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Jeudi 3 juillet 2008
Dans ma voiture, si j'ai les fenêtres ouvertes, c'est parce que je n'ai pas la clim.
Dans ma voiture, je suis obligé de monter le son parce que le bruit de la circulation couvre la musique.
Dans ma voiture, j'ai l'air d'un con, mais c'est pour sauver un petit bout de la planète, que je n'ai pas la climatisation.
par Dirty Epic publié dans : Mes humeurs
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Mercredi 18 juin 2008
Seconde longue absence, encore de longues journées pour de longs travaux inutiles.
Petits espoirs pour rien, petits yeux de petites nuits.
Faire une croix sur les loisirs pour gagner rien.

       Je n'ai sans doute jamais autant espéré comme on m'a téléphoné pour un entretien pour un poste de chargé des publics dans un centre de photographie. On m'annonçait en substance : 'nous vous proposons de vivre votre rêve'. Alors j'ai concentré tout mon talent, ma force de persuasion, j'ai fait le plein au Luxembourg pour parcourir 300 et quelques kilomètres exposer mes talents, mon plus beau profil et mes diverses réalisations. Réponse : 'en fait, vous n'êtes pas tout seul sur le coup, ça serait trop facile ! alors on va vous faire passer un second test, vous allez réaliser trois dossiers et on verra qui s'est le plus fort d'entre les ptits jeunes pleins d'espoir. Bien entendu vous allez suer sang et sécrétions corporelles pendant trois jours pour réaliser ces trois dossiers qui représentent une vingtaine de pages écrites, des heures de recherches, et même en anglais. Ah, et j'oubliais de vous dire, tout ça sans être payé ce qui nous permettra d'avoir plein de dossiers de photographes sans rien faire et plein d'idées qu'on aura pris soin de vous voler et disant que ce sont les nôtres. Mais n'oubliez que tout ceci est formateur, et que la pédagogie par l'échec est la plus révélatrice de talent et de caractère. Bonne chance à vous'.
      Donc pendant 3 jours sans douche, sans shampooing, sans rasage, avec comme seul carburant des kinder bueno et du Coca-Cola chaud sans bulle, j'ai cherché tout ce qui était trouvable sur Gilbert Fastenaekens, j'ai même cité un article de 86 issu d'un magazine hollandais. J'ai réalisé plusieurs plans de stages photos, soit 39 heures d'activités. Tout ça pour apprendre dans un courrier froid comme un cul de pinguin que je n'étais pas pris. Je n'ai même pas eu le courage de boire pour oublier.
      Le plus étrange dans un entretien d'embauche, c'est que ça ne ressemble en rien à tout ce qu'on peut apprendre et vivre dans un cursus scolaire. Un entretien ce n'est pas un examen, c'est un rendez-vous amoureux. Il faut séduire la personne en face, lui montrer à quel point elle est seule est qu'elle a besoin de quelqu'un comme moi. Que je saurai être prévenant et attentif, que je saurai prendre soin de sa petite entreprise. Les battements de coeur que l'on ressent avant, pendant et après sont les mêmes que ceux du rendez-vous galant, car on sait que les raisons du choix seront de toute façon irrationnelles, que la logique, en amour comme en recrutement, n'existe que pour le premier tri préalable. Le reste dépendra de l'humeur, du temps, de la couleur de la chemise et des mots employés.
      Après le premier rendez-vous, la règle dit qu'il faut attendre un appel deux jours plus tard. Et quand l'appel ne vient pas les ennuis commencent. Stress, pollution, le cuir chevelu qui se dessèche, on vérifie son portable toutes les sept secondes, son mail tous les quarts d'heure, on guette l'arrivée du facteur. La vie s'arrête quand commence l'espoir. l'espoir... celui là même qui était le dernier malheur à sortir de la boîte de Pandore, le mauvais espoir, celui qui est vain, irréalisable, sans espoir. Et la transpiration reprend, jusqu'à ce qu'on soit définitivement éconduit en apprenant que 'c'est pas vous, mais bon voilà, j'ai rencontré quelqu'un d'autre, il a ses défauts c'est vrai, mais si tous les hommes étaient comme vous, la vie serait tellement plus facile' etc.
      Alors CRP, je te le dis, à toi seul, devant des milliers de lecteurs, je continuerai à t'aimer et à t'attendre, et peut-être qu'un jour au coin d'une rue un soir de plus on se recroisera et tu verras en moi ce que tu as perdu et tu me regarderas avec des cheveux mouillés et tu me demanderas de te pardonner. Mais au fond de moi j'espère trouver quelqu'un de mieux que toi.

