartilage, continuant doucement vers le trou. Je sens le fer dans ma tête, qui gratte, contourne, rampe. Je n’ai pas peur, je sais où je vais, j’avance vers le silence et la liberté.

Le silence.
POC.
Le silence.

Ca saigne en abondance, la douleur éteint tout. Je n’ai plus de sifflement. Mes oreilles sont désormais inutiles, mais je ne souffrirai plus.

Je rince au whisky et bois une gorgée pour me calmer. Dieu que c’est bon de ne plus rien entendre ! Ni le monde, les acouphènes. Je profite, je savoure ce silence si léger. Je n’entends RIEN.

 

Mais tout cela ne dura qu’un temps. Un matin je me suis réveillée, les acouphènes étaient revenus. Dans un livre de médecine j’ai lu : « les sourds peuvent subir des hallucinations auditives. » En quoi est-ce une hallucination si je l’entends en permanence ? Je l’entends ! Même sans oreilles ! Le bourdonnement, le souffle, le bruit qui n’a pas de nom. Je me dis que Jeanne d’Arc, plutôt que d’être prise pour une folle, a préféré dire qu’elle entendait la voix de Dieu, plutôt que les cris du diable. Moi je n’entends rien, ou alors j’entends tout. Je ne sais pas. Mon seul refuge est le sommeil, quand j’arrive à surmonter les acouphènes au moment de m’endormir, les pires.

 

J’ai commencé à méditer pour comprendre d’où venait le bruit. Assise dans le noir, je me concentrais pour explorer chaque partie de ma tête. Bouche ouverte, fermée, le son n’était pas le même. Je restais éveillée des nuits entières pour ne pas laisser le son s’échapper. Remonter à l’origine.

C’est là que j’ai compris. Le bruit venait du fond de ma bouche, qui formait une caisse de résonance. Pas de doute, ce sont mes dents. Le travail sera plus dur cette fois. Mon unique visite chez le dentiste se déroula dans les pires conditions, j’avais mordu ses doigts et il m’avait enlevé une dent trop cariée. Toujours ça de moins à faire.

Devant le miroir, la pince paraissait immense dans ma bouche. Je n’ai pas pu crier à cause du sang. Il a coulé dans ma gorge, je croyais me noyer ; il débordait de ma bouche dans un flot interminable. Je l’ai craché dans le lavabo et sur le miroir. Encore mon reflet rouge qui me regarde.

Seulement une dent et tout ce sang ; et cette douleur… Je ne sais même pas combien il en reste, c’est pour ça que je commence par le fond. Toute chasse doit être méthodique, et celle-ci sera longue.

J’ai déjà cinq dents alignées sur le bord de la tablette, c’est vraiment gros une dent, c’est comme d’avoir un iceberg dans la bouche. Le whisky de papa n’est plus une solution, ça pique trop. J’ai donc emprunté les médicaments de la vieille du dessus.

Je me suis habituée au goût du sang, même si j’ai vomi plusieurs fois. Maintenant je lui trouve un goût intéressant, épais et sucré. Je sais que je suis en bonne voie puisque je n’entends plus rien, pas même le moindre larsen. En une semaine j’ai vidé ma bouche. J’ai fini par m’habituer à la douleur. Mais je préfère souffrir qu’entendre. En passant ma langue je sens chaque trou dans mon palet. C’est désagréable, j’espère que je m’y ferai rapidement

et j’entends toujours ce PUTAIN DE SON ! J’ai pourtant jeté toutes les dents dans les toilettes ! Je ne devrais plus les entendre, elles sont loin ! Et ce bruit est toujours en moi, me torture, me viole. Il s’amuse à me faire souffrir avec son rire de porte qui grince. Et ma langue qui continue de se balader entre les tombes de mes dents. Ce vide dans ma bouche, cette sensation de mort… Quand je crie, j’entends ma voix qui résonne dans ma tête, mais ça ne couvre que quelques secondes les acouphènes.

 

Ma langue bouge trop, elle a trop d’espace, elle devient folle à se tortiller et à fouiller les trous derrière les lèvres.

Je l’ai coupée. D’un coup de ciseaux, tchac ! Bon débarras le steak remuant ! Je l’ai regardé tomber au creux de l’émail blanc du lavabo. Elle était plutôt jolie avec ces lignes de sang éclaboussé tout autour. Si j’avais pu, je l’aurais prise en photo.

