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Jeudi 7 août 2008

par Dirty Epic publié dans : Cinéma
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Mardi 20 février 2007


    Quand j'ai découvert Mulholland Drive de David Lynch j'ai reçu un choc cinématographique. Et même artistique. Je me souviens encore de cette claque visuelle, cette expérience unique qui a fait que j'ai vu ce film 2 fois au cinéma (seuls Amélie Poulain et Avalon viennent compléter mes doublés). Pour moi ce film se résume à "Comment avoir peur avec un couple de retraités en chemises hawaiennes qui passe sous une porte". Et oui, quand on a pas vécu Mulholland Drive on trouve ça plutôt ridicule.
    L'année dernière je recevais un second choc immense en regardant Lost Highway, toujours de David Lynch. Autre lieu, autre temps ; cette fois j'étais seul devant ma télé, un samedi soir d'hiver, et une peur viscérale me clouait à l'écran. Pas la peur de montagne russe, où on a la trouille tout en sachant qu'on est en sécurité dans des wagonnets homologués par l'Union Européenne, c'était la peur, la vraie, celle qui noue les tripes, qui empêche de réfléchir, la même que celle qu'on ressent quand on va dans une cave sans lumière la nuit. La peur irrationnelle.


 
        Ce film m'a hanté pendant un an, rien que la BO réunissant les plus grands de la scène gothique industrielle : Marilyn Manson, Smashing Pumpkins, Rammstein, Nine Inch Nails... Et le tout nappé par Angelo Badalamenti, l'empereur de la musique qui fait tristement rêver. (Un long Dimanche de Fiançailles, La Cité des enfants perdus...)

        En ce mois de février, j'étais totalement attiré par l'affiche alléchante de Inland Empire. Le dernier Lynch. C'était un peu comme un cadeau surprise que je n'attendais plus. Et la surprise fut de taille, la déception  plus grande encore. J'avais décidé d'emmener ma chère et tendre au cinéma pour qu'elle puisse vivre sa première expérience de cinéma labyrinthique sur grand écran.
        Je l'avais prévénu pour l'hermétisme du cinéaste. Mais Inland Empire est tel que rentrer dedans c'est comme essayer d'ouvrir un bocal de cornichons périmé depuis 1994. D'abord sa longueur, il paraît que plus c'est long, plus c'est bon, mais après 2h52 de DV,  de plans répétitifs, et surtout de pénombre, voire d'écrans noirs, c'est difficile de ne pas tourner de l'oeil. Dès qu'il y avait un peu de lumière j'étais heureux (enfin, disons "moins déçu", tout est relatif).
        En vrac, Inland Empire c'est :


Laura Dern dans un couloir (labyrinthique) sombre.


Laura Dern avec des prostituées. (oh! de la lumière!)


Des rideaux et du rouge (beaucoup de rouge).


Et des lapins, pleins de lapins. (pleins de lampes aussi, on se croirait chez Ikea)

        Après 2h52 de "ah c'est fini! ah non", le film se finit avec un bucheron qui coupe du bois. En résumé ce film est un grand bordel, long, lent, pompeux, fait par et pour David Lynch, et pour tout adepte de masturbation cérébrale qui refuse d'admettre qu'il n'a rien compris au film pour ne pas passer pour un con. (90% des journalistes sont dans ce cas).

        Monsieur Lynch, je sais que vous avez un compte Myspace, si par hasard vous tombez sur ma page (et je sais que vous parlez un peu français), je voudrais vous dire que vous vous êtes grillé tout seul auprès de ma copine, maintenant elle va refuser de voir tous vos chefs d'oeuvre (et je la comprends). Donc fini les films fourre-tout (les passages avec les lapins sont tirés de votre moyen métrage Rabbits, et ça c'est vraiment de la récup' inutile), et surtout, quand on commence à faire de l'autocitation (les lesbiennes, les couloirs sans fin, les lampes) c'est que les idées viennent à manquer. J'espère que Inland Empire est seulement un accident de parcours.

PS : Chers lecteurs, plongez tête baissée dans l'univers troublant de David Lynch, si vous voulez commencer par le plus accessible, essayez Une Histoire Vraie, et pour les plus audacieux, foncez sur Mulholland Drive.

par Dirty Epic publié dans : Cinéma
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Lundi 6 novembre 2006


    Six Feet Under est une série qui traite de la mort pour parler de la vie. Chaque épisode commence par une mort ; la série commence par la mort d'un père qui va obliger ses deux fils à reprendre l'entreprise familiale. Des pompes funèbres. Mais derrière les costumes noirs du deuil se cache l'humour noir des jours tristes. Les 63 épisodes apportent leur lot de peine, de joie, de questions et de doutes, peu de réponses mais beaucoup de vérités. L'histoire de la famille Fisher est d'une banalité déconcertante (c'est banal de mettre l'adjectif « déconcertante » après le mot « banalité »), elle dépeint avec justesse l'ennui quotidien, mais jamais de manière ennuyeuse.
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Les Personnages



Nathaniel Fisher
    Père de 3 enfants, il est directeur de pompes funèbres pour pouvoir aider ses semblables dans les moments les plus difficiles. C'est un personnage primordial alors qu'il ne vivra que les premières minutes de la série. Il aime sa femme et ses enfants, mais à défaut de leur dire, il traîne ce regret, comme tout homme qui veut garder sa fierté en cachant ses sentiments.


Ruth Fisher
    Mère de famille et veuve, elle est l'icône de la femme qui voit son mari mourir et de la mère qui voit ses enfants partir. Sa vie n'est que solitude, ennui, et pourtant elle déborde d'une force qui transforme son entourage. Elle est la mère qui donne la vie, dans la douleur.


Nate Fisher
    Aîné de la famille, il quitte très vite le domicile familial pour s'installer à Seattle, poursuivant le fantôme de Kurt Cobain et du grunge. C'est un amoureux de la vie qui fuit la mort qu'il a côtoyé pendant son enfance, mais il se retrouve obligé de faire face à ses démons, suite à la mort de son père.


David Fisher
    Le petit frère, il est homosexuel mais a du mal à l'assumer, il traîne depuis toujours dans les pompes de son père ce qui fait de lui le nouveau directeur de Fisher & Sons. C'est un grand frustré qui a du mal à profiter de la vie, coincé du cul, mais son ami Keith va l'aider dans ce domaine.


Claire Fisher
    La petite dernière, elle se doute qu'elle est née suite à un accident contraceptif (15 ans d'écart avec David). Elle représente l'adolescente rebelle de base dans toute sa splendeur. Elle se cherche, elle cherche un mec, elle cherche sa voie, elle cherche sa sexualité, bref c'est une grande perdue de la vie. A côté de ses pompes, elle trouvera sa raison de vivre dans l'art, en particulier la photographie.


Federico Diaz
    Sorte de fils adoptif de la famille Fisher, il est le vrai fils spirituel de Nathaniel. Petit latino au cœur d'or, Il est thanatopracteur pour Fisher & Sons ; il embaume la vie puisque c'est le seul jeune à avoir des enfants et une famille unie.


Brenda Chenowith
    A l'origine c'est un coup rapide tiré par Nate dans un aéroport, mais elle sera très vite tirée vers la réalité quand elle se retrouvera à l'hôpital avec Nate (dont elle ne connaît même pas le prénom) pour l'aider face à la mort de son père. Elle est presqu'aussi équilibrée que son frère Billy qui est un psychotique accompli.


Keith Charles
    Le stéréotype de l'homosexuel télévisuel, il est noir, musclé et policier. Pourtant on va découvrir un personnage incroyablement complexe, finalement loin des lieux communs.
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    Le créateur de la série s'appelle Alan Ball, oscarisé pour son scénario d' American Beauty. Comme pour beaucoup de bonnes séries, c'est HBO qui distribue (Les Sopranos, Sex & the City etc.) mais c'est pas là que je veux en venir…
    Six Feet Under est une série qui respire la vie, dans tout ce qu'elle a de plus ennuyeux, triste, dur, simple, vrai et beau. Elle se regarde comme un repas en famille, en évoquant les bons souvenirs et en riant aux éclats un dimanche après-midi.

    Vendredi soir j'ai fini de regarder la 5e saison, je ne pouvais pas m'arrêter, les quatre derniers épisodes m'ont transporté, transformé. Je suis resté jusqu'à 3h du matin scotché devant ma télé. Et finalement les 10 dernières minutes m'ont touché. Profondément. J'ai pleuré toutes les larmes de mon cœur devant tant de beauté. Aucune tristesse, aucun sentiment négatif, j'ai senti la grâce m'envahir, la joie m'entourer. Une joie indéfinissable, juste heureux d'être en vie. Rien de plus. J'étais rempli d'amour, et je voulais dire à tous les gens que je connais que je les aime. Mais avoir le courage de ses sentiments c'est oublier que « je t'aime » reçoit souvent pour réponse « fais-moi penser à racheter du liquide vaisselle »…Jamais un film ou une série ne m'avait fait ça, même Amélie Poulain ne va pas aussi loin dans l'euphorie (pourtant c'est 9.95/10 sur l'échelle du bon sentiment). Mais c'est sans doute parce que la mort en est absente.
    Six Feet Under, c'est comprendre la mort pour comprendre la vie.

par Dirty Epic publié dans : Cinéma
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