      Un courrier inattendu a réussi à me décrocher un sourire (mais pas la lune), malgré le fait qu'il m'annonçait une mauvaise nouvelle que je connaissais déjà.
      Je vous en laisse ici l'intégralité grotesque (avec un poil de censure pour les noms) :

(le rouge c'est juste pour dire que la personne qui a rédigé ce courrier est la même qui m'a dit : "vous n'avez pas assez de culture".)


      Pendant ce temps, le même Frédéric qui espérait éperdument, recevait un coup de téléphone d'un photographe célèbre pour être son assistant sur un shooting. Ayant appris à ne jamais dire non quand on lui offre du caviar sur un plateau d'or, notre héros décide de se lancer dans l'aventure malgré les engagements précaires qu'il a déjà pris ici et là. Il avait déjà parcouru mille kilomètres en 3 jours, passé un entretien et un concours de la fonction de la fonction publique dans un hangar pouvant contenir 1500 personnes ou 20000 juifs. Il se disait que ce shooting pouvait être une sacrée expérience, vu qu'il n'avait jamais utilisé autre chose qu'un appareil compact aux fonctions très limitées, et que la séance de deux jours se déroulait au Parlement européen à Bruxelles et il verra défiler sous l'objectif tous les cols blancs de l'Europe, de quoi se faire un carnet d'adresse intéressant.  Mais deux jours avant le départ, notre héros malchanceux s'est dit que l'adage 'pas de nouvelle bonne nouvelle' n'était pas vrai. Il a appelé. Finalement le photographe célèbre n'avait pas besoin d'assistant, la logistique était prise en compte par le Parlement. Elle est belle l'Europe.

      Pour compliquer le tout, il fallait également rédiger deux articles pour le Beams final, celui qui sonne le glas d'une carrière journalistique même pas entamée. Mais finalement, malgré les échéances, les articles sont de bonne tenue.

      Il restait encore une dernière gloire, l'ultime instant pour briller avant redisparaître dans l'anonymat. Un musée de la région m'avait proposé de faire une conférence sur la photographie contemporaine. Alors je recommence, s'enchaînent les recherches et l'écriture, pondre encore 20 pages et un powerpoint de 30 oeuvres, chercher ce qui est le plus pertinent, être exhaustif pour présenter 20 ans en une heure. Depuis deux jours j'étais de mes livres mes notes et mes putains de jpeg grands formats de Jeff Wall, à manger des chocorem et boire du lait froid, sentant les gouttes de transpiration perler sous mes bras.

Jeff Wall, A sudden Gurst of Wind (1993) (d'après Hokusai, si vous cliquez)

      Il y a une heure j'ai reçu ce coup de téléphone. 'Il n'y a aucun inscrit pour la conférence, on préfère reporter'. La pression retombe, sans aucune retombée. J'ai les cheveux gras, une barbe d'une semaine qui fait toujours râler ma future femme, et je n'ai rien. J'ai l'impression de vivre l'épisode 6 de Star Wars, après la gloire du nouvel espoir, l'empire a contre-attaqué. Et ça empire. J'attends juste le retour du roi jedi (désolé mauvaise trilogie) pour pouvoir me la couler douce en brûlant le cadavre encore chaud de mes ennemis les plus intimes (le boss final serait-il en moi ?).

      Après avoir reçu tous ces coups de téléphone, j'ai des hématomes au moral, des bleus à l'âme, c'est pourquoi je déclare cette journée la journée zéro. Celle du début de tout. Dès aujourd'hui j'enterre mes échecs et je creuse de nouvelles fondations, je dois résister, je dois me battre. C'est ça, l'appel du 18 juin.



'
par Dirty Epic publié dans : Mes humeurs
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Mardi 13 mai 2008
Longue absence, longues journées pour de longs travaux de longue haleine.
Petits espoirs pour petits salaires, petits yeux de petites nuits.
Faire une croix sur les loisirs pour gagner quelques ronds.

