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Vendredi 11 juillet 2008
J'ai pris mon temps aussi. J'ai envoyé les photos sans savoir quand je pourrai écrire un article digne de l'événement. Car retranscrire Arras, c'est encore plus difficile que mes quatre jours à Dour que je n'avais écrit en me disant que ce serait trop dur à décrire et à résumer. Un travail harassant comme on dit.


Arras est connue parce qu'il y a deux places très jolies, mais le reste est plutôt inintéressant, donc on va rester sur l'un des places, vu que c'est là qu'avaient lieu les concerts. Bizarrement je n'ai pas trouvé la ville très grande. Pourtant j'ai googlé et j'ai découvert qu'il y avait 100.000 habitants tout de même, et que surtout, on y comptait 1/3 de moins de 25 ans (ce qui est expliquerait la présence de ces concerts dantesques dans une ville si banale).

Juste une mise au point : Mainsquare Festival est un festival puisqu'il propose un plateau d'artistes sélectionnés, mais la durée des sets, les scènes, le choix de l'ambiance et des lumières reste aux artistes. Ce qui veut dire que contrairement à un festival (prenons Dour), vous n'avez pas à vos précipiter sous un chapiteau pour admirer 55 minutes de DJ Shadow (rappel compris) puis courir à la scène 3 pour espérer voir les 20 dernières minutes de Punish Yourself, sauf, qu'il y a de la boue et oh mon dieu vous perdez votre chaussure dans la glaise alors que 120 personnes vous marchent dessus pendant que vous décollez votre basket avec vos ongles. Et comme c'est un festival de 120000 personnes vivant 4 jours ensemble, donc baignant dans leurs sécrétions corporelles, il faut vraiment aimer la musique.
Pour en revenir à Arras, c'est quand même plus cher qu'un festival classique : 90€ les trois jours de Dour, camping compris. Pour le Mainsquare, rien que le soir de Radiohead c'est 57€. Mais c'est le prix pour Radiohead, et là on a eu Sigur Ros, et The Do gratos en fait.

Pour cette virée nordique, je tiens particulièrement à remercier Marie B. sans qui je n'aurais jamais su que Radiohead passait là-bas. Je tiens aussi à remercier Jean B. sans qui je n'aurais pas connu sa maman. Je remercie également Alain B. sans qui Jean B. ne serait encore qu'un demi ADN avec un flagelle. Et enfin je tiens à remercier chaleureusement M. Birckel, professeur d'EPS, qui m'a permis de rencontrer Jean dans des conditions mémoresques.

Jour 1 : Boys Noize, 2 Many DJ's, Underworld, Justice, The Chemical Brothers

19h. Ouverture des hostilités. Boys Noize est un des DJ les plus hype en ce moment, donc il est allemand. Je ne sais jamais si on est allemand parce qu'on est hype (miss Kittin, Richie Hawtin) ou si on est hype parce qu'on est allemand (Ellen Allien, Digitalism). Enfin bref. Boyz Noise c'est de la techno 2008, de la compression à tout va, des sons bien distordus, des fausses guitares pour faire rock mais en fait s'en est pas etc. Et toujours des paroles pour faire danser les gens. Exemple : dance, dance, dance, yeah (disto sur le yeah). Pour une ouverture avec les monstres qui allaient suivre, il avait la pression, mais son warm up a largement tenu la route.



Les 2 Many DJ's sont pour moi des Beatles belges. Ils n'ont pas inventé la pop, mais ils la font évoluer vers une forme supérieure de perfection musicale (s'ils pouvaient mettre ça dans leur revue de presse ::prie::). Ces deux frères vous les avez déjà entendu sans le savoir, dans Dikkenek par exemple (vous lisez le bulletin Tamard, vous êtes donc des gens de goût, donc vous avez vu Dikkenek, CQFD), ou dans une soirée, où un ami malin a dit : on va pas se faire chier à changer de CD, je mets 2 Many DJ's et tout le monde dansera (testé et approuvé dans toutes les fêtes du monde entier depuis 2002).
Les journalistes en mal d'imagination parlent de leur style 'bastard pop' mais je trouve ça moche, ils font de la pop pure, la vraie, celle qui est innocente, loin des paillettes et des flashs, la pop acidulée qui nous rappellera toujours notre enfance.
Exemple : prenez Marci Baila des Rita, vous le passez après un gros morceau rock, vous vous dites : 'ah ouais Fred Chichon et tout, c'est con, c'était vraiment bien en fait les Rita'. Et là ya un gros beat qui entre en jeu, vous ne savez pas ce que c'est, mon dieu, comme c'est fort, ça tape, c'est violent les Rita. Et ça monte et la d'un coup ca explose, c'est les Daft Punk ! Et je défie quiconque dira que la France est nulle en musique (mais c'est con que 2 Many DJ's soient belges).