La souffrance est vite partie et je ne me suis jamais sentie aussi légère. Le silence, l’absence de tout. Ce néant est si reposant… Je ne sens plus rien, je suis sur un nuage doux et cotonneux, pourtant la bouteille de papa est vide depuis longtemps.

Mais en m’allongeant j’ai senti. Mes yeux tombent. La tête en arrière, je sens que mes yeux glissent au fond de ma tête. Ma bouche est vide, tout est creux, rien ne peut les retenir. Et s’ils m’étouffaient pendant la nuit ? Oh non je ne veux pas mourir… Je suis si près du bonheur ; ai-je vraiment besoin de mes yeux ? Il faut que je m’en débarrasse, je suis proche du but.

 

Pour les yeux l’affaire se compliquait, je ne savais même pas mettre des lentilles. Alors j’ai pris une ventouse, un vieil Aspivenin qui traînait dans l’appartement depuis toujours. Là ça a fait mal, vraiment mal. Mais je ne voulais pas me crever les yeux. Même crevés ils auraient fini par tomber. J’ai retiré le premier œil et j’ai réfléchi ; je couperai les deux nerfs en une fois, pour ne pas rater.

J’ai replacé la ventouse sur la seconde orbite et j’ai tiré encore une fois. Il sortit beaucoup plus facilement. J’avais envie de vomir parce que je ne pouvais plus fermer les yeux. Ma vision tanguait, je ne distinguais que des formes vagues, mes pieds, mes doigts, tout était flou et remuant. J’ai eu du mal à saisir les deux globes ; ils étaient humides et gluants ; ils glissaient, et ironiquement, je ne pouvais pas les voir. Je ne pouvais pas me fier à ce que j’étais forcée de voir. Je les saisis enfin. Je cherchai à tâtons la paire de ciseaux.

D’un coup.
Noir.
Silence.
Silence ?
 
 

Je n’entends pas le bruit du stylo qui gratte le papier. Les acouphènes couvrent tout. Je suis dans une bulle rempliiiiiiiiiiiiiiiie de sifflements. J’écriiiiiiiiiiiiiiis sans savoir si quelqu’un pourra me lire. Ou me relire.

Et je ressens déjà des petits picotements, tout au fond de mes doigts.
 
par Dirty Epic publié dans : Beams
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Jeudi 14 février 2008
Longtemps j'ai arpenté les rues, quelle que soit la ville, j'aimais marcher au hasard des trottoirs, me  perdre à des carrefours trop nombreux, les allées s'étoilant autour d'une place.  Arpenter le bitume était pour moi un plaisir urbain, de jour comme de nuit,  je déambulais encapuché même sans pluie, mes écouteurs occultant la rumeur citadine.
J'ai rencontré les villes sous un autre angle en sortant des rues, en pratiquant les allées, les ruelles, les jardins, les cours privées.  Charleville-Maizières est une ville de vieux avec ses magasins de prothèse auditives, Grenoble c'est Metz avec des montagnes au bout des boulevards, Nancy est vivante la nuit, des rollers-man aux prostituées en passant par les punks à chien,  Metz est une clinique asceptisée, Strasbourg un régal pour les yeux, la place de la gare sous la pluie à 6h du matin reste l'une des plus belles banalités de ma vie.
J'ai vécu mille choses dans les rues désertes des villes la nuit, je me suis baigné dans la fontaine d'Amphitrite place Stanislas, j'ai mangé du saucisson et du pâté accompagné d'un bourgogne aligoté sous l'arc Héré, j'ai chevauché l'un des loups de l'hôtel des Loups, j'ai dompté un Lion dans les jardins du Luxembourg, je suis monté sur un camion qui transportait des chalets d'un marché de Noël, j'ai fait des parties de sonnette, pris des photos au me couchant au milieu de la route, couru après un écureuil, roulé dans une poussette, puis un caddie.
J'aimais la rue comme personne. Même dans mon appartement je passais mon temps à regarder la rue, comme les vieux qui s'ennuient trop pour regarder la télé. Combien ont déjà pris le temps de s'arrêter, de s'asseoir par terre et de contempler le béton, ses motifs aléatoires, ses jointures approximatives, sa chaleur granuleuse.

Mais la rue, je ne l'aime plus. Aux intersections, aux coins des immeubles jadis accueillants, près des arbres trop verts, ont poussés des poteaux étranges aux clochettes recourbées, comme des réverbères noires où ne sort aucune lumière. Ces sphères sombres sont des globes oculaires ; dans leur orbite roulent des caméras inquisitrices, des yeux perçants et rapides, tournant partout, sans rien voir, juste pour dire "je suis là".
Ces caméras sont partout. En quelques mois elles se sont répandues et c'est comme si personne n'avait rien vu.
Cette semaine je suis resté près de l'une d'elles, pendant 10 minutes, à l'observer, à chercher à la comprendre, comme un micro-organisme. Ses mouvements sont vifs, précis, elle sait où regarder, guette les points stratégiques. Toutes les 15 secondes elle change d'angle, scanne le monde de son regard noir. Et je crois qu'elle m'a vu. Intriguée qu'un passant lui prête attention. Puis elle a détourné le regard, sans doute par timidité devant mon insistance.

camera.jpg
Quand j'étais au collège j'ai lu 1984. Un roman qui se passe deux ans seulement après ma naissance, je me disais "c'est kitsch, c'est déjà passé et ça ne s'est pas passé comme ça". Je trouvais assez gros que la télé nous regarde autant qu'on la regarde ou qu'un visage moustachu imprimé sur des affiches scande "Big brother is watching you". Pour moi c'était du folklore totalitaire, post Stalitler.
Et je me moquais des gens qui criaient au loup en disant : l'état centralise toutes les données internet, les fournisseurs d'accès savent tout de vos clics, votre téléphone portable permet de vous situer n'importe où par triangulation... Pour moi c'était du X Files, comme quand on dit 'bombe' et 'terroriste' au téléphone on est tout de suite mis sur écoute. De la paranoia hollywoodienne...
Aujourd'hui tout va bien, on vit encore dans un état libre, et malgré les anti sarkozystes primaires qui veulent mener notre gouvernement au busher, je doute qu'on est perdu de nos libertés.
Mais je pense à un gouvernement futur, qui sera issu de la peur et de l'élan sécuritaire, un état qui nous dira : "je m'occupe de tout, tu auras un emploi, une maison, et une voiture et tu nous laisse gérer", cet état a déjà tout le matériel et l'infrastructure pour asseoir son pouvoir.
J'ai toujours été pessimiste quant à l'évolution de la démocratie en France, mais sous ces caméras qui me regardent sous prétexte de me protéger, je me sens vraiment en danger.

par Dirty Epic publié dans : Les constats alarmants
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Dimanche 3 février 2008
Achab2.jpg

Maintenant qu'il y a des Starbucks partout,  il fallait s'y attendre, la bite de Moby revient en force avec un film , Capitaine Achab.
Encore une histoire de chasse à la baleine qui va faire rugir les écolos et les fonctionnaires à quotas de pêche de l'UE me direz-vous. Mais la polémique n'est pas là.
Voyez sur l'affiche, le capitaine Achab a une jambe de bois blanche (pourtant les boas n'ont pas de jambes) c'est à cause de son combat avec la bite à Moby, grosse comme une baleine, blanche également.
Et c'est là que je m'insurge ! Pourquoi faire jouer ce rôle à Dominique Lavant alors que c'est un bipède ?? Le cinéma français compte dans ses rangs Guillaume Depardieu qui aurait pû pour une fois nous servir un vrai rôle de composition.

Ceci était un message des jambistes unis.


PS : Le pauvre Guillaume en prend plein la tête et les jambes dans cet article, c'est un coup bas (quiero bailar la salsa). Je m'excuse auprès des membres de la famille Depardieu un par un.




par Dirty Epic publié dans : La brique à Braque
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Musique :
M83 - Saturdays=Youth
MGMT
 - Oracular Spectacular
Kiko - Slave Of My Mind

Livres :

Fini : J. Ford, Dommage qu'elle soit une putain
Actuellement : A. Gob, La Muséologie
Après: Le droit des musées

Ciné :
P. Claudel, Il y a longtemps que je t'aime
J.P. Salomé, Les femmes de l'ombre
J. A. Bayona,
L'Orphelinat

DVD :

H. Ano, Neon Genesis Evangelion
Q. Dupieux, Steak
R. Scott, Blade Runner 
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