J'ai eu honte quand on m'a appris une bonne nouvelle. Cela faisait près de cinq ans que je n'avais pas mis les dents chez le dentiste. Les dents ont toujours été une angoisse chez moi. Depuis plusieurs années je rêve qu'elles tombent, partent en poussière, se cassent, qu'elles glissent de ma bouche, toutes ces horreurs que Freud me met dans l'inconscient pour me dire que j'ai peur de vieillir, de prendre ma vie à demain, de devenir adulte avec le pack 'responsabilités' qui va avec (il y a aussi une angoisse de castration et un bout de masturbation, mais avec Freud tout est sexuel).
Pendant ces cinq ans de laisser-aller buccal, je pensais que mes dents me quittaient ; une en particulier, que je croyais s'effriter et dont je sentais le trou avec ma langue. Et en fait non. C'était juste un bout de tartre qui s'était décroché. En cinq ans, à part une couche de tarte à faire pleurer un bataillon de Calgon, mes dents n'ont pas souffert. Aucune carie, rien. Je savais que j'avais les dents solides et c'est pour ça que je ne m'en occupais pas. Raisonnement illogique je vous l'accorde. C'est quand je pense à ma soeur qui a les dents fragiles, qui fait tout pour en prendre soin et qui les voit mourir à petit feu, que je me sens honteux.

J'ai également retrouvé les joies de la lettre manuscrite pour un poste de photothécaire (avec options) dans le Nord. Cinq feuilles froissées pour un S de trop, un L en moins, une bavure en haut à droite, une adresse ratée et un mot oublié. Je comprends pourquoi on parle de lettre de motivation. Il faut de la persévérance pour avoir l'air parfait.
pendant ce mois d'absence, j'ai rencontré Philippe Claudel. Le cinéaste, pas l'auteur. Quoique les deux soient très proches. J'ai correspondu avec lui et j'espère continuer. Mais quand je pense à la correspondance de Flaubert ou de Rimbaud, je me dis que le courrier électronique a ôté tout romantisme à la pensée et que je vois mal Gallimard publier "Mails de P. Claudel" ou pire "Mails de D. Epic" (quoique mes relances contre les vendeurs peu scrupuleux d'Ebay cachent de vrais trésors de rires jaunes et d'humour noir).
Je suis allé deux fois à Paris pour y rester quelques heures, comble de la frustration. J'ai rencontré un photographe charmant du nom de Jean-Noël R. peut-être lui ferai-je l'honneur d'un article s'il daigne m'engager pour un travail d'inventaire et de recollement.
Pendant 15 jours j'ai participé à la Biennale Internationale de l'Image, soit prendre part à l'accrochage de 600 photos avec quatre marteaux, fixer des projecteurs avec du fil de fer... mais aussi rencontrer un éditeur qui pourrait distribuer mon futur livre (qui est futur depuis deux ans) mieux que celui avec lequel je suis actuellement.

Fin avril j'ai vécu un entretien d'embuche assez triste, où mon rôle était déjà fixé avant même de rentrer dans la pièce. Je suis un homme, je ne suis pas le bienvenu.
J'ai visité un hôtel éphémère réalisé par le collectif 3RS, une structure métallique accueillante, un cocon industriel. J'y ai croisé mon alter ego Speed Herban, un super héros plutôt collant que cape, mais sympathique.


M83 a sorti un album que j'attendais, NIN a sorti un album que je n'attendais pas, j'ai décommandé au dernier moment un concert de Underworld tout ça parce que j'étais fatigué. Je me suis réveillé à midi le jour suivant.
Un samedi soir j'ai vécu un lavage de cerveau chez Mc Donald où j'ai entendu pendant près de 30 minutes tous les jingles 'NRJ & Mc Do' en boucle. Soit 30 minutes de la voie de Speakrin NRJ, 30 minutes de bruits de lasers, 30 minutes d'introduction de tektonik puis de R&B, puis de tektonik, 30 minutes de choeurs féminins dont les seules paroles sont 'NRJ'. J'ai cru mourir et revivre à chaque coupure. Je sais désormais ce que Prométhée vit.
Je suis allé voir des zombies filmés au caméscope dans Rec, avec ma cherry qui me serrait le bras. J'aime bien les zombies, ça rapproche les couples (et c'est nettement mieux que Cloverfield).
J'ai pris un PV sans en être responsable parce l'agence de location de véhicule ne tient pas ses papiers à jour. Je ne sais pas si je suis masochiste, mais j'ai apprécié me faire verbaliser en sachant que je n'aurai pas à payer. Le plaisir de savoir qu'on est un citoyen modèle peut-être.
Ma cherry a eu son permis, mais ça vous le savez déjà.
Ma grand-mère va fêter ses 70 ans mais elle a eu le courage de faire encore une fois la marche Nancy-Metz (70km), et elle a même osé lire Acouphènes jusqu'au bout.
J'ai fini Splinter Cell - Pandora Tomorrow en étant surpris que ce soit la fin, vu que je jouais une fois tous les tremblements de terre (heureusement qu'il y a eu la Birmanie et la Chine, sinon Sam Fisher serait toujours coincé dans une bouche d'aération).
J'ai passé de merveilleux moments avec ma future femme qui décidemment a de sacrés beaux yeux (chez elle, tout ce qui va par deux est beau).
Après plusieurs nuits, j'ai remarqué que mes rêves les plus angoissants n'étaient pas dus aux dents mais parlaient toujours de colonies de vacances préparées au dernier moment, où tout se passait mal, et des enfants déboulant de partout et que je dois surveiller et parfois même sauver d'une mort certaine. 15 jours compressés en une nuit, comprenez que je sois fatigué.
J'ai eu l'occasion de manger des sushis, et ça faisait bien longtemps. C'est fou comme on peut en manger énormément sans se rendre compte de la quantité. Imaginez la même quantité de riz cuite par un cuisinier français avec le poisson à côté, ça ferait trois assiettes. Au moins.

Ce week end, j'ai eu un sac vert plein de CDs. Je remercie encore chaleureusement Marc-Antoine (meilleur ami n°1), sa maman (maman n°2), ainsi que J-M pour qui j'ai toujours une pensée à chaque fois que je profite de ce que j'ai découvert grâce à lui. Les prochaines semaines j'écouterai : Angelo Badalamenti, James Delleck, Arcade Fire, Archive et beaucoup d'autres provenant de ce sac vert plein de CDs. Merci encore.

J'ai l'étrange sentiment que ma vie s'accélère et pourtant tout ce qui me permet de vivre matériellement (le salaire) provient toujours des mêmes endroits, des mêmes emplois à l'initiative proche de zéro et qui ramolissent le cerveau tellement c'est intellectuellement répétitif.
C'est le taylorisme éducatif, la culture à la chaine. J'espère zapper bientôt.





par Dirty Epic publié dans : Mes humeurs
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Lundi 5 mai 2008
J'ai pleuré au téléphone juste parce que ma future femme vient d'avoir son permis.
C'est vraiment bête d'heureux.






PS : je vais pouvoir picoler à nouveau.
par Dirty Epic publié dans : Mes humeurs
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Jeudi 1 mai 2008
- Vous n'avez pas assez de culture pour...
- Touché.
par Dirty Epic publié dans : Mes humeurs
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Mercredi 9 janvier 2008
La mode ? Comment vous dire à quel point je me fous de la mode ? Tenez, voilà : la mode occupe à peu près autant d'importance dans mon existence que le trombone que j'ai senti tout à l'heure par hasard en enfonçant la main dans la poche de mon pantalon, voyez ? Les mots me manquent pour vous dire à quel point je me fous, me contrefous de ce trombone, égaré là entre une pochette d'allumettes et la monnaie du boulanger. Enfin, je veux dire, ce trombone m'est égal, au-delà de toute expression, ce trombone est l'objet le moins extraordinaire que j'aie jamais rencontré. Tenez, à l'heure où je vous parle, si ce trombone n'était pas dans ma poche, son absence ne pèserait pas plus sur mon comportement actuel devant vous que la mort de Julio Iglesias ne pèserait sur la politique extérieure de la Corée du Nord.
Eh bien, il en est pour moi de la mode comme de ce trombone. L'un comme l'autre occupent dans ma pensée la place exacte qu'occupe le théâtre d'Audiberti dans la pensée de Marcel Cerdan junior.
Mais alors, direz-vous, pourquoi cet imbécile nous boursoufle-t-il le cortex avec un sujet qui le préoccupe encore moins que nous ? Pourquoi, au lieu de nous parler de fringues, ne nous parle-t-il pas plutôt d'amour, comme il le fait si bien ? D'autant que pour bien le pratiquer, l'amour, la première chose n'est-elle pas de se débarasser de ses fringues ?
Certes, j'eusse pu. J'eusse pu, mais si j'évoque ici le falbala, c'est pas du tout par hasard. C'est à la suite des déclarations scandaleuses d'un de ces maîtres du chiffon pompeux, cet arrogantissime coutirier transalpin... Comment s'appelle-t-il ? Pietro Saltani. Mais si, vous connaissez que lui, cette virevoltante sommité milanaise, indécente d'exubérance, et plus gesticulante qu'un chihuahua cocaïnomane... Eh bien, cet imbécile a osé déclarer l'autre jour dans un journal soi-disant féminin, deux points, ouvrez les guillemets, avec des pincettes, il a dit : " Le couturier n'a pas à tenir compte des formes du corps de la femme, c'est au corps de la femme de s'abaisser à l'art du couturier. " Incroyable ! je veux bien fermer les guillemets, mais pas ma gueule.
Est-il Dieu possible, en pleine mouvance des droits de la femme, que des bougresses se plient encore aux ordres fascisants d'une espèce de Ubu prostatique de la mode, qui, au lieu de crever de honte dans son anachronisme, continue de leur imposer le carcan chiffoneur de ses fantasmes les plus étriqués, et cela, jusqu'au fin fond populaire de nos plus mornes Prisunic ?
Je t'en prie, ma femme, ma soeur, mon amour, mets ton jean, ou reste nue, mais ne marche pas dans la mode, ça porte malheur.


        Rien de tel qu'un peu de Pierre Desproges pour commencer l'année ; vous croyiez que cette prose était de moi ? (oui je sais Amèle tu peux baisser la main) Ah joyeux innocents que vous êtes, votre ignorance est un compliment pour moi.
        La mode... voilà un grand sujet. Moi qui est suivi avec attention les aventures de Top Model et qui ai célébré la victoire de Karen en me lavant la tête au Jacques Dessange (c'est la nouvelle égérie), je me suis surpris à dire plein de choses intelligentes en aimessainant avec le Chancelier d'Alpasyrie. La mode, vaste sujet... Si tout est cyclique, comme dans la musique, on va vers un paradoxe temporel.
        Explication : Les années 70, puis les années 80, puis les 90's, puis bizarrement un retour du pantalon Pat' def' (tirant son nom d'un hippie nommé Patrick qui a franchement abusé sur le chanvre), puis un retour des 80's (avec les cols de blousons en élastique machin truc) actuellement on revient vers les 90's avec les couleurs flashies sorties du générique de Sauvés par le gong (cf. Yelle et les putafranges et leurs leggings verts). La suite serait donc le retour de Pat' encore plus défoncé qu'avant ? Mais on entrerait dans une spirale infernale (Mystic diraient les fans de Daria).

        La mode d'aujourd'hui est à la Tecktonik®©™ (quand Fun Radio sort une compil avec de la tecktonik®©™ ils sont obligés de changer de nom, dire Mondotek, ou danse electro, halala j'en ris encore). Donc la Tecktonik®©™ oui, en fait les jeunes qui se réclament de cette mode ont des logos et des symboles bien précis pour se reconnaître. Bien sûr une polémique très sérieuse tourne autour des symboles utilisés, en particulier l'aigle impérial (mais bon ça pourrait être Napoléon), ou certains flyers.
      tecktonik.jpg
Tektonik-flyer-copie-1.jpg




 













        Cette semaine j'ai dû prendre un élève à part pour lui dire : "non je n'ai rien contre la tecktonik®©™ mais porter un brassard noir avec un aigle impérial dessus, tu verras dans ton livre d'Histoire de 3e qu'on n'est jamais très loin des bruits de bottes." (surtout que la musique originelle de la tecktonik®©™ est le gabber, venu de Hollande, mélodie des hooligans bas du front et pensant droite). Il m'a répondu : "oui je sais pour cette histoire, mais nous on n'est pas comme ça, on est raciste contre les racistes". (comme je vous disais c'est beau l'innocence)

      C'est là que je me suis mis à penser à la mode et à l'uniforme. L'uniforme étant l'inverse exacte de la mode puisqu'elle prône la différence et l'exentricité.

        Petit retour en arrière. Mai 68 sonne le glas des uniformes dans les écoles et nos parents découvrent la joie de la mode Hippie, on porte fleurs et couleurs bariolées. Très vite les tailles hautes et les pantalons moulants de Travolta et de nos pères remplacent les pyjamas trop larges. On danse le disco dans le Lycra. Les logos et signes de reconnaissances sont la fleur, le Peace & Love, le Smiley.
        A la fin des 70's, premier choc pétrolier, on doute de l'avenir et les punks débarquent avec leurs jeans trop grands, troués, leurs cuirs de loubards, leurs chaines, et surtout leur position "no logo". La croix gammée cotoient les outils de M. Bricommuniste, aucun message de paix, mais un pessimisme économique, politique et social violent. On reconnaît le punk parce que son style est agressif.
        Avec les années 80 on observe un gloubiboulga intéressant. Le punk survit dans les jean's troués et les coiffures, mais le pessimisme passe dans la mouvance gothique/new wave qui joue sur des camaieux de noir, allant peu à peu vers l'uniforme et l'absence totale de logo. Pour les femmes bien habillées c'est tailleur avec épaulettes rappelant également un côté militaire.
      Heureusement Le Summer Of Love des 90's apporte une nouvelle fraicheur, on écoute Thierry Hazard et Corona, c'est la fête, on s'habille avec des couleurs qui obligent à avoir une lessive vraiment douce, et on célébre le grand retour des logos : le singe Waikiki, le crocodile Best Montana, les sigles Nike en géant sur les t-shirts (et le smiley aussi). On montre le logo pour montrer qu'on a de l'argent. C'est là que les marques prennent vraiment leur envol.

Skater.jpg        Et puis un beau jour, voulant contrer la mode, les jeunes se sont marginalisés. Pour être vraiment rebelle il a fallu choisir son camp. Ces camps n'ont pas changé depuis 2000, on a les skaters, les gothiques, les arènebieux, les roots, et les "fashions" (bizarrement les fashions ont une mode bien à eux comme je vais l'expliquer). Les skaters sont très proches des teuffeurs, Globe / Osiris / Vans aux pieds, baggy, veste militaire, casquette Volcom. Dans un refus de la mode, les skaters / teuffeurs ont créé leur propre uniforme, empruntant d'ailleurs beaucoup au militariat.
        Les gothiques ont mutés en emos, sorte d'hybride sombre associant Hello Kitty et tête de mort, abusant du damier et des brassards roses pour cacher les scarifications.
Parenthèse humoristique : vous savez pourquoi il n'y a plus d'emos dans la rue ?
ils se sont tous suicidés.
        Les roots se réclament des hippies, écoutant du reggae parce que c'est proche de la nature, mais j'aimerais bien savoir qui fabrique les fringues en chanvre toujours trop grands parce qu'ils coûtent vraiment chers. Derrière leur idéal "loin de la société de consommation" ils sont réconnaissables au premier coup d'oeil dans n'importe quelle manifestation.
        Les arènebieux sont proches des fashions, Ils ont des chaussures vernies à bout pointu et à scratch du plus mauvais goût. Ils ont toujours des vêtements qui mettent en valeur leur corps, même si leur corps est loin d'avoir de la valeur. pour les filles comme pour les garçons, les habits semblent trop petits, à l'image des doudounes à capuche moumoute qui inflingent des rhumes de piercing aux pauvres fans de Vitaa.
(mon dieu comme je suis méchant)

        Même les gens qui ne se rentrent dans aucune de ces cases finissent dans la case catalogue Celio / Jules. (et un peu H&M aussi). Et ils sont pointés du doigt et désignés comme moutons par tous ceux précédemment cités, en particulier les skaters et les roots, qui malgré leur esprit libertaire sont sans doute les moins tolérants.
        Je me souviens d'un jour où j'ai croisé un teuffeur bien comme il faut, casquette à pic et parka de chasseur qui m'a dit "fashion" en me détaillant de la tête aux pieds. Il ignorait que je m'interdisais le port de la casquette parce que je bossais et que j'avais fait plus de free party que son chien.
        Mais que voulez-vous, on finit toujours par quitter son déguisement d'adolescent. Et je prie pour que cesse l'embrigadement et le cloisonnement entre les groupes urbain-ethniques. Et qu'on ne passe pas par l'uniforme pour en arriver là.


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Dimanche 6 janvier 2008
Un  jour j'écrirais.
par Dirty Epic publié dans : Mes humeurs
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Dimanche 2 décembre 2007
C'était il y a un an. Je me plaignais. Et quand je ne me plaignais pas j'écrivais des chroniqueues ni têtes, usant d'une excuse vieille comme Wilde, disant que l'humour est la politesse du désespoir.  Je déversais beaucoup de misère ici, malgré les rires  que vous en tiriez,  je faisais pleurer mon encre.
Ensuite j'ai fini de regarder Six Feet Under,  et malgré le fait que ce soit un simple programme télévisuel, cette série m'a redonné foi en la vie et tout ce qui va avec.  Seuls ceux qui ont tout vu peuvent me comprendre. Mais là n'est pas la question. Si je mets tant de temps à entrer dans le vif du sujet, si je tourne autour du pot, si je prends tant de détours,  c'est parce que la timidité qui m'habita si longtemps repointe son nez. 

Il y a un an je rencontrais une fille en qui je fondais de minces espoirs, j'avais suffisamment peu vécu pour avoir peur et j'en avais trop pris dans la tronche pour être terrorisé. Elle fondait beaucoup d'espoirs en moi, peut-être trop au début, je tentais de faire bonne figure, essayant de la garder un temps soit peu, histoire de ne pas être seul. j'étais maladroit, parfois même stupide, mais je réapprenais la vie. J'étais assailli de doutes, avec des relents de culpabilité en sus.
Et peu à peu elle s'est dévoilée, j'ai découvert l'insoupsonnable. Une Béatrice, quelqu'un qui rend heureux. Une nuit d'hiver, j'ai rallumé la lumière pour lui dire je t'aime. J'étais obligé de la regarder, comme si je la voyais belle pour la première fois.
Quelques milliers de sms, 6752 heures de MSN, une overdose de téléphone et trois lettres plus tard je suis toujours amoureux d'elle. Ca a l'air d'être une performance mais ça ne l'est pas. C'est naturel, c'est évident. Et il n'y a pas de mauvais chemin pour découvrir de bonnes choses. En seulement quelques mois elle a conquis ma vie, plantant un drapeau au sommet de mon coeur, et moi vainqueur du sien, je me vantais d'avoir trouvé la femme idéale. J'évitais de le crier sur tous les toits, tout de même, de peur de me la faire voler.
Je n'ai qu'une seule phrase en boucle en tête depuis un an, "Putain qu'elle est belle". La vulgarité ne me vient que quand les extrêmes sont atteints, et désormais je suis atteint, extrêmement. J'ai cherché scientifiquement un pourquoi à mon état, mais le coeur a ses raisons etc. vous connaissez l'antanaclase. Finalement je me suis laissé bercer dans les vapeurs ouatées de la béatitude, oubliant le pourquoi, profitant du maintenant.
Béatrice est une fille sensible, elle est de celles qui faisaient rougir les auteurs du XIXe, faite de ces tissus que l'on ne tisse plus, car trop difficiles et trop fragiles. Elle est étrange, obscure sans être triste, d'une infinie gentillesse, avec un sourire qui vous fait dire qu'un jour d'été est franchement moche.
Récemment j'ai entendu que les filles sensibles sont les meilleures, mais que ce sont les plus dures à apprivoiser. Elle pleure souvent. Jamais de tristesse. Ses larmes se mêlent toujours à celles des cieux, s'écrasant doucement sur les vitres de ma voiture, quelques secondes avant qu'elle parte. Même quand elle pleure elle est belle, surtout quand elle pleure. Et son niveau zéro c'est le niveau dix de n'importe quel arc-en-ciel.
Parfois je regrette de lui avoir dit "je t'aime", parce que je me rends compte que je ne peux plus rien dire d'autre, que répéter cette phrase ne fait pas grandir, mais ne fait que durer. Alors je dois m'arranger pour ne rien dire, ou dire mieux. Je suis sans voix mais elle m'inspire.

Si je dois dresser un bilan de mon année, elle est le point le plus positif, et elle est à l'origine de tous les autres. Si je commence un roman sans être misanthropo-dépressif, si j'ai réussi à économlser pour une voiture, si mon taux d'alcoolémie en fin de soirée est proche de zéro c'est grâce à elle. Et ce n'est sans doute pas un hasard si je me trouve plus beau.
Cette lettre ouverte m'a trotté longtemps dans la tête, et j'attendais un moment spécial pour l'écrire ; mais j'ai réalisé aujourd'hui que chaque seconde avec elle est un moment spécial. Jusqu'à maintenant ma vie était faite de parenthèses, désormais c'est une suite de virgules, et je sais qu'un jour, dans quelques 6253 pages, un point final fera son apparition. En attendant, je prends soin de bien écrire chaque ligne, en choisissant mes mots, histoire de profiter. La création fut ma Béatrice.


par Dirty Epic publié dans : Mes humeurs
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Mardi 27 novembre 2007
        Je n'écris plus, je ne mange plus, je ne dors plus ; en seulement 5 jours ma chère et tendre se pose mille questions quant à sa place au sein du couple. Mais qu'est-ce qui a changé en 5 jours ? Quel malheur incroyable s'est abattu sur ma vie ? Il s'est infiltré, incognito, dans mon quotidien, sans que je ne vois rien, comme un virus.
        Tout a commencé quand ma soeur a récupéré une Gamecube (console Nintendo pour les néophytes).  Ensuite mon beau-frère a eu  la présence d'esprit de lui acheter quelques jeux, parce qu'une console sans jeu,  c'est un peu comme  les blocages d'université, ça fait chier et ça sert à rien.
        Dans les jeux, il y avait Splinter Cell - Chaos Theory.  Je me suis dit "Tiens, j'aime bien les jeux d'infiltration, il y a 10 ans je jouais à Metal Gear Solid".  Pour vous situer un peu, Tomb Raider (le premier) fut le dernier jeu video auquel j'ai joué. Aujourd'hui Lara Croft a les seins qui tombent raider
        En 2005, Amon Tobin, célèbre musicien électronique dont les morceaux illustrent de nombreuses émissions télé (surtout sportives), sort la première bande originale spécialement composée pour un jeu vidéo. 10 variations sur le thème du stress avait-il annoncé. La BO de Chaos Theory m'a souvent procuré des frissons, les derniers en date apparurent durant ma lecture de la fin d'Harry Potter.
        Il fallait bien que j'essaie ce jeu un jour ou l'autre...


        Manette en main, lumière éteinte, je commence à donner vie à Sam Fisher, agent d'infiltration au service d'Echelon 3, une section secrète de la NSA. Sam Fisher c'est le Jack Bauer de l'espionnage, il est baraqué, il a de la barbe et il sait tout faire. En plus il est nyctalope (il a trois yeux verts sur la tête).

     Malgré un sex appeal diamétralement opposé à celui de Lara Croft, le jeu est très addictif, et on se retrouve facilement à regarder sa montre à 4h du matin et se dire "bon allez j'immobilise les deux gardes là et après je vais au lit". Ou pire, obligé d'aller manger parce que maman appelle alors que je suis censé empêcher une 3e guerre mondiale !
    Vous vous en doutez, mon entourage n'a que faire de mes besognes d'espion inflitré en territoire ennemi. Je suis contraint d'agir seul.
    Parfois mes réalités se confondent ; tout à l'heure je me suis brûlé en mangeant trop chaud, ma mère me dit "bois vite !" et je lui ai répondu : "T'inquiètes j'ai sauvegardé avant, et au pire il y a une trousse de soin dans le poste de contrôle".



        Ma moitié cherche à comprendre mon comportement et ne veut pas croire que l'avenir du monde repose sur mes épaules. Pourtant quand elle est là je lui cache tous les signes laissant penser que je suis un agent secret. Je ne sers pas les dents, je ne transpire pas, je n'ai pas de tics nerveux dans les doigts (jouer évite de se ronger les ongles), ni même de pupille dilatée sur un blanc d'oeil rouge sang. Pourtant elle sent. Elle ne veut pas que je devienne un geek dont les doigts sont le prolongement direct d'une manette vibromasseuse.


            Mais je tiens à rassurer mon entourage : je ne suis pas un hardcore gamer (comme on dit chez les djeunz), j'aime juste un jeu. Splinter Cell. Et Splinter Cell - Pandora Tomorrow, et Splinter Cell - Chaos Theory, et Splinter Cell - Double Agent, et Splinter Cell - Convictions qui sort l'année prochaine. Vous voyez, il n'y a pas de quoi s'inquiéter, je suis juste un monomaniaque qui se prend pour un militaire nommé Samuel Poissonnier, c'est pas comme si j'avais 35 fois la même paire de baskets ou une collection de 150 figurines d'un dessin animé qui ne passe plus à la télé ! Non ?

par Dirty Epic publié dans : Mes humeurs
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Jeudi 25 octobre 2007
Le Bulletin Tamard : Premier sur les polémiques, même quand y en a pas !


Toute la rédaction se dit profondément choquée par la nouvelle version d'Ali Baba et les 40 voleurs.  TF1, soucieuse de son image de Télévision Française n°1,  offre le rôle titre à un acteur dont les derniers personnages interprétés s'appelaient M. Mathieu ou M. Batignol. Bien franchouillard tout ça, on peut dire que ce rôle d'Ali Baba (non ce n'est pas Monsieur Ali Baba) est un véritable rôle de composition !
Il me semble que depuis quelques années la France compte beaucoup d'acteurs d'origine maghrébine franchement talentueux, pour n'en citer que deux, Jamel Debbouze ou Roschdy Zem, mais bizarrement les deux premiers rôles sont occupés par Gérard Jugnot et Michèle Bernier.

Enfin moi je dis ça...

Soit dit en passant, vous pouvez quand même regarder, il y a Leïla Bekhti dedans et elle est super jolie.

par Dirty Epic publié dans : Mes humeurs
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