Si je voulais voir 2 Many DJ's c'était pour ne pas avoir honte quand mes enfants diront : 'eh papa tu les as vu en live 2 Many DJ's ?' Parce que quand je serai vieux, les 2 Many DJ's seront une référence pour toutes les radios du monde (oui car dans mon futur, le monde est parfait).


La soirée s'est continuée, ou plutôt a vraiment commencé avec Underworld. Bon, vous me connaissez, Si je m'appelle Dirty Epic c'est à cause, d'eux etc. C'était la 3e fois que je les voyais, et bien vous savez quoi, j'ai été déçu. Pas non plus au point de se tirer une balle, c'est Underworld quand même ! Je ne sais pas s'ils avaient des soucis techniques au début, mais tout le monde sentait qu'ils n'étaient pas dedans, et même le mythique Rez-Cowgirl n'a pas fait monter la pression. Et après il s'est passé un truc. Ils n'ont joué que des singles, mais des rares en live. J'ai pu écouter Kittens en vrai. (vous vous en foutez hein). Et surtout Ring Road du dernier album, un petit hip hop anglais surprenant.





Le public se réveille enfin, mais il est rempli de traitres à la couronne. La jeune génération a oublié sur qui elle s'est construite, et les fans de Justice rigolent quand Karl Hyde a un livret de paroles pour le spoken word de Ring Road, ou hurlent 'arrête la coke' quand il danse. Savent-ils que Born Slippy est la plus belle chanson racontant une gueule de bois ? Underworld, c'est le talent, pas la coke. Contrairement à Justice (phrase gratuite je vous l'accorde, mais je me venge comme je peux).

La chemise à paillette, un classique depuis la dernière tournée, c'est pour mieux briller dans la lumière.


Light show hyper puissant, ils ont sorti les fleurs tournantes à la fin sur Jumbo, il y avait des fleurs partout sur le public, mais personne ne le savait, sauf ceux qui ont maté le DVD 247 fois pour s'endormir.



Ma grosse surprise fut les bites géantes gonflables, ca tombe, ca rebondit, ca se met tout droit, ya des lumières dedans, bref je les avais jamais vu en vrai, ben ça m'a fait quelque chose quand même. Le souci c'est qu'Underworld jouait assez tôt, donc on n'a pas pu jouir totalement des lumières et des strombos, les photos sont plus impressionnantes qu'en vrai, mais comme ça mes souvenirs changeront et dans ma tête j'aurai passé un moment parfait que je n'aurai jamais vécu.

Karl Hyde avec sa guitare qui a près de 20 ans.



En résumé Underworld a joué 1h20, avec 20 minutes d'absence vide réglage. Une heure de concert pour heure, c'est court, ils font des morceaux de minimums 10 minutes, pour mon précédent concert, ils avaient fait 3h. Mais bon, on ne peut pas tout avoir, sur 8 morceaux j'en ai quand même eu 3 que je n'avais jamais vu en live.
Un dernier mot juste sur la parade de journalistes qui avaient des accréditations presses et qui ont eu droit à 10 minutes de photos sur le devant de la scène. Je ne sais pas pour qui ils bossent (je sais qu'il y a la Voix du Nord dans le tas) mais il n'y en a pas un seul qui a cherché à faire des photos 'différentes', ils sont tous restés bien en face, pour qu'on voit bien le chanteur avec que les deux mecs derrière on s'en fout etc. Franchement voir des mecs payés pour faire des photos de touristes quand il y a un panneau marqué 'point de vue' ça me fait mal à l'ego.
Et tout ça pour lire partout sur le net ( que Underworld c'est pas top, qu'ils n'ont rien fait de bien depuis le premier album (méga lol), et qu'ils sont fiers en disant : 'j'ai découvert que c'était eux qui avaient fait la BO de Trainspotting.' Mon dieu.

