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Mes humeurs

Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 13:17

 

Ca fait 12 ou 13 ans que j'ai Internet et ces derniers temps j'ai de moins en moins envie de découvrir de nouvelles choses. Je bloque sur ce que je connais déjà (trop ou pas assez), et quand il s'agit de découvrir, explorer, me changer d'air, je ne trouve rien de mieux que les films sur support DVD et les livres sauvegardés sur papier relié. Pas de VOD, pas de dématérialisation ni d'e-reader. Je suis resté coincé à la fin des années 90 et j'ai l'impression que le reste du monde n'a pas envie de m'attendre.

Les années 2000 sont un tel bouleversement que ma mère a un iPad et que je n'en veux pas. Mais je ne vais pas lui en vouloir, ceux à qui j'en veux ce sont les professionnels du cinéma, et en particulier ceux de la distribution. Il s'est passé un truc dans le train de l'évolution numérique, celui-ci devait rouler, écraser et réduire en bouillie les blu rays qui sont totalement contre-nature dans l'évolution du cinéma, et au lieu de ça maintenant on a du 3D en veux-tu - non - en voilà quand même. Au début ça m'énervait, maintenant je suis triste.

Pour voir un film correctement je ne sais même plus ou aller à part rester chez moi. Avant j'allais dans les caméos, j'habitais en ville et j'avais des tarifs étudiant très avantageux ; maintenant aller au cinéma c'est payer le parking, payer sa place chère et aller dans une salle dont le confort est douteux et le son de piètre qualité. Du coup j'ai couché avec l'ennemi, je me suis dit "au moins pour le confort les kinépolis sont garnis, en plus pour le son, je vais en prendre pour mes acouphènes". Sauf qu'en un an j'ai vu ma passion pour le cinéma dans un cinéma décliner comme une pellicule qui brûle dans le projecteur (chose vue dans un Caméo).

Mes dernières expériences cinématographiques en salle furent des échecs, non pas que les films soient mauvais, mais que les projections furent catastrophiques. Je vais cartonner Kinépolis à qui je pense je ne donnerai plus de sous pour les raisons suivantes :

 

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Avant, on pouvait voir des navets au cinéma, mais ils étaient en deux dimensions.

 

- Le choix des films projetés en HDDC est très douteux (préférer la copie numérique aux Petits Mouchoirs plutôt qu'à Inception par exemple)

- Le nombre des faux départs est aberrant : le projectionniste lance une bobine sans vérifier si c'est le bon film, j'ai par exemple vu deux fois l'introduction de Pour Elle (et ça je l'ai vécu au moins 5 fois, soit prêt de 30% de mes films cette année).

- Il n'y a plus de caissier (personnellement je m'en fiche, mais disons que ça faisait un peu de boulot quand même), les billets sont contrôlées par les marchandes de friandises qui désormais sont caissières friandise-billet-contrôleuse-sécurité.

- Les projections sont de mauvaise qualité : deux exemples et deux films très récents : The Social Network avec de gros problèmes de sons rendant inaudibles 5 minutes de dialogues, et Biutiful dans la pellicule était mal placée, voilée et le bas du film fut projeté au sol. Je vous jure que j'ai hurlé dans le hall, et ce qui m'a fait plaisir c'est que je n'étais pas seul.

- Enfin dernière colère et de loin la pire, car tous les cinémas sont concernés : une augmentation des prix pour "contrebalancer les pertes dûes au piratage". Donc je paie ma place pour payer celle de celui qui ne la paie pas et qui regarde un screener baveux sur un écran 13 pouces (en même temps lui n'aura pas la pellicule qui sautera toutes les 5 minutes).

 

Je vais imaginer la réponse de monsieur Kinépolis à tous mes griefs :

"Vous savez monsieur, l'avenir du cinéma est numérique, vous savez combien il faut de kilos de graisse de boeuf pour faire une pellicule qui sert à filmer et à distribuer ? Donc nous vous faisons payer très cher pour équiper les salles en numérique et en 3D, mais ne comptez pas sur nous pour baisser les prix une fois cette transition terminée, parce qu'une fois toutes les salles en numérique il suffira d'un seul bonhomme pour projeter tous les films, et plus besoin de changer de bobine, et plus besoin de faire des centaines de copie, puisqu'un seul bonhomme garnira un disque dur avec les films de la semaine, et plus besoin non plus de distribuer les copies, puisque chaque cinéma pourra les télécharger avec leur super méga serveur top secret. Ainsi nous auront des coûts de fonctionnement extrêmement faibles et nos marges seront bien plus fortes. Et si vous croyez que tout cet argent ira à la production de nouveaux films, vous avez tout à fait raison, nous pourrons enfin réaliser Astérix 4 en 3D."

 

Si je perds foi en l'humanité ? Oui, un peu.

 

Mais hier j'ai assisté à Suivront mille ans de calme le dernier ballet d'Angelin Preljocaj, et pour 15€ la place (soit film x2) j'ai vu vingt danseurs se déchaîner, se faire plaisir, nous donner du plaisir, nous faire vibrer, nous exciter, nous faire peur, et j'ai retrouvé dans la vie quelque chose que j'avais oublié, un sentiment que je n'ai sans doute jamais exprimé, et en tout cas jamais écrit.


 

 

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La Grace.


Par Dirty Epic - Publié dans : Mes humeurs
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Mardi 26 octobre 2010 2 26 /10 /Oct /2010 15:53

Parce que j'ai un chat. La raison me semble évidente, 95% des blogueurs ont un chat, ceux qui n'en ont pas n'ont jamais rien écrit d'intéressant. La preuve : Victor Hugo avait un chat, alors que Fernand Desnoyers n'en avait pas. L'histoire a bien entendu gardé le nom de celui qui avait un chat.

Le plus étrange, c'est que j'ai arrêté d'alimenter ce blog le jour est j'ai commencé à nourrir mon chat. J'ai regardé les dates, ca correspond. Alors pourquoi cet arrêt soudain ? (Je me pose cette question réthorique alors que je suis même pas capable d'y répondre, même dans mes loisirs je suis méchant avec moi-même).

 

Plutôt que de chercher les causes, je vais énumérer les conséquences, car il y en aura. Dans ma vie, dans la vôtre, et dans celle de mon chat qui ne pourra manger que quand j'aurai fini d'écrire.

Voici une liste d'évènement, tous sont plus ou moins liés (en tout cas j'en suis le seul dénominateur commun, puisqu'un blog est un temple élevé à la gloire d'une seule personne célébrée par des personnes n'ayant pas suffisamme nt d'égo pour faire un blog eux-mêmes) des évènements donc tous liés pour comprendre et apprécier à sa juste valeur cette résurrection virtuelle :

 

- J'ai déménagé et mon précédent appartement ne m'a jamais permis d'écrire. Je vous jure, c'est comme un esprit frappeur me cachait les feuilles et les stylos ! Et pour écrire au XXIe siècle, le stylo est toujours de rigueur. A moins que la télévision ne fut trop souvent allumée et que Fringe, 24, Dexter, Breaking Bad entre autres m'aient volé tout mon temps libre, mais j'en doute, la thèse de l'esprit frappeur me paraît plus censée.

 

- J'ai un nouveau travail qui me fait quitter tôt donc j'ai du temps pour regarder Fringe, 24, Dex- écrire.

 

- Facebook est un mangeur de temps infernal qui te fait croire que tu vas rater la blague de la semaine si tu n'es pas connecté 24h/24 et que tu n'appuies pas sur F5 toutes les 30 secondes. En fait c'est faux, sur Facebook l'humour n'est pas drôle, et la meilleure pizza du monde s'imprime sans goût, la preuve : en 3 ans de Bulletin Tamard j'ai compté 986 blagues et traits d'humour, contre 271 seulement pour le même  temps sur Facebook. En plus il n'y a même plus de test pour savoir "quel embrasseur est-tu ?" ou "Découvre a kel age que tu va mourire" (les fautes sont comprises dans le package "détente" de Facebook). Donc Facebook, c'est has been. La preuve, le Biopic est déjà sorti, ce qui veut dire soit que Facebook est mort, soit qu'il en est vraiment pas loin.

 

- Facebook est nul parce qu'en une semaine j'y ai perdu mon ami et ma femme. Je pourrais en profiter pour picoler, crier ma tristesse, expliquer au monde à quel point la vie est terrible quand on a perdu la femme qu'on aime, mais quand elle vient me chercher au PMU en disant qu'elle n'est pas morte et qu'elle s'est juste désinscrite de Facebook, le Dédé, le Claude et l'Rémi demandent à ce que je rembourse les verres qu'ils m'ont offert pour noyer mon désespoir.

Donc quand je serai parti de Facebook, vous pourrez dire entre vous "Le plus dur, c'est pour ceux qui restent", parce que vous allez vraiment vous faire chier sans moi.

 

- Ecrire c'est comme mettre un enfant sur le pot, on dit qu'on a pas envie, mais une fois qu'on est dessus, ça sort tout seul (je viens d'être interrompu par mon chat qui réclame des caresses, c'est trop lol kikoo, et promis un jour je vous ferai un texte sur mon chat parce que c'est le plus drôle du monde, même plus que toutes les vidéos youtube de chat, et un blog c'est fait pour parler de son chat merde quoi. Victor Hugo avait un chat, mais comme il n'avait pas de blog il n'en a jamais parlé, cqfd.)

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Il est trop mimi mon chatoune d'amour ^^

 

- J'ai écrit un livre donc j'ai fait plein de salons du livre dans la région, du coup j'ai découvert ce qu'était un écrivain et j'ai eu vraiment très peur de devenir comme eux du coup j'ai jeté ma plume. Je vois que vous voulez que je vous dise à quoi ressemble un écrivain alors que je vous le dire. Vous voyez Florian Zeller ? Le jeune qui ressemble à Jean Sarkozy, mais en plus tête à claque, un écrivain capable d'appeler son fils Roman (la réalité est plus cruelle qu'un sketch de Gaspard Proust). Et bien un écrivain c'est le contraire. Un écrivain c'est vieux, c'est gris, quand ça porte des chemises hors de prix c'est pour les mettre sous une veste vieille moche avec un pantalon dépareillé vieux moche. Ca écrit des bouquins qui n'intéressent personne et se plaignent que personne ne les lit alors que eux-mêmes trouvent qu'ils ont fait mieux. Bref, finir aigri et gris, très peu pour moi ; si je deviens écrivain, c'est pour faire Florian Zeller et boire du champagne dans des nombrils de mannequins. Mais quand je dis que j'ai écrit Lorraine 1900 le glamour se tait, même ma femme refuse de me préter son nombril. En plus j'ai pas de budget pour du champagne donc j'aurais pris de la bière. C'est pas trop grave, de toute façon j'ai trouvé quelqu'un d'autre pour faire le nombril, mais ça fait quelques semaines que mon chat colle et marche en crabe, je vais peut-être arrêter.

 

- Il y a moins de séries qu'avant. Vous avez vu ? 24 c'est fini, Heroes c'est nul, Six Feet Under c'est terminé, les Sopranos aussi, les meilleures séries comptent désormais 12 épisodes au lieu de 24 (sauf Fringe, regardez c'est trop bien). Quand on sait qu'une série c'est environ 18h, ca en fait des portions de vie foutues en l'air pour savoir si Jack Bauer va s'en sortir ou non. Surtout si on les regarde deux fois pour repérer les incohérences.  A la rigueur je pourrais les regarder en même que j'écris mais le risque c'est que  - oh Walter a dit un truc trop con à Olivia, quel savant fou ce Walter vous devriez vraiment regarder Fringe - j'ai tendance à perdre le fil de mon - tiens ? Barney a une nouvelle cravate - propos.

 

- Je suis devenu propriétaire. Et qui dit propriété dit travaux. C'est marqué en gros sur le contrat. Donc les six derniers mois furent BA13, radiateurs, peinture, parquet, grattage de pierres etc. J'avais pas une seule seconde à moi, pas une ! Et pourtant c'est ma femme qui a tout fait, c'est dire si c'est long les travaux !

 

- J'ai dit que j'écrivais un roman. J'ai dit que j'écrivais un roman. Et j'ai tout de même écrit 34 pages, c'est pas rien hein ! j'voudrais bien vous y voir ! L'excuse de merde pour me donner de la perstance, j'ai tenu 3 chapitres et ensuite il y a eu l'esprit frappeur. Celui du début. Donc je dois ecrire ce roman, celui qui n'a toujours pas de titre, mais qui a déjà une fin, pour ne pas rester dessus.

 

- j'ai reçu un mail de menace qui m'oblige à reprendre le Bulletin, sinon ils tueront mon chat. Ils m'ont fait jurer de ne rien dire, alors j'ai mis un lien secret vers leur blog de propagande "Pour une Calédonie libre, indépendante, mais française" afin que la police les retrouvent et vengent l'honneur de mon chat en déshonorant leur chien.

 

28201_396684552614_715992614_4282709_4497095_n.jpgDans ton cul la protection de la vie privée et le droit à l'anonymat !

 

- Et enfin dernière raison / cause / conséquence, je reprends ce blog car la Haute Autorité pour la Diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet m'a promis que je gagnerais plein de sous puisque que je crée et que je diffuse de la culture et des oeuvres sur Internet.

 


Comme ça je pourrai acheter des feuilles et des stylos pour écrire mon blog.

Par Dirty Epic - Publié dans : Mes humeurs
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Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /Mars /2009 19:11








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Lundi 16 février 2009 1 16 /02 /Fév /2009 15:37
Par Dirty Epic - Publié dans : Mes humeurs
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Mercredi 7 janvier 2009 3 07 /01 /Jan /2009 15:23
Comme l'a dit Nicolas Sarkozy en visite en Lorraine : "Gandrange, c'est parfait pour un voyage de noces". Alors ne boudons pas notre plaisir et nos loisirs en ces temps de crise. Grâce à la crise on peut partir en vacances à Marrakech pour le prix d'un week-end à Vesoul, on peut acheter un écran plat qui coûte seulement un demain SMIC, on peut acheter une voiture et en avoir deux et on peut quand même râler qu'on peut pas rouler à cause des routes glacées alors que l'essence n'a jamais été aussi peu chère depuis deux ans au moins. Y a plus de saison ma bonne dame, réchauffement climatique mon cul, il gèle en hiver, où va le monde.
Ma différence entre 2007 et 2008 ? Je n'ai presque pas lu, donc je ne ferai pas de catégorie littérature, j'ai acheté très peu de CD, mais alors j'achète du mp3 à tour de bras. Moins de plastique, moins de pollution. J'espère.
Une année musicale moins prenante que 2007, même s'il y a eu son lot de surprises, surtout dans le "tout public", et une année cinéma plutôt décevante, sauf pour le cinéma français dont j'ai trouvé la production excellente si on oublie les deux locomotives Bienvenue chez les Chtis et Astérix aux jeux olympiques qui occultent un cinéma français excellent cette année.




Meilleurs albums internationaux 2008 :


1. Ladyhawke - Ladyhawke

Dans un monde parfait Ladyhawke serait sur le plateau de la Star Ac' et en rotation sur Virgin Radio (je l'ai entendu une fois à Cora, rien n'est perdu). Ladyhawke est une vingtenaire comme moi qui a oublié de grandir après les années 80, comme moi aussi. Quand elle était petite elle écoutait Blondie, INXS, Depeche Mode, Nena, et ça s'entend ; elle aime les refrains grandiloquents, les arrangements putassiers, les envolées lyriques à la guitare. Il paraît que la petite Australienne a un début d'autisme, mais c'est le grain de folie qui fait les grands artistes.
Les trois perles de l'album : Magic, Dusk Till Dawn, Crazy World.


2. Crystal Castles - Crystal Castles

Sur la pochette on peut lire que la plupart des morceaux ont été écrits entre 2004 et 2006. Un vieux truc donc qui a eu le temps d'être pillé par Timbaland et 50Cents avant sa sortie. Je me souviens il y a deux ans sur un CD de Trax, un obscure groupe qui remixait les Klaxons pour un truc hyper péchu tout en sirènes, sons stridents et rythmes compressés. J'avais craqué dessus. Ben en fait c'était eux, un rouleau compresseur digital qui défonce les tympans sur son passage, alors ça passe ou ça casse, mais si vous aimez le rock qui démonte, voici le versant électronique de la guitare électrique.
Les trois perles de l'album : Untrust Us, Love And Caring, Crimewaves.


3. Underworld & John Murphy - Sunshine OST

Je dois le reconnaître, je ne suis pas impartial. MAIS, comment expliquer qu'une BO non sortie suscite autant d'attente ? En un an on a eu droit à plus leeks "officiels" (dont un de John Murphy himself), et au moins trois fakes ? 20th Century Fox a senti un peu tard qu'ils étaient en train de perdre de la thune dans cette histoire donc ils ont sorti l'album sur itunes en 128kps (oui, on est en 2008, c'est comme de sortir un 78 tours). Enfin bref, il est là il est beau, il fout des frissons dans le dos tellement les cordes sont tendues à faire pleurer des cordes. Une grande musique de film où l'association instrumental/électronique est parfaite.
Les trois perles de l'album : Capa Meets The Sun (To Heal), Adagio in D Minor, Mercury.


4. Nine Inch Nails - Ghosts I-IV

2007 avait sonné le glas de l'union NIN avec Universal, Trent Reznor était tout content d'annoncer le divorce de 2008. Dans son élan il sort un double album instrumental. Quatre paysages, quatre ghosts qui se développent en 9 pistes à chaque fois. Disponible en plein de versions différentes (du téléchargement au coffret dédicacé à 300$), chaque piste est accompagnée d'une photo, Trent Reznor est l'un des premier à inventer la pochette évolutive pour chaque mp3. A l'heure du tout numérique il est toujours très fort. Musicalement on retrouve du grand NIN, tout en retenue, du piano, des guitares qui hurlent, mais toujours en silence. Les mélodies priment, les arrangements, les accidents, tout est ciselé pour nos oreilles. Surprise inattendue vendue seulement sur nin.com, Reznor a ensuite fait un cadeau à ses fan en offrant "The Slip" (le nom est nul) gratuitement au téléchargement "this one is on me". La classe.
Pas de perle, tout s'écoute comme un ensemble.


5. Glass Candy - B/E/A/T/B/O/X

L'année dernière c'était Chromatics, cette année ce fut Glass Candy. Le label Italians Do It Better a remis au goût du jour l'italo disco et les années 80, Sébastien Tellier s'est engouffré derrière, en moins bien, mais Glass Candy c'est beau, c'est triste, c'est 80's, c'est trompette numérique, tellement rétro qu'ils reprennent Kraftwerk sans complexe.
Les trois perles de l'album : Beatific, Candy Castle, Life After Sundown.


6. Scarlett Johansson - Anywhere I Lay My Head

Cauchemar des femmes, rêve des hommes, Scarlett Johansson a tout pour plaire. Depuis Match Point les clubs de ping pong ne désemplissent pas. Quand on l'entend pousser la voix dans Deux soeurs pour un roi ça fait un peu peur, dans Lost In Translation elle est déjà plus craquante avec sa voix cassée. Et là pour un premier album elle décide de reprendre des standards de Tom Waits. Country très amérique profonde (pléonasme) avec voix brûlée au whisky. J'aime Tom Waits comme acteur, pas comme chanteur... J'aime Scarlett Johansson, tout court.
Les trois perles de l'album : Falling Down, Anywhere I lay my head, I wish I was in New-Orleans.


7. DJ Yellow & Astryd Suryanto - Intermission

Sortie discrètement pendant l'hiver 2008, cet album est vraiment chaud, avec des basses rondes à faire trembler les dents des vieux, une voix suave toute en douceur. C'est un peu dansant, mais c'est surtout très cotonneux, ouaté, super beau, parfois un poil triste, mais la voix d'Astrid nous emmène toujours vers des sphères éthérées pleines d'un soleil qui brille même à deux heures du matin. La house, la vraie, sans filtre, non coupée. La nuit sera longue.
Les trois perles de l'album : In Your Voice, You are..., Light on me.


8. Portishead - Third

Retour franchement attendu, l'album sera adoré par les fans de rock, démonté par les fans d'électro, ils étaient forcément sur la sellette. La voix de Beth Gibbons est toujours aussi belle, frémissante, la musique est cependant moins chaude, loin des crépitements et des scratches qui les ont rendus célèbres. Mais les atmosphères restent feutrées, vaporeuses. S'il existe un équivalent musical au film noir, Portishead a écrit son Faucon Maltais.
Les trois perles de l'album : The Rip, Machine Gun, We carry on.


9. Autechre - Quaristice

Après des errances destructurées, flirtant avec l'accident rythmique et la mélodie aléatoire, Autechre continue de construire un monde où rien ne se répète. Tout est bancal en tenant droit.Ici, ou plutôt nulle part, l'humain n'a aucun droit de citer, c'est la machine qui règne en maître sur 20 morceaux-diamants, encore tranchants. Dans un monde instable, Autechre est l'architecture invisible qui maintien tout. Les machines parlent, aiment, pleurent, rient, écoutez les.
Les trois perles de l'album : Simmm, Rale, The Plc. (mais tout s'écoute ensemble)


10. Pyramids - Pyramids

Le XXIe siècle a offert à la musique le métissage, la "fusion" comme on disait en 90. Maintenant tout va avec tout, on peut mixer Britney avec Aphex Twin et ça passe tout seul. Pyramids a tenté l'impossible (où presque puisque c'est possible) de mêler du Shoegazing (My Bloody Valentine) à du Black Metal (Dimmu Borgir). Entre double pédale et larsen de guitares, la voix vacille entre le guttural satanique et l'envolée aigue et lyrique. C'est beau et violent comme un crash d'avion, il y a des morts mais c'est puissant, on ne peut rien faire, juste attendre en brûlant dans les débris.
Les trois perles de l'album : The echo of something lovely, End Resolve, Ghost.




Meilleurs albums français 2008 :


1. M83 - Saturdays=Youth

Quand j'ai écouté leur premier single, Couleurs, je me suis dit : "ils ont réussi à compiler en 8 minutes l'équivalent de 20 ans de musique." Car après un début house 80's très "Chicago", on passe par l'ambient de Brian Eno, la pop de Kate Bush, le rock de Cure, la new wave de Propaganda, le R&B de Timbaland. J'exagère un peu, mais sur l'album on a tout ça (encore une influence 80's évidente). Si M83 reste le meilleur "groupe" (Anthony Gonzales est seul maître à bord) de rock en France, c'est parce qu'ils chantent en anglais. Mais il y a aussi un song writing de qualité, des synthés à faire pleurer JM Jarre, et des guitares qui font des solos comme dans New Order. Et pour ses envolées (encore), ses nappes épiques qu'on a envie de chevaucher jusque à tomber dans le soleil couchant. ou dans les étoiles juste à côté. Pour tout ça M83 reste supérieur à tout rocker actuel, même si au départ c'est de l'ambient électronique. Comme quoi il n'y a pas de mauvais chemin pour arriver aux bonnes choses.
les trois perles de l'album : Skin of the night, Couleurs, Highway of endless dreams.


2. Mr. Oizo - Lambs Anger

Pour plus d'information se référer à l'article de novembre dernier. Je vais quand même pas me répéter pour dire que Mr Oizo c'est trop de la balle et que les pensionnaires de l'Hospice de Saint Mort dans les fossés danse nt encore sur les beats de Positif.
Les trois perles de l'album : Positif, Gay Dentists, Bruce Willis is dead.


3. Kiko - Slave Of My Mind

La France mène la danse en matière de techno, encore. Kiko c'est le son de Grenoble, et le grand ami de The Hacker et Miss Kittin. Avant cela il avait sorti un album sous le nom de Sinema, qui reste l'un des meilleurs albums house toutes périodes confondues. Sur Slave of my mind, le son est plus sombre, s'approchant parfois de Depeche Mode, pas mal de sonorités electro aussi (au sens Anthony Rother du terme).
Les trois perles de l'album : Slave of my mind, World end rock up, Sunburn.


4. Fixmer / Mc Carthy - Into The Night

souvenez vous quand vous étiez gosse, vous chantiez les chansons de Nitzer Ebb à tue-tête. (groupe EBM qui démonte tout) Et le temps a passé, vous avez oublié Douglas Mc Carthy le chanteur, il est devenu camé, rebut de rien. Vous, vous êtes mis à la musique vous faites de la techno, et un jour vous rencontrez votre idole, Mc Carthy, et vous vous entendez pour faire un groupe ensemble. C'est le rêve un peu fou que vit Terence Fixmer, musicien lillois qui sort son deuxième album avec son chanteur fétichiste. Alors encore une fois ça sent les années 80, mais versant belge, style Front 242. L'Electronic Body Music c'est un style violent, froid et industriel, un peu comme dans les clubs sado maso. Into The Night a été sorti par Citizen, le label de Vitalic, gage de qualité.
Les trois perles de l'album : Like Voodoo, Look To Me, Trans European.


5. David Carretta - Rodeo Disco

Même style que Fixmer / Mc Carthy, mais tirant plus vers la techno tout en étant plus accessible. C'est techno, italo disco, sons de pistolasers et moustaches top moumouttes et boule à facettes.
Il a un look de maquereau marseillais, et sa musique sent la discothèque de 1984, avec moquette léopard. Même si c'est kitsch c'est extrêmement moderne, surtout parce que ça claque et que c'est disco.
Les trois perles de l'album : Love Lazer Dance Sex, Sex on the moon, Planet Research.


6. Sébastien Tellier - Sexuality

Faux branleur de la musique, il a su populariser le retour de l'italo disco avec des morceaux comme Sexual Sportwear ou Fingers of Steel. Après une grosse branlette autour du suicide français de l'Eurovision (Divine est un morceau de merde), Sébastien Tellier est quand même un sacré compositeur qui s'est fait pomper partout (dans tous les sens du terme). Il est volontairement kitsch, et souvent avec talent. Mais souvent ça sent le camping en Italie.
Les trois perles de l'album : Fingers of steel, L'amour et la violence, Sexual Sportwear.




Meilleurs albums de trucs qui passent en radio en 2008 :



1. The Ting Tings - We Started Nothing

Ils sont deux, ils sont rockers, ils sont jeunes, ils sont beaux et l'un des deux est une fille. On dirait une description de Eurythmics ou de plus récemment The Kills (la drogue et la déchéance en moins). The Ting Tings c'est un mec à la batterie et une blonde au chant, et c'est super dansant avec ses rythmes bien carrés et ses fesses bien rondes.
Les trois hits de l'album : Great DJ, Shut Up And Let Me Go, Be The One.


2. The Do - A Mouthful

ls sont deux, ils sont rockers, ils sont jeunes, ils sont beaux et l'un des deux est une fille. On dirait une description de The Ting Tings, mais en fait Olivia est norvégienne. Ce qui change tout en fait parce leur musique est plus calme et lorgne vers un hip folk de campagne. Ils sont devenus connus avec une pub pour des cahiers qui bavent. En live ils sont hyper charismatiques, surtout Olivia qui a des yeux qui chantent vraiment bien.
Les trois hits de l'album : On My Shoulders, Queen Dot Kong, Playground hustle.


3. Katy Perry -  One Of The Boys

Katy Perry n'a pas inventé l'eau chaude, mais c'est justement pour ça qu'on l'aime. Quand elle a sorti I Kissed A Girl, ma première réaction fut : "elle a piqué la basse dévastatrice de Monstertruckdriver de T.Raumschmiere !" Mais en fait personne ne connaît Monstertruckdriver, mais tout le monde a dansé cet été sur Katy Perry (enfin, pas sur elle, sur sa chanson). Le reste de l'album fait très Avril Lavigne en fait (moins de skate plus de sucre).
Les trois hits de l'album : I Kissed a girl, Hot 'n' cold, Fingerprints.


4. Britney Spears - Circus

Elle a perdu 3 places depuis le dernier bilan annuel, mais bon, c'est la seule avec NIN a avoir sorti deux albums coup sur coup. Blackout, qui est son meilleur album a ce jour, a été démonté dans tous les sens et Britney s'est fait motocultée une fois de plus. Elle se fait changer quelques pièces, on retape la carrosserie, on refait la peinture, mais le résultat est moins fort. Malgré un Womanizer bulldozer, le reste ne suit pas.
(je viens de le réécouter, en fait c'est calme, mais il y a de très bons morceaux dessus, elle pourrait passer en troisième position)
Les trois hits de l'album : Womanizer, Kill The Lights, Blur. (et le titre bonus itunes Phonography).


5. Lady Gaga - The Fame

Elle se place entre Britney et Katy Perry, ce qui permet d'imaginer un fantasme sympa. Son clip est plutôt marrant, les sonorités sont 80's (encore) et le rapper ressemble à Peter Petrelli dans Heroes. C'est du R&B d'inspiration Timbaland, mais sans lui et c'est tant mieux.
les trois hits de l'album : Just Dance, Poker Face, Love Game.


J'avais annoncé la mort prématurée de Mika, c'est désormais chose faite, maintenant on a Christophe Maé. Merde je préférais Mika. Timbaland est tombé de son piédestal en produisant M. Pokora, en ratant l'album de Madonna et en se faisant pomper de partout par les R&Bieux du coin. Du coup 2008 fut techno. Laurent Garnier repris sur les compils Fun Radio, les beats de T.Raumschmiere ramonant les oreilles des fillettes, Guru Josh qui dépoussière son hymne Rave de 1989 avec Infinity, David Guetta plagiant allégrement Border Community. Bref 2008 fut une année techno, en fait c'était 2004, mais sur les grandes ondes.



Meilleurs films internationaux en 2008 :



1. Batman : The Dark Knight, Christopher Nolan :
Deux films en un, un Batman vraiment sombre (comme le 2e de Tim Burton en fait), on regrettera l'absence de katie Holmes et le départ trop brusque de Heath Ledger. D'un pessimisme infernal (des tons verts tout le long), l'humour s'arrête à la 5e minute (les faux batman) et est remplacé par un grincement de dents constant, tellement le Joker est insaisissable, violent, imprévisible. Mention spéciale à un Double Face pathétique (dans le bon sens), habité par l'énergie du désespoir. Et la BO avec le thème du Joker, strident à souhait... Son seul défaut : un poil trop long.



2. Wall-E, Andrew Stanton :
Comment faire chialer de grands enfants avec une boîte rouillée qui met sa pince dans les anneaux de Saturne. Fable écolo pour la génération ipod, imac, ipollute, il fait pleurer, rire, danser, réfléchir, même si on danse sur les cadavres de nos enfants.
Pour ceux qui disent : "c'est pas subtil, c'est pas des ficelles c'est des câbles", je leur dis crotte c'est un film pour enfants.



3. Be Kind Rewind, Michel Gondry :
Après le pessimisme des deux premiers, enfin une bouffée d'air frais qui nous fait dire : c'est beau la vie quand même et ça vaut le coup de se battre contre des moulins à fric. J'adore tout ce que fait Gondry donc c'est normal, mais là... fouyayaaaaa, c'est moins décousu que la Science des rêves, moins rose que Eternal Sunshine, plus drôle que Human Nature... Une réussite qui plaira à tous les amoureux du cinéma (et pis Jack Black, merde, Jack Black !!)


4. Tonnerre sous les tropiques, Ben Stiller :
Pour les amoureux du cinéma (et pis Jack Black, merde, Jack Black !!), Tonnerre sous les tropiques est une charge anti-acteur anti-bande-annonce anti-marketing, mais qui aime le cinéma, celui des potes le samedi soir, celui des lundis soirs au Caméo, celui des dimanches aprèm en famille. Rien que les bandes-annonces, c'est déjà un Oscar. Si ma critique passait dans le film ça donnerait : Jack Black crève l'écran pendant que Robert Downey Junior campe son plus grand rôle. Ben Stiller a su réunir la crème d'Hollywood pour nous offrir l'un des plus grands films de guerre de tous les temps. Tout est maîtrisé, jusqu'à Simple Jack dont on attend la sortie avec impatience. Tout les magazines dont les articles sont dictés par la loi du marché vous le diront. C'est le film de l'année. (après Batman, Wall E et Be kind, mais faut pas le dire).


5. Lust Caution, Ang Lee :
La caution intellectuelle du classement. Ben oui mais que voulez-vous, le cinéma gros budget d'aujourd'hui est meilleur qu'il y a 10 ans, et il suffit d'éviter les films où il y a le mot "jour" dans le titre pour voir de bons films : "Meurs un autre jour où la terre s'arrêta après l'indépendance" (exemple de films à ne pas voir). En dehors de ça, Lust Caution est le rattrapage de Ang Lee après son quart d'heure américain de Hulk et Le secret de Brokeback Mountain (Si quelqu'un peut m'expliquer en quoi Brokeback Mountain est un grand film, je lui offre un tour de manège). Lust Caution c'est du film simple et grand, la petite vie dans les grands événements, du coup tout devient grand : les personnages, les scènes d'amour, les espions, les sentiments. En fait ce film est le versant asiatique des Femmes de l'ombre, comment l'amour peut foutre la merde quand on a une mission d'espionnage à remplir.


Meilleurs films français en 2008 :




1. Il y a longtemps que je t'aime, Philippe Claudel :
J'ai été voir ce film trois fois pour écrire un truc décent dessus. Mais c'était pas pour vous, c'était pour Philippe Claudel. Il a lu ma critique, je lui ai échangé deux mails et voilà. En fait la correspondance de Hugo est bien plus intéressante en fait. Je me suis demandé sur les mails avait détruit les correspondances. A voir...
Il y a longtemps que je t'aime est un film simple, fort, beau, avec son drame, sa famille, sa région. (Meurthe & Moselle en force !!). Enlevé le côté chauvin du "oh on voit ma fac, oh on voit mon pote Jean-Pierre avec son chien", Claudel a fait un premier grand film qui aura un César féminin et peut-être le scénario. Tout est dans la retenue et le non dit, et même si on comprend assez vite le secret, la fin c'est pas M. Shyamalan.
Pour lire ma longue chronique, c'est ici.




2. Vilaine, Jean Patrick Benes & Allan Mauduit :
Ah, Amélie Poulain, serveuse aux Deux Moulins, belle et longiligne avec ses cheveux noirs c'est noir. Quand il n'y a plus d'espoir elle devient "Vilaine". Vilaine, c'est Mélanie, presqu'anagrame d'Amélie, car la vie de Mélanie n'est pas un fabuleux destin. Elle est serveuse dans un restauroute, elle se fait mener en bateau par Kevin, exploiter par sa voisine. Mélanie en a marre et dit merde à tout, elle pourrait jeter un aveugle sous un camion qu'elle le ferait. Mais il n'y a pas d'aveugle dans le film. Mais il y a un black, du coup elle va le faire passer à tabac par les flics. La classe Mélanie (sauf qu'il n'y a que Marylou Berry pour faire les rôles de moches, c'est lourd, et il n'y a que Frédérique Bel pour faire les poufs connes, c'est lourd aussi, même si elle le fait bien).
Grosse surprise de 2008, ce film est tellement bon qu'il a été démonté par la critique. Les Français n'aiment pas qu'on s'attaque aux symboles. Et pour les amoureux du cinéma (encore), vous pourrez apprécier les emprunts à Forrest Gump, Jurassic Park, Wayne's World et j'en passe. Dès qu'il sort en DVD je me le mate avec un grand verre de Suze.



3. Pour elle, Fred Cavayé :
J'aime bien Diane Kruger en photo, moins quand elle joue. J'aime pas Vincent Lindon, surtout quand il ne joue pas. Avec le casting de Pour elle, c'etait pas gagné. Et pourtant, avec une ambiance bien moite, une déchéance progressive, un abandon total à une cause perdue, et un scénario rondement mené, on se retrouve à se ronger les ongles encore plus que d'habitude devant ce thriller à la française qui marche sur les traces d'Olivier Marchal qui y fait d'ailleurs une apparition. On découvre la mini pègre de Paris, la vie d'un père célibataire qui se fait draguer sur les bancs publics (si vous n'avez pas de voiture de sport, faites un enfant, la gente féminine vous appartiendra).
Un premier film tout en retenue, avec des personnages qui respirent la sympathie (sauf la gardienne de prison, mais bon, on dit "aimable comme elle"), des scènes de non dit où le respect transpire du cadre, et une intelligence comme il en faut pour ce genre de film.
Et je viens de voir que mon top 3 est constitué de premiers films. Chapeau à cette nouvelle génération de réalisateurs.

4. Entre les murs, Laurent Cantet :
Palme d'Or pour un quasi-documentaire (encore), Entre les murs ne la méritait pas. Mais il mérite cependant d'être vu, au moins pour voir la vie d'un collège moyen. C'est pas un collège à problème comme on a pu l'entendre, c'est juste une école, avec son lot de misère, de joie, de difficultés, d'incompréhension et de clichés.
"ça fait 20 ans que je fais ce boulot, j'ai jamais vu ça". Mais cette phrase est dite tous les ans. Et au moins on peut voir un conseil de discipline (un cas particulier, certes), chose rare (et heureusement) pour des parents d'élèves.

Quand j'ai vu le film, il y avait des jeunes au fond de la salle, des filles, pendant le devoir de retenue sur le respect, elles s'amusaient à pointer un laser rouge sur l'écran. j'ai râlé. Vieux con contre jeune con, le vieux ne gagnera jamais. La nouvelle génération est en marche, reste à savoir où elle va.



5. La Personne aux deux personnes, Nicolas & Bruno :

Avec un marketing viral sur le net qui frôlait le génie (Grandet), en particulier le myspace de Gilles Gabriel, La personne aux deux personnes est un film difficile, il faut aimer le ridicule, les années 70 et le pire des années 80 et Alain Chabat quand il se la pète. Pour ceux qui veulent se faire une idée, il suffit de regarder les Messages à caractère informatif qui sont vieux comme ma tente, mais avec des vidéos à coucher dehors. Le scénario c'est pas le César de l'année, mais Jean-Christian Ranu de la COGIP a enfin son film, et ça c'est vraiment très intéressant.

 

Meilleures séries en 2008 :


1. The Big Bang Theory
Deux colocs qui passent leur vie à savoir si le chat de Schrodinger est mort où non, s'il y a 4 ou 11 dimensions dans l'univers, s'il est possible de calculer la trajectoire d'un homme ivre. En fait deux mecs (et leurs potes et leur voisine de palier top bonne) qui vivent dans la physique, l'astrophysique, quantique ou non et qui ont une vie sociale limite à Facebook et WoW.
Blague : Un fermier a une poule qui refuse de pondre, il décide d'aller consulter un théoricien en physique quantique car il espère trouver une solution que ni les vétérinaires et ni les psychologues pour animaux ne trouvent pas. Six mois plus tard le théoricien revient et dit :
"j'ai la solution, mais il faut que votre poule ponde des oeufs cubiques dans le vide."

2. Dexter
Parce que Michael C. Hall joue superbement et tient la série à lui seul, parce que c'est très bien filmé aussi. Et le personnage de Lila dans la saison deux et l'un de mes personnages de fiction préféré depuis longtemps. Une femme fatale, une vraie.

3. Chuck
La série où un nerd (tout seul cette fois) devient un super agent de la CIA parce qu'il a plein d'infos dans son inconscient. C'est Alias en tout aussi drôle, mais là c'est fait exprès.



PS : il m'a fallu quatre jours pour faire ce classement. Pendant ce temps j'ai rien écouté de nouveau, j'ai du retard là, merde quoi.
Et bonne année à tous !


Par Dirty Epic - Publié dans : Mes humeurs
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Vendredi 3 octobre 2008 5 03 /10 /Oct /2008 09:19

    Je n'ai pas oublié ce blog. Il flotte dans ma tête comme l'écume de mes jours trop brefs. Je suis officiellement installé avec ma moitié depuis un mois, tout se passe bien, mais tout passe trop vite. Les jours deviennent des heures, les heures des minutes etc. etc. je ne sais plus qui a dit ça, Lamartine ou Christophe Maé, mais je trouve ça très juste. Le temps pax trop vite, et je me retrouve à ne plus savoir par quel bout commencer, c'est la saucisse de la vie, il y a deux débuts possibles, mais toujours qu'une faim. Mais qui disait ça, Jackie Gelin ou Hugo Frais ?
    Je ne veux pas être réduit à néant, ne citant que les phrases des autres, je veux être 100% moi comme on lit sur les t-shirts des anorexiques adolescentes peuplant nos rues d'élucubrations identitaires anonymes.
    Je dois écrire deux livres. Plus exactement prendre des photos de photos, remanier des textes que j'ai écrit il y a trois ans (en somme, faire de l'auto-citation et de la paraphrase), essayer de coller à une ligne éditoriale, un public, une région... Je dois écrire aussi les aventures d'Arnaud, verlan de noir, dont le destin devrait le faire sombrer dans les tourments de la culpabilité, mais c'est quand même très dur d'inventer des vies qui n'existent pas quand je n'arrive même à vivre correctement la mienne (une phrase comme ça, un écrivain de talent l'a forcément écrite quelque part).

    Ecrire un blog, c'est un peu comme se débarasser d'un poids en se disant : "je suis insignifiant, peut-être que je peux intéresser quelqu'un dont la vie est passionnante et qui trouvera dans la platitude des récits de ma misérable vie le dépaysement tragique que sa vie de rêve n'offre pas. Un peu comme les riches lisant Zola en trouvant la pauvreté fascinante, pleine de dignité et de terre sous les ongles.
    Sur ma petite vie de pion parmi les échecs scolaires je pourrais écrire des tas de choses, des permanences en permanence, des billets de colle à coller, des élèves à élever intellectuellement, la cour à courir... Bref, tout faire pour plaire aux nasmes.
    En musique il n'y a aucune sortie qui me tente depuis cet été, j'en suis réduit à trouver que Yelle a fait une super chanson avec
Ce Jeu, tellement c'est 80's et que ça sent la sortie mensuelle au Mc Do, avec maman qui me paie un happy meal que je ne finirai pas tellement la voiture du Hamburglar a l'air trop cool à frictionner.

    Pour des raisons de fuseaux horaires dont j'ai horreur, mes contacts avec mon futur marié de meilleur ami numéro deux sont plus que limités, j'ai de ses nouvelles grâce à ses surnoms MSN. Ainsi ai-je appris qu'il aimait le deutérium et qu'il avait un nouvel ordinateur portable (laptop comme des branchés) et qu'il allait faire de la musique répétitive à nouvel an, soit quelques jours après son mariage néo calédonien. Mariage auquel j'étais convié, durant lequel j'aurais dû signer des papiers disant en substance : ouais je suis témoin de J.B. je sais qu'il surkiffe G.P. future G.B. depuis pas mal de temps, je sais qu'il a pleuré pour elle, je sais qu'il s'est donné du mal pour elle, je sais même qu'il l'a attendu longtemps et qu'il est prêt à la suivre à l'autre bout du monde s'il le faut (genre pour revenir en France, hein ;-).

    Si le temps passe trop vite, c'est aussi parce que je vieillis. Enfin, pas moi, plutôt les gens qui ont vieilli avec moi. Deux cousines qui annoncent qu'elles se marient, et meilleur ami numéro un qui vient de donner naissance (enfin, pas lui, sa femme, enfin, qui n'est pas sa femme parce que techniquement ils ne sont pas mariés.) donc meilleur ami numéro un je disais, qui non content de se mettre en ménage, de devenir propriétaire et de travailler avec des paysans traditionnalistes, est papa depuis maintenant un mois ; et quand je pense que je l'ai connu la morve au nez, je me dis (comme le général de Gaulle en son temps) : vieillir est un putain de naufrage.
     J'ai devant moi une colline de choses à faire, derrière il y a une vallée, et au milieu coule une rivière... le cours de ma vie qui s'épanche.
     Mon dieu c'est nul ce que j'écris, ça me fait penser à Victor Hugo. Non pas qu'il soit nul, au contraire, mais la légende dit qué s'appelorio quezac qu'il écrivait cent vers le matin au réveil et qu'il les jetait à la poubelle tout de suite après et allait boire ensuite un grand bol de Nesquik. J'aimerais que mon blog eût été du même acabit que la corbeille de Victor. Car Hugo c'est un boss.


     Tant qu'à citer, autant parler de ma cité, Metz, qui a organisé sa première nuit blanche de l'art content pour rien, le principe étant de se satisfaire de pas grand chose. exemple : Jean Clair est invité à Géronimo, célèbre librairie messine. Je suis allé le voir, enfin plutôt l'écouter, parce que voyez-vous, je ne le voyais pas. Il était à l'étage, et le public ayant accès à l'étage, ben c'était les gens qui avaient les badges orga ou qui faisaient partie de la mairie de gauche. Vous auriez dû voir la plèbe entassée au milieu des livres... j'espère que l'intelligentsia messine a pu profiter confortablement d'un événement qu'ils avaient organisés pour eux.

 

Le temple Neuf, à Metz avec de la lumière à l'intérieur (qui est en fait une oeuvre de L. Hinnerblesse et S. Besse)

 

 

     Et après ça je n'ai toujours pas de réponse. Mon blog, c'est stop ou encore ?

Par Dirty Epic - Publié dans : Mes humeurs
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Dimanche 24 août 2008 7 24 /08 /Août /2008 21:18

      Plus personne ne s’intéresse à nous. D’après les journaux c’est déjà beau d’être en quart de finale. Il est loin le souvenir de la coupe du monde, l’équipe survit sur des acquis vieillissants et elle mise sur des jeunes qui voudraient vivre leur rêve. Et je suis au milieu de tout ça, je suis sept sur le terrain et seule dans ma tête. L’euphorie de 2003, je m’en souviens encore, la dureté de la finale, le relâchement de la fin, et toutes les larmes, ces larmes qui m’ont cachées le monde pendant près d’une heure, j’ai dû regarder les vidéos parce que je n’avais rien vu.

 

       La pression dans les vestiaires est si forte que mes épaules ne bougent plus, mon maillot bleu pousse mon corps au sol. Les copines me soutiennent, j’ai sept cœurs qui battent pour moi, mon énergie revient enfin. Olivier me donnent quelques consignes que j’entends à peine, j’ai beau écouter, je n’entends pas, le sang tape dans mes oreilles.

       Sur le terrain j’aperçois mes adversaires, les Russes, j’ai longtemps perdu contre elles. Dans les tribunes je vois des drapeaux tricolores, quelques visages peints, comment peut-il y avoir autant de places vides pour un quart de finale des J.O. ?  Dans mon dos j’entends Valérie crier, c’est une guerrière, ses cheveux tressés remplacent ses peintures de guerre. Premier coup de sifflet, le match commence, me voilà partie pour soixante minutes de lutte, d’attaque et de défense, à parcourir le terrain pour chercher le centimètre libre qui me permettra de survoler la zone.

       Je n’ai plus de stress, je mène ma barque ; première balle, un rebond, une passe. La balle me paraît plus petite que d’habitude, elle ne glisse pas. On monte déjà, première attaque, un but. Je sens que j’ai la partie en main, les Russes jouent sur leur physique, elles sont impressionnantes, de vraies tours d’ivoire. Je suis déjà bousculée, au sol tout me semble plus calme, je glisse et tout s’arrête. Mariama me relève, je sens qu’elle transpire déjà beaucoup. On marque sur le jet franc. Le match est à nous, je le sens. Les Russes ont peur, je le vois dans les yeux de Maria Sidirova. On mène à la marque et on creuse l’écart, j’ai déjà marqué deux buts et je me sens en forme. Valérie a déjà sorti deux penalties, elle hurle, elle en veut, elle me donne vraiment envie de me battre, je sens sa force sur tout le terrain. Les Russes nous tournent autour nous rentrent dedans mais elles ne passent pas. Je prends un sacré coup dans les côtes mais personne ne siffle. Souffle coupé, je retourne en défense. Olivier râle sur le banc, je prie pour qu’il se taise, les arbitres laissent passer trop de choses, ça l’énerve et je le comprends, les soi-disant passages en force nous font plus de mal qu’aux Russes qui se relèvent toujours plus vite pour revenir au score.

       Ca siffle, je ne comprends pas pourquoi. Je demande à Véronique qui semble aussi perdue que moi. Olivier se prend un carton jaune, putain je comprends pas. On mène toujours et l’arbitre siffle la mi-temps.

 

       Dans les vestiaires, tout résonne, j’ai la tête sous l’eau pendant qu’un préparateur me masse les épaules. Un coup de froid sur mes côtes, l’hématome commence déjà à se faire voir. Les copines ont l’air plus détendues que moi, je ne sais pas comment elles font, moi j’ai le cœur à l’envers, encore une fois, je l’entends, il me dit stop et je le fais taire en soufflant un bon coup.

 

       Merde, les Russes nous remontent, Olivier décide de me sortir et il a raison, je ne le sens pas. Je ne marque plus, je me traîne, mais pas de fatigue. Je m’énerve, j’ai peur. Je veux agir sur le jeu, je le vois mieux d’où je suis mais quand je suis le terrain le parquet se dérobe sous mes pieds.

       Temps mort. Olivier me fait rentrer à nouveau, cette fois je n’ai plus de panique, j’ai oublié la Russie, le quart de finale, les arbitres, je vais jouer. On n’a qu’un but d’avance, mais après tout c’est un classique dans le hand. Maintenant on va avancer à pas de souris, sans laisser marquer Irina Poloratskaya. Ce match ne me plaît plus. Je sens que je ne suis pas pour lui, trop de contact, trop d’arrêts de jeu que je ne comprends pas, trop de sept mètres qui nous échappent, Irina qui commence sérieusement à m’énerver mais je tiens bon.

       Il reste moins d’une minute et on mène, je dois tenir bon. Merde elles marquent. Putain on fait quoi ? Je hurle, du plomb en fusion coule dans mes veines, j’ai la rage. Je dois marquer, je dois marquer. Me démarquer avant. Courir, tourner. J’ai un mur russe dans le dos je ne peux pas tirer. Je passe. L’arbitre siffle. Fin du match. Nul.

 

       On doit encore jouer dix minutes alors qu’on a mené tout le match. Putain je veux que ça s’arrête et c’est en gagnant que tout s’arrêtera. Et tout pourra continuer. Valérie nous motive encore une fois, elle sait toujours comment nous parler.

       On laisse les Russes prendre la balle pour les premières cinq minutes. J’ai tout le courage du monde dans mon corps, les muscles à fond, j’en veux. Le terrain nous appartient, on va leur montrer. On mène toujours. Les Russes reviennent. On mène encore, on se démène. Je marque. Il reste trente secondes et il y a toujours égalité. Alexandra est devant leur zone, elle fait le pressing, elle obtient la faute ! Et pourquoi on ne tire pas ? Il nous reste du temps encore, merde on doit tirer ! Le match est fini ? je comprends rien, même les Russes ne savent pas s’il faut quitter le terrain. Je sers les dents, je sens une goutte de sueur perler le long de mon dos. Les arbitres nous accordent enfin deux secondes pour un G franc. Ridicule. Je tire sans illusion.

       Le combat ne finira jamais, j’ai du feu dans les yeux, il faut brûler encore dix minutes. Deuxième prolongation, je ne sais même plus si sur toute ma carrière ça m’est déjà arrivé. Mais il faut jouer, j’ai ça dans le sang. On mène toujours, on le tient ce putain match ! Nina se fait exclure, j’ai une boule dans la gorge, j’ai le mot « injustice » qui rebondit dans ma tête, des milliers de balles d’injustice qui dansent autour de moi, sur un parquet que des Chinoises essuient avec des serviettes bleues. Notre bleu qui sert à éponger la sueur des Russes, ça me tue. Au loin, j’entends la Marseillaise.

       28-28, je suis le long de la zone, bien placée, on continue de jouer à six, et on n’a presque plus d’occasion de tir. Sophie me passe la balle alors que j’ai deux Russes sur moi ; sans élan, sans espace, je tire. A trente secondes de la fin je fais la différence, j’ai tenu. L’arbitre lève la main. Mon but est refusé. Les larmes qui coulent me cachent à nouveau le monde. Je suis perdue, ai-je perdu ? J’entends les filles qui crient, Olivier court près du banc. Tout est ralenti, je ne suis plus. Ne pas craquer. Tenir, encore un peu.

       Et le match recommence encore une fois. L'enfer est dans la répétition. Les Russes mènent et il nous reste trente secondes. Les trente secondes les plus longues de ma vie s’égrainent à chaque passe, à chaque rebond, on vise une dernière prolongation, ce serait de la folie d’accélérer le jeu maintenant, mais il faut qu’on le marque ce putain de but. Même Valérie est montée, on a l’avantage numérique, j’ai la rage, je…

       Faute.

       Au compteur il ne nous reste que quatre secondes. Je ne sais plus quoi faire, mon cœur s’est tu depuis bien longtemps. Les filles me regardent en attendant une solution que je n’ai pas, même après sept ans de réflexion je n’aurais pas trouvé de réponse. Mes dents se serrent, les muscles de mon bras se mettent à taper. Quatre secondes, une passe, un tir. La Russie a monté son mur, protégeant sa zone comme son dernier trésor. La décision fut prise simplement. Je vais passer la balle à Véro qui tirera. Tout notre destin se retrouve propulsé entre ses mains. Mais elle a l’expérience, elle a le cran, je sais qu’elle y arrivera.

 

       J’oublie mes larmes, j’oublie mon cœur, j’oublie le feu dans mon corps. Coup de sifflet, je passe la balle, Véro se débat comme elle peut, les secondes tombent, je les sens me frapper les tempes à chaque pas de Véronique. Et l’arbitre siffle la fin.

       Mon corps se vide et mes membres disparaissent. J’ai une balle de hand qui remonte dans ma gorge, je veux la vomir mais ma tristesse sort par les yeux. Le monde s’écroule sous moi, les lattes du parquet sont autant d’échardes qui viennent déchirer ma fierté. Je me réveille en pleurs dans les bras de Nina, mais le cauchemar est toujours là.


       Sous la douche mes larmes se noient dans le flot qui s’écoule. Dans les vestiaires, je retourne mon sac sur le banc, je ne trouve plus ma montre. Je n’ai pas le temps de la chercher, je l’ai perdue.



Par Dirty Epic - Publié dans : Mes humeurs
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Dimanche 20 juillet 2008 7 20 /07 /Juil /2008 20:21
Dans le collège où j'officie, il y a une section sport-études, des dizaines de garçons espèrent y devenir les nouveaux Pirès pour décrocher le luxe d'avoir Estelle Denis dans son lit (avant de se la faire souffler par un moins jeune, moins séduisant, moins talentueux) (c'était la seule blague du chapitre, profitez-en). Alors comme tous les garçons de 12 ans, ils passent leur vie à jouer au foot, ne savent même pas ce qu'est un jeu en réseau, ne s'intéressent pas aux filles etc. Pour beaucoup la réussite ne sera pas au rendez-vous. Pour un joueur professionnel, même sur le banc, combien deviennent allier droit de l'ASPTT Forbach ? Bien sûr, personne ne leur dit, l'ignorance est la qualité des gens qui osent. Et il en faut aussi des alliers, pour l'ASPTT Forbach. Mais ces jeunes négligent leurs études, pour la plupart ce sont des cancres (il y a des exceptions aussi), mais nombreux sont-ils à rêver à des millions gagner à la sueur du pied. Parmi eux j'ai connu un petit Medhi. Quand je dis petit, c'est qu'il était petit. Taillé dans un cure-dent. Toujours collé, il ne travaillait jamais, un vrai sport-et'. Mais il avait un talent au football. Une facilité de balle qui faisait pallir ses adversaires à la récré. Tellement bon qu'il a quitté le collège pour aller dans une section plus prestigieuse pour son avenir footballistique.
J'ai appris il y a peu qu'il avait été renversé par une voiture. Il s'est fait rouler sur le pied.
On parle d'amputation.

...

Vu au zoo d'Amnéville, dans le vivarium. Une femme veut prendre en photo un serpent. Elle sort un superbe reflex (ma soeur m'a raconté, je n'étais pas là, je passe les détails). Elle fait tous ses réglages, s'approche de la vitre et déclenche. Flash. Elle se recule un peu. Re-flash. Elle regarde le résultat.
"Ah non, les réglages sont trop clairs."
De la marmelade pour phacochère.


PS: le titre de cet article est un jeu de mot hypertexte nul qu'il faut dire en anglais. Surtout le .  .


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Jeudi 3 juillet 2008 4 03 /07 /Juil /2008 17:27
Dans ma voiture, si j'ai les fenêtres ouvertes, c'est parce que je n'ai pas la clim.
Dans ma voiture, je suis obligé de monter le son parce que le bruit de la circulation couvre la musique.
Dans ma voiture, j'ai l'air d'un con, mais c'est pour sauver un petit bout de la planète, que je n'ai pas la climatisation.
Par Dirty Epic - Publié dans : Mes humeurs
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Mercredi 18 juin 2008 3 18 /06 /Juin /2008 16:36
Seconde longue absence, encore de longues journées pour de longs travaux inutiles.
Petits espoirs pour rien, petits yeux de petites nuits.
Faire une croix sur les loisirs pour gagner rien.

       Je n'ai sans doute jamais autant espéré quand on m'a téléphoné pour un entretien pour un poste de chargé des publics dans un centre de photographie. On m'annonçait en substance : 'nous vous proposons de vivre votre rêve'. Alors j'ai concentré tout mon talent, ma force de persuasion, j'ai fait le plein au Luxembourg pour parcourir 300 et quelques kilomètres exposer mes talents, mon plus beau profil et mes diverses réalisations. Réponse : 'en fait, vous n'êtes pas tout seul sur le coup, ça serait trop facile ! alors on va vous faire passer un second test, vous allez réaliser trois dossiers et on verra qui s'est le plus fort d'entre les ptits jeunes pleins d'espoir. Bien entendu vous allez suer sang et sécrétions corporelles pendant trois jours pour réaliser ces trois dossiers qui représentent une vingtaine de pages écrites, des heures de recherches, et même en anglais. Ah, et j'oubliais de vous dire, tout ça sans être payé ce qui nous permettra d'avoir plein de dossiers de photographes sans rien faire et plein d'idées qu'on aura pris soin de vous voler et disant que ce sont les nôtres. Mais n'oubliez que tout ceci est formateur, et que la pédagogie par l'échec est la plus révélatrice de talent et de caractère. Bonne chance à vous'.
      Donc pendant 3 jours sans douche, sans shampooing, sans rasage, avec comme seul carburant des kinder bueno et du Coca-Cola chaud sans bulle, j'ai cherché tout ce qui était trouvable sur Gilbert Fastenaekens, j'ai même cité un article de 86 issu d'un magazine hollandais. J'ai réalisé plusieurs plans de stages photos, soit 39 heures d'activités. Tout ça pour apprendre dans un courrier froid comme un cul de pinguin que je n'étais pas pris. Je n'ai même pas eu le courage de boire pour oublier.
      Le plus étrange dans un entretien d'embauche, c'est que ça ne ressemble en rien à tout ce qu'on peut apprendre et vivre dans un cursus scolaire. Un entretien ce n'est pas un examen, c'est un rendez-vous amoureux. Il faut séduire la personne en face, lui montrer à quel point elle est seule est qu'elle a besoin de quelqu'un comme moi. Que je saurai être prévenant et attentif, que je saurai prendre soin de sa petite entreprise. Les battements de coeur que l'on ressent avant, pendant et après sont les mêmes que ceux du rendez-vous galant, car on sait que les raisons du choix seront de toute façon irrationnelles, que la logique, en amour comme en recrutement, n'existe que pour le premier tri préalable. Le reste dépendra de l'humeur, du temps, de la couleur de la chemise et des mots employés.
      Après le premier rendez-vous, la règle dit qu'il faut attendre un appel deux jours plus tard. Et quand l'appel ne vient pas les ennuis commencent. Stress, pollution, le cuir chevelu qui se dessèche, on vérifie son portable toutes les sept secondes, son mail tous les quarts d'heure, on guette l'arrivée du facteur. La vie s'arrête quand commence l'espoir. l'espoir... celui là même qui était le dernier malheur à sortir de la boîte de Pandore, le mauvais espoir, celui qui est vain, irréalisable, sans espoir. Et la transpiration reprend, jusqu'à ce qu'on soit définitivement éconduit en apprenant que 'c'est pas vous, mais bon voilà, j'ai rencontré quelqu'un d'autre, il a ses défauts c'est vrai, mais si tous les hommes étaient comme vous, la vie serait tellement plus facile' etc.
      Alors CRP, je te le dis, à toi seul, devant des milliers de lecteurs, je continuerai à t'aimer et à t'attendre, et peut-être qu'un jour au coin d'une rue un soir de pluie on se recroisera et tu verras en moi ce que tu as perdu et tu me regarderas avec des cheveux mouillés et tu me demanderas de te pardonner. Mais au fond de moi j'espère trouver quelqu'un de mieux que toi.

      Un courrier inattendu a réussi à me décrocher un sourire (mais pas la lune), malgré le fait qu'il m'annonçait une mauvaise nouvelle que je connaissais déjà.
      Je vous en laisse ici l'intégralité grotesque (avec un poil de censure pour les noms) :

(le rouge c'est juste pour dire que la personne qui a rédigé ce courrier est la même qui m'a dit : "vous n'avez pas assez de culture".)


      Pendant ce temps, le même Frédéric qui espérait éperdument, recevait un coup de téléphone d'un photographe célèbre pour être son assistant sur un shooting. Ayant appris à ne jamais dire non quand on lui offre du caviar sur un plateau d'or, notre héros décide de se lancer dans l'aventure malgré les engagements précaires qu'il a déjà pris ici et là. Il avait déjà parcouru mille kilomètres en 3 jours, passé un entretien et un concours de la fonction publique dans un hangar pouvant contenir 1500 personnes ou 20000 juifs. Il se disait que ce shooting pouvait être une sacrée expérience, vu qu'il n'avait jamais utilisé autre chose qu'un appareil compact aux fonctions très limitées, et que la séance de deux jours se déroulait au Parlement européen à Bruxelles et il verra défiler sous l'objectif tous les cols blancs de l'Europe, de quoi se faire un carnet d'adresse intéressant.  Mais deux jours avant le départ, notre héros malchanceux s'est dit que l'adage 'pas de nouvelle bonne nouvelle' n'était pas vrai. Il a appelé. Finalement le photographe célèbre n'avait pas besoin d'assistant, la logistique était prise en compte par le Parlement. Elle est belle l'Europe.

      Pour compliquer le tout, il fallait également rédiger deux articles pour le Beams final, celui qui sonne le glas d'une carrière journalistique même pas entamée. Mais finalement, malgré les échéances, les articles sont de bonne tenue.

      Il restait encore une dernière gloire, l'ultime instant pour briller avant redisparaître dans l'anonymat. Un musée de la région m'avait proposé de faire une conférence sur la photographie contemporaine. Alors je recommence, s'enchaînent les recherches et l'écriture, pondre encore 20 pages et un powerpoint de 30 oeuvres, chercher ce qui est le plus pertinent, être exhaustif pour présenter 20 ans en une heure. Depuis deux jours j'étais dans mes livres, mes notes et mes putains de jpeg grands formats de Jeff Wall, à manger des chocorem et boire du lait froid, sentant les gouttes de transpiration perler sous mes bras.

Jeff Wall, A sudden Gurst of Wind (1993) (d'après Hokusai, si vous cliquez)

      Il y a une heure j'ai reçu ce coup de téléphone. 'Il n'y a aucun inscrit pour la conférence, on préfère reporter'. La pression retombe, sans aucune retombée. J'ai les cheveux gras, une barbe d'une semaine qui fait toujours râler ma future femme, et je n'ai rien. J'ai l'impression de vivre l'épisode 5 de Star Wars, après la gloire du nouvel espoir, l'empire a contre-attaqué. Et ça empire. J'attends juste le retour du roi jedi (désolé mauvaise trilogie) pour pouvoir me la couler douce en brûlant le cadavre encore chaud de mes ennemis les plus intimes (le boss final serait-il en moi ?).

      Après avoir reçu tous ces coups de téléphone, j'ai des hématomes au moral, des bleus à l'âme, c'est pourquoi je déclare cette journée la journée zéro. Celle du début de tout. Dès aujourd'hui j'enterre mes échecs et je creuse de nouvelles fondations, je dois résister, je dois me battre. C'est ça, l'appel du 18 juin.



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Par Dirty Epic - Publié dans : Mes humeurs
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