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Jeudi 28 février 2008
J'ai quelque peu négligé ce blog ces derniers temps, la faute aux vacances, sans doute. Et je profite de ce retour pour partager avec vous une nouvelle. J'espère qu'elle est bonne, je vous laisse juge.
Je préviens d'avance mon lectorat, certains passages (la plupart) peuvent choquer, donc veuillez éloigner les esprits les plus jeunes, le mot "sang" revient souvent.
Bonne lecture !








                Acouphènes




Je suis née en prison, un matin d’hiver. Ma mère, emprisonnée pour homicide involontaire, ne m’a connue que rouge et couverte de sang. Elle est morte jeune, je ne sais pas quand, mais je m’en fiche ; elle m’a donné une vie dont je n’ai jamais voulu. Je ne sais même pas si elle est sortie de prison avant de mourir. Mourir en prison, naître en prison. C’est sans doute le seul lien que j’ai trouvé avec ma mère.

 

Jusqu’à l’âge de 11 ans j’ai grandi entre quatre murs. Mon père était plutôt gentil, jusqu’à ce que l’alcool le tue. Il s’est endetté pendant des années afin de maintenir son taux d’alcoolémie. Ma chambre faisait la taille d’un lit deux places, avec un matelas simple posé à même le sol. Mes posters représentaient des stars éphémères découpées dans le programme télé. Ma mère ne m’a jamais manquée, peut-être parce que mon père ne parlait jamais d’elle. En revanche mon père pleurait souvent. Il disait que le vin faisait oublier et le whisky souvenir. Une fois j’ai goûté le fond d’un verre alors que papa dormait. J’ai cru boire des clous tellement ça piquait. J’ai craché le reste et papa a grogné.

« Encore un de foutu » il a dit. Il disait toujours ça.

Un jour, j’ai eu des acouphènes. Papa a dit : « Quelqu’un parle de toi ». Comme personne ne me connaissait, j’en ai conclu que c’était ma mère. « Les oreilles sifflent, quelqu’un persifle » disait la vieille qui habitait au dessus. C’est comme ça que j’ai appris le mot persifleur. Mais on m’a dit que mersifleur n’existait pas. Pourtant ça paraissait plus logique dans mon cas.

Quand mes oreilles ont commencé à siffler, je ne savais pas d’où ça venait. Pendant plusieurs jours j’ai cru qu’un appareil électrique était caché dans ma chambre. Je l’ai rangée dix fois sans rien trouver.

 

Parfois je n’entends rien, souvent je n’entends que ça ; un bourdonnement sourd, le cri strident d’une télé froide, le souffle d’une bouilloire. J’ai oublié ce qu’était le silence un jour que j’ai oublié. C’est arrivé sans raison.

Après six mois de plaintes auprès de mon père, il a enfin consenti à m’emmener chez un médecin. Il n’a rien trouvé ; il a voulu me rassurer en disant : « Vous savez, 15% de la population a des acouphènes, certains ne le savent même pas. Le mieux c’est de les ignorer. »

Mais quel gros con ! C’est moi qui vis avec ça ! Je n’ai jamais eu de walkman comme les filles de ma classe et je paie le prix fort !

Et voilà, je m’énerve, ça siffle, c’est encore plus aigu ! C’est comme si quelqu’un enfonçait une aiguille dans mon oreille… Pourquoi ? Ma vie est assez nulle comme ça, j’appelle ça l’acharnement divin ; je suis là pour concentrer la misère du monde.

Ca y est, j’entends le silence, ou plutôt un iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii incessant. Mais moins fort qu’avant. Le sifflement ne me quittera plus, il sera ma petite douleur intime, mon ennemi intérieur. Je vais faire comme a dit le docteur : faire avec, m’y habituer.

 
Le temps passe.
L’horreur ne passe pas.

C’est désagréable. Non, pire, insupportable, exaspérant. Je n’entends plus. Je perçois derrière un bruit blanc ambiant. Le son le plus monotone du monde. Et quand il y a des variations c’est pire. Ca monte, ça vrille, ça transperce, ça charcute. Un train freine dans ma tête et mes oreilles déraillent.

Le bruit, le bruit, la fureur, les élans aigus ! Je n’en peux plus ! Arrêtez ça !

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii…
 

J’ai oublié la rumeur du monde, je ne l’entends plus. Ecouter l’extérieur n’a plus d’intérêt face à mon mur sonore. La décision fut finalement facile à prendre. Retrouver le silence était évident. Se boucher les oreilles ne servait à rien, alors j’ai décidé d’enfoncer un fil de fer (un trombone pour être exacte) à l’intérieur du trou.

La sensation était froide. Avec un peu de douceur aussi. Je n’ai jamais fait l’amour, mais me faire pénétrer comme ça m’a procuré un curieux plaisir. Et j’ai eu le courage d’aller jusqu’au bout.

J’entendis un bruit énorme, assourdissant, le fil touchait la paroi du tympan, je le sentais frapper, gratter. Il était là, prêt à agir. C’est là que j’ai forcé.

Plus rien. Quelle chaleur d’un coup. Je me sentais moite, la tête me tournait. La douleur couvrait le son. Ou n’y avait-il plus de son ? Une chose est sûre, à cet instant précis je n’entendais plus rien. Le sang ruisselait de mon oreille. Dans le miroir, mon visage était rouge, mes cheveux étrangement collés sur ma joue, un peu poisseux. Mais je riais. J’étais enfin libérée et allais retrouver le calme.

J’ai attendu un peu avant de percer la seconde oreille. Je voulais faire ça bien, profiter une dernière fois de cet orgasme irréversible. Pendant deux jours j’ai vécu essorée d’une oreille. Je la nettoyais avec le whisky de papa. J’entendais toujours les acouphènes, mais de loin. Je savais qu’une fois la deuxième oreille tuée tout irait mieux. Prendre le mal par la racine.

Et j’ai pris mon temps ; j’ai taillé un fil très fin, bien droit et souple, pour bien parcourir le conduit. Je voulais tout sentir en profondeur. J’ai chauffé le fil avec un briquet pour ne pas être gênée par le froid métallique et me concentrer sur la douceur. Je suis restée calme pendant toute l’opération, prenant soin de ne pas griller les étapes. La progression était infime. J’ai commencé par le lobe, caressé lentement, puis j’ai effleuré le cartilage, continuant doucement vers le trou. Je sens le fer dans ma tête, qui gratte, contourne, rampe. Je n’ai pas peur, je sais où je vais, j’avance vers le silence et la liberté.

Le silence.
POC.
Le silence.

Ca saigne en abondance, la douleur éteint tout. Je n’ai plus de sifflement. Mes oreilles sont désormais inutiles, mais je ne souffrirai plus.

Je rince au whisky et bois une gorgée pour me calmer. Dieu que c’est bon de ne plus rien entendre ! Ni le monde, les acouphènes. Je profite, je savoure ce silence si léger. Je n’entends RIEN.

 

Mais tout cela ne dura qu’un temps. Un matin je me suis réveillée, les acouphènes étaient revenus. Dans un livre de médecine j’ai lu : « les sourds peuvent subir des hallucinations auditives. » En quoi est-ce une hallucination si je l’entends en permanence ? Je l’entends ! Même sans oreilles ! Le bourdonnement, le souffle, le bruit qui n’a pas de nom. Je me dis que Jeanne d’Arc, plutôt que d’être prise pour une folle, a préféré dire qu’elle entendait la voix de Dieu, plutôt que les cris du diable. Moi je n’entends rien, ou alors j’entends tout. Je ne sais pas. Mon seul refuge est le sommeil, quand j’arrive à surmonter les acouphènes au moment de m’endormir, les pires.

 

J’ai commencé à méditer pour comprendre d’où venait le bruit. Assise dans le noir, je me concentrais pour explorer chaque partie de ma tête. Bouche ouverte, fermée, le son n’était pas le même. Je restais éveillée des nuits entières pour ne pas laisser le son s’échapper. Remonter à l’origine.

C’est là que j’ai compris. Le bruit venait du fond de ma bouche, qui formait une caisse de résonance. Pas de doute, ce sont mes dents. Le travail sera plus dur cette fois. Mon unique visite chez le dentiste se déroula dans les pires conditions, j’avais mordu ses doigts et il m’avait enlevé une dent trop cariée. Toujours ça de moins à faire.

Devant le miroir, la pince paraissait immense dans ma bouche. Je n’ai pas pu crier à cause du sang. Il a coulé dans ma gorge, je croyais me noyer ; il débordait de ma bouche dans un flot interminable. Je l’ai craché dans le lavabo et sur le miroir. Encore mon reflet rouge qui me regarde.

Seulement une dent et tout ce sang ; et cette douleur… Je ne sais même pas combien il en reste, c’est pour ça que je commence par le fond. Toute chasse doit être méthodique, et celle-ci sera longue.

J’ai déjà cinq dents alignées sur le bord de la tablette, c’est vraiment gros une dent, c’est comme d’avoir un iceberg dans la bouche. Le whisky de papa n’est plus une solution, ça pique trop. J’ai donc emprunté les médicaments de la vieille du dessus.

Je me suis habituée au goût du sang, même si j’ai vomi plusieurs fois. Maintenant je lui trouve un goût intéressant, épais et sucré. Je sais que je suis en bonne voie puisque je n’entends plus rien, pas même le moindre larsen. En une semaine j’ai vidé ma bouche. J’ai fini par m’habituer à la douleur. Mais je préfère souffrir qu’entendre. En passant ma langue je sens chaque trou dans mon palet. C’est désagréable, j’espère que je m’y ferai rapidement

et j’entends toujours ce PUTAIN DE SON ! J’ai pourtant jeté toutes les dents dans les toilettes ! Je ne devrais plus les entendre, elles sont loin ! Et ce bruit est toujours en moi, me torture, me viole. Il s’amuse à me faire souffrir avec son rire de porte qui grince. Et ma langue qui continue de se balader entre les tombes de mes dents. Ce vide dans ma bouche, cette sensation de mort… Quand je crie, j’entends ma voix qui résonne dans ma tête, mais ça ne couvre que quelques secondes les acouphènes.

 

Ma langue bouge trop, elle a trop d’espace, elle devient folle à se tortiller et à fouiller les trous derrière les lèvres.

Je l’ai coupée. D’un coup de ciseaux, tchac ! Bon débarras le steak remuant ! Je l’ai regardé tomber au creux de l’émail blanc du lavabo. Elle était plutôt jolie avec ces lignes de sang éclaboussé tout autour. Si j’avais pu, je l’aurais prise en photo.

La souffrance est vite partie et je ne me suis jamais sentie aussi légère. Le silence, l’absence de tout. Ce néant est si reposant… Je ne sens plus rien, je suis sur un nuage doux et cotonneux, pourtant la bouteille de papa est vide depuis longtemps.

Mais en m’allongeant j’ai senti. Mes yeux tombent. La tête en arrière, je sens que mes yeux glissent au fond de ma tête. Ma bouche est vide, tout est creux, rien ne peut les retenir. Et s’ils m’étouffaient pendant la nuit ? Oh non je ne veux pas mourir… Je suis si près du bonheur ; ai-je vraiment besoin de mes yeux ? Il faut que je m’en débarrasse, je suis proche du but.

 

Pour les yeux l’affaire se compliquait, je ne savais même pas mettre des lentilles. Alors j’ai pris une ventouse, un vieil Aspivenin qui traînait dans l’appartement depuis toujours. Là ça a fait mal, vraiment mal. Mais je ne voulais pas me crever les yeux. Même crevés ils auraient fini par tomber. J’ai retiré le premier œil et j’ai réfléchi ; je couperai les deux nerfs en une fois, pour ne pas rater.

J’ai replacé la ventouse sur la seconde orbite et j’ai tiré encore une fois. Il sortit beaucoup plus facilement. J’avais envie de vomir parce que je ne pouvais plus fermer les yeux. Ma vision tanguait, je ne distinguais que des formes vagues, mes pieds, mes doigts, tout était flou et remuant. J’ai eu du mal à saisir les deux globes ; ils étaient humides et gluants ; ils glissaient, et ironiquement, je ne pouvais pas les voir. Je ne pouvais pas me fier à ce que j’étais forcée de voir. Je les saisis enfin. Je cherchai à tâtons la paire de ciseaux.

D’un coup.
Noir.
Silence.
Silence ?
 
 

Je n’entends pas le bruit du stylo qui gratte le papier. Les acouphènes couvrent tout. Je suis dans une bulle rempliiiiiiiiiiiiiiiie de sifflements. J’écriiiiiiiiiiiiiiis sans savoir si quelqu’un pourra me lire. Ou me relire.

Et je ressens déjà des petits picotements, tout au fond de mes doigts.
 
par Dirty Epic publié dans : Beams
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Samedi 15 décembre 2007
 
 
 
 

Voilà, le cerf qui ornait les flyers et les pubs de France 3 – Lorraine s’en va doucement mourir au fond des bois, laissant derrière lui une année culturelle chargée en expositions artistiques et scientifiques, en concerts et en pièces de théâtre. Entre création et remise aux goûts du jour, Luxembourg 2007 a fait un grand écart entre art de qualité et culture populaire. Bilan d’un an d’exploration de la Grande Région à la recherche du savoir.
luxembourg-2007.jpg
Pour son dernier brame, le cerf bleu a décidé de mettre Toute la Lorraine en Scène (8 décembre), histoire de laisser la parole à notre bon Saint Nicolas et surtout pour éviter de finir dans le saloir du père Fouettard.
Mais d’abord revenons aux origines, la Capitale Européenne de la Culture c’est quoi ? L’idée vient d’une ministre grecque qui voulait unir les citoyens européens autour d’une culture commune. C’était en 1985, le Jack Lang spirit n’était pas loin. Depuis 2007, il n’y a pas une, mais deux capitales, Luxembourg partage son titre avec Sibiu en Roumanie.
Le but principal n’est pas de financer la culture dans une ville précise, mais plutôt de la diffuser, de l’ouvrir au public, et surtout de faire voyager les Européens pour qu’ils découvrent d’autres sensibilités, d’autres villes.

Et pour nous, étudiants lorrains, le voyage étant un luxe, Luxembourg 2007 fut l’occasion d’avoir la culture sur le pas de la porte, et les expositions à une heure de train.

BEAMS vous raconte tout ce qui s’est passé et tout ce qu’il reste à voir.


ON/OFF
Symbole du partenariat interrégional et de la réussite artistique, l’exposition ON/OFF a ouvert le bal en associant le Casino Luxembourg, le Saarlandmuseum de Sarrebruck et le FRAC Lorraine. Pour une première grosse sortie, le cerf bleu s’est invité à Metz et nous a offert des œuvres d’ombres et de lumière. Tout était affaire de sens et d’illusion : les lignes de lumière d’Anthony McCall ou les miroirs de Steve McQueen ont profondément marqué les visiteurs.


Metz ville frileuse ?
Malgré le succès de ON/OFF, Metz n’a pas poursuivi l’élan de Luxembourg. Le FRAC Lorraine a pourtant fait sa part du travail avec Chemins de Traverses (une exposition itinérante se déroulant sur toute la région) ou la Nuit de la Vidéo. L’Arsenal a mis en avant les artistes locaux pour Welcome to our neighbourhood, une autre exposition éclatée sur la Grande Région. Faux Mouvement a accueilli Virtual Residency, et la galerie Raymond Banas présentait début automne Le nouveau paysage familial, expo photo à vocation sociologique, mais au résultat artistique mitigé. Rien de plus qu’une année ordinaire, finalement.


Patrimoine Lorrain
Même si l’appellation Luxembourg 2007 ne fait référence qu’au Grand Duché, la Grande Région a pu nous dévoiler ses dessous et mettre en valeur son histoire et ses qualités. Ainsi nous avons redécouvert la Lorraine traditionnelle, avec plusieurs expositions autour du cristal (Baccarat en tête), mais aussi du verre en général, Nancy proposant en cette fin d’année pas moins de trois expositions sur ce thème.

Volklinger-hutte.jpgLe passé sidérurgique du bassin fut également exploité, et avec intelligence, à l’image des Völklinger Hütte qui accueillent depuis 2003 des expositions, des concerts, des conférences, le tout dans un écrin industriel classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Nous avons eu droit également à la mise en lumière du U4 (haut-fourneau de Uckange) par Claude Lévêque, véritable explosion colorée redonnant vie à un non-monument mort. Comme quoi l’art contemporain et le passé peuvent faire bon ménage.


Les étranges surprises
Contredisant l’image d’une culture sclérosée, Luxembourg 2007 a bousculé certaines idées reçues en investissant des lieux impromptus. Les Ni vu ni connu étaient des performances (concert, théâtre, installations), prévenues quelques heures à l’avance, se déroulant dans un hôtel, un chantier ou une cuisine de restaurant. Il fallait coller au cadre et surprendre. Il y a eu aussi les OuDJPo, des sets mixés sous contraintes, du style : jouer dans l’ordre chronologique, ou uniquement une année précise… Luxembourg a proposé plus de concerts qu’habituellement, avec une soirée Warp, les Chemical Brothers, Daft Punk, j’en passe et des pires.


La crème de l’art
Même si l’on peut être déçu par certaines absences d’initiatives, Luxembourg 2007 nous a tout de même offert de grands noms de l’art contemporain. Pour citer les stars : Martin Parr, apôtre de la photo faussement naïve, mais vraiment corrosive, Wim Delvoye et ses machines à caca, Duane Hanson et ses statues ultra réalistes d’Etasuniens ventripotents, et surtout Sophie Calle mise en scène par Frank Gehry, point fort de ce Luxembourg 2007, Douleur Exquise, livre devenant exposition.


Le cerf est mort ; maintenant, direction Liverpool ou Stavanger (en Norvège), en attendant la prochaine capitale française en 2013.

sophie-calle-copie-3.jpg

Rab de culture :

Il vous reste encore tout le mois de décembre pour briller en société et dire « oui, j’ai fait Luxembourg 2007 ».

A Nancy :

- Daum et l’esthétique des années 50, Musée des Beaux-Arts.

- Transparences, Histoire du verre et du cristal en Lorraine, Musée Lorrain.

- Verrerie Art Nouveau, l’exemple des Frères Müller, Musée de l’Ecole de Nancy

A Luxembourg :
- Wim Delvoye, Cloaca, Casino Luxembourg (cf. BEAMS#2)

- James Nachtwey, Images of war and war of images, Galerie Clairefontaine.

Sarrebruck :
- Picasso, les années 50, Saarlandmuseum.

Au Völklinger Hütte :
- Duane Hanson, Sculptures of the american dream.

Informations sur www.luxembourg2007.org

par Dirty Epic publié dans : Beams
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Lundi 5 novembre 2007

Joakim---Monsters---Silly-songs.jpg
Comme la plupart des albums portant un titre avec un "&", Monsters & Silly Songs offre deux manières d’aborder et d’écouter la musique de Joakim. D’abord il y a les Monsters, 4 tracks venant ponctuer le disque d’accidents sonores et d’expériences ratées. Il y a du monstrueux aussi dans chaque chanson, comme en témoignent les voix d’outre-tombe et les guitares batcave. Tout le lexique du rock gothique 80’s est passé en revue. Joakim ressuscite les vieux Cure, Sonic Youth (Love-me-2) et This Mortal Coil (Palo Alto). Ca c’est pour le côté sombre, ambiance Carpenter.

 

Maintenant pour le côté lumineux on trouve plein de mélodies pianotées sur des synthés vintage, des envolées acides (Drumtrax) et parfois des guitares folk invoquant King Crimson dans leur meilleure période (The Devil With No Tail). Et pour compléter le tout, Joakim s’inspire aussi du disco-punk de LCD Soundsystem pour fédérer les derniers auditeurs indécis.

 

Dit comme ça, Monsters & Silly Songs ressemble à l’album idéal, et c’est là son défaut. A force de toucher à tout et d’étaler son talent sur 16 morceaux, Joakim oublie de donner du liant à son opus et se retrouve avec 10 tubes en puissance qui finissent par s’entre-dévorer comme des monstres. Mais ils restent des monstres gentils, comme ceux des dessins d’enfants, alors gardons notre innocence et écoutons les.

Joakim, Monsters & Silly Songs
(Versatile, 2007)

par Dirty Epic publié dans : Beams
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Mardi 16 octobre 2007

Si vous faites partie des 81% des gens lisant aux toilettes, cet article est pour vous.

wim-Delvoye---Cloaca.jpg
Actuellement au Casino Luxembourg on peut découvrir Cloaca,  huit machines de Wim Delvoye. Depuis 2000, l’artiste invente des engins reproduisant le système digestif humain en gardant les étapes du processus naturel : nourriture au départ, caca à l’arrivée.

Comme vous vous en doutez, bruits de succion, odeurs fécales et couleurs (coulures ?) diarrhéiques sont au rendez-vous. Et comme les humains, les machines ont des préférences (Personal Cloaca est végétarienne), certaines aussi ont leurs petits tracacas intestinaux.

Parler sérieusement d’un sujet scabreux, voila le défi de Delvoye. Pourtant j’en vois déjà se demander : « C’est de l’art ? ». « De la merde » diront certains, « les machines sont des sculptures » diront d’autres, « les cacas sont des oeuvres » diront les scatophiles. Car les étrons sont exposés fièrement sur un mur des trophées, véritable tour du monde de la crotte en sachet.

Beaucoup de questions, mais une évidence : Wim Delvoye remet le corps dans son universalité au centre du débat. Tout le monde fait caca, même Keira Knightley. Entre mécanisation et anthropomorphisme, Wim Delvoye sème le doute sur l’origine et la valeur d’une selle. En cela il est le digne héritier de Piero Manzoni qui vendait sa Merde d’artiste. Dans notre monde de consommation, Delvoye renverse les idées reçues : l’homme pollue, la machine mange et défèque, Monsieur Propre devient l’emblème de la saleté, et les logos sont excrément bien détournés. La première chose que l’homme a fabriquée c’est du caca, les machines se devaient d’avoir leurs propres colombins.

Une expo qui a du goût, pour ne pas traiter la merde comme de la merde.

Cr--dit-photo-Wim-Delvoye.jpg


Jusqu’au 06 janvier 2008, au Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain, à Luxembourg.

par Dirty Epic publié dans : Beams
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Mardi 16 octobre 2007


Depuis ses débuts avec Multifunktionsebene en 2001, Sascha Ring a parcouru un long chemin à travers les murs ; et sa rencontre avec Ellen Allien lui a permis de mettre de l’eau dans son vin, ou plutôt de la pop dans son electronica. De nombreux tracks sont chantés, apportant de la fraîcheur à un ensemble que le commun des mortels trouverait austère. Même si certains sons restent rugueux, Walls ouvre des portes vers plus de lumière et les mélodies se font toujours plus claires.

 

Pour faire simple, sur Walls, Apparat associe deux éléments contradictoires : la complexité de l’IDM (Autechre, Plaid) et l’efficacité de la pop. Et dans un esprit mathématique, il va tester sa formule sur différents styles, et ça marche. L’album démarre sur des notes claires puis s’épanouit dans des violons langoureux (Not a number). Ensuite le ton monte, ça rappe sur Holdon, on est dans l’electronica pure avec Birds, des guitares s’invitent, et on vire carrément shoegazer sur Headup. Le sommet de l’album reste le diptyque Fractales, break aérien tout en douceur.

 

Album ouvert et lumineux, comme un mur transparent percé de mille fenêtres.

Apparat, Walls
(Shitkatapult, 2007)

par Dirty Epic publié dans : Beams
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Mardi 16 octobre 2007
olga-mesa2.jpg

Olga Mesa est une chorégraphe espagnole. Et comme tous les artistes contemporains elle a un accent. A l’occasion d’une résidence au FRAC Lorraine, elle se lance pour la première fois dans la création muséographique et s’improvise commissaire d’exposition pour Pratiques du (non) visible : En avoir le cœur (corps) net.

Dans ses spectacles vivants elle tend vers la disparition du corps, la danse doit faire oublier la présence. Cette fois elle veut amener le spectateur à avoir conscience de son propre corps. Les œuvres choisies sont donc minimalistes et réflectives, obligeant l’esprit à assimiler l’espace et y placer son corps. La démarche est simple : annuler toute expression pour donner des impressions.

Dans sa zone de travail Olga Mesa est seule. Un dialogue entre l’espace et son corps. Elle accroche aux murs des poèmes, des articles, des pellicules. Elle découpe des journaux pour coller des photos dans ses carnets, et elle en a beaucoup car elle archive tout. Et quand quelqu’un la voit travailler elle se donne en spectacle, comme une performance ; et quand elle est en confiance elle danse.

Olga Mesa filme, se filme, et quand on l’interviewe c’est elle qui enregistre. Ensuite elle regarde et garde. Même si elle est en plein dialogue intérieur, elle s’interrompt pour filmer un ballet de montgolfières. Et c’est peut être un hasard, mais la porte de son appartement est toujours grande ouverte. Pour laisser rentrer l’extérieur. Et sortir l’intérieur.

Olga Mesa, Pratiques du (non) visible : En avoir le cœur (corps) net.
Œuvres de Dora Garcia, Ann Veronica Janssen, Stanley Brouwn…
Exposition au FRAC Lorraine, 1bis rue des Trinitaires, 57000 METZ

Du 06 octobre au 18 novembre, ouvert du mercredi au dimanche de 12h à 19h, le jeudi de 13h à 20h.

par Dirty Epic publié dans : Beams
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Mardi 16 octobre 2007
Vu mon manque de temps - motivation - inspiration  (rayez les mentions inutiles) je vous offre une nouvelle catégorie d'articles. Tombant dans la facilité la plus extrême je vous proposerai dans la section Beams les articles que j'ai rédigé pour le magazine du même nom. Loin de moi l'idée de faire de l'ombre à ce gratuit messin que je porte aux nues, mais vu que je me donne du mal à écrire, autant que ça profite à un maximum de monde à travers ce dernier.
Pour les Messins, ruez vous sur ce  magazine pour les filles ya des jeunes étudiantes qui parlent de la mode, et pour les mecs ya des jeunes  étudiantes qui parlent de la mode. Pour les autres, vous manquez vraiment tout (sauf si vous lisez mes articles ici, ça va de soi).

beams008.jpg
par Dirty Epic publié dans : Beams
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