(j'ai fini mon discours intégriste, promis je ne recommencerai plus)


Après il y a eu Justice. Bon après 2 Many DJ's et Underworld qui mettent le smile et qui envoient des douceurs hyper bien construites, on a... eux. Alors bon, oui, je n'aime pas Justice, je n'aime pas leur nom, leur look, leur tête, leur logo (la première fois que j'ai entendu le terme 'croix de justice' je n'ai pas compris de quoi ça parlait)... Pourtant si on en reste uniquement à la musique ils ont fait des bons trucs. Ils n'ont pas inventé l'eau chaude, certes, mais c'est efficace. Le seul souci c'est que comme ils font de la techno 2008, ils ont des compresseurs et des sons distos. Comme ils ont des blousons noirs ils se prennent pour des rockeurs, avec leurs sons de guitares compressés piqués à Motorhead et consorts. Sauf que c'est noir, sombre, dépressif et déprimant (et pourtant j'en écoute des trucs suicidaires), mais Justice en live, il y a un effet tunnel. Imaginez, il fait noir, on ne voit rien, juste deux moustachus/rouflaquettés en contre-jour, et une croix géante éclairée. On ne voit que ça. Moi ça me rappelle la crucifixion, la souffrance d'un homme pour le reste de l'humanité qui pêche dans la débauche et tout. Ben apparemment ça les gêne pas les autres. Je suis peut être un vieux con réac, mais je ne les aime pas.
Je regrette les années 80 où voyait Police partout et Justice nul part.


Pour finir il y a eu les Chemicals Brothers. Ils sont arrivés tranquillement, comme pour dire 'bon les mecs, là Justice, c'est gentil de faire mumuse avec vos PC, votre public méprise ses ainés, ok, watch this'. Ce qui se passa après est indescriptable, souveniresque. Au moins. Avec mon passé de dealer de professionnel j'en ai passé des soirées et des concerts, j'ai fait des backstages avec Birthday Massacre, oui monsieur. Et bien je n'avais jamais vu quelque chose de cette envergure. En fait l'expérience était tellement grande que la musique n'avait plus d'importance, je ne rappelle plus ce qu'ils ont joué, et quand je me rappelle, c'est quand j'ai des images dans la tête. Car ce sont les images qui comptent ici. En électronique, il y a deux écoles pour le live. Tu te montres ou tu te caches. Pour se montrer il faut de bonnes raisons : chant instrument (Underworld), chanteuse aguicheuse (miss Kittin, Vive la Fête), on se la pète (Justice) etc. Les autres se cachent. Mais un concert où on ne voit rien c'est chiant. C'est là que les Chemicals Brothers entrent en scène. Ils sont dans un ovni de machines sans aucun éclairage, et tout ce qui importe se passe dans leur dos. Un écran géant translucide couvre toute la scène, et dessus on verra, des nageuses, un clown qui rit qui fait peur, des envols de papillons, des fourmis... D'une efficacité et d'une beauté imaginative, je suis resté scotché à leur live, jusqu'à ce qu'une parade de robots commencent à avancer doucement, à grandir, et ils continuent à grandir en avançant, et ils vont me marcher dessus putain ! Ah non, c'était des images 3D. Tout ça pour dire que c'était vraiment bien foutu.
Je suis reparti en traînant ma soeur sous le bras parce qu'elle avait la tête en compote.
A new tension Headaaaache....! comme on dit par chez nous.


Jour 2 : The Dø, Sigur Ròs, Radiohead

Vous l'avez compris, j'ai laissé passé Mika et The Wombats (et à contre coeur Digitalism) pour le concentrer sur la tête d'affiche qui m'en coûtait déjà les yeux. De la tête. Cette fois j'étais accompangé de mon ami Marc-Antoine qui fêtait pour ce concert : son anniversaire, son anniversaire de couple (mais pas avec moi), et aussi l'une de ses dernières soirées de non responsabilité paternelle. Autant dire qu'il y avait de quoi sentir souffler sur nous le vent de la liberté avec des arcs-en-ciel et tout et tout.
Arrivés à 19h pile pour The Dø, j'avais pour mission de retrouver les parents de Jean B. (susnommés dans le 1er paragraphe). Au milieu de 40.000 personnes j'ai un peu galéré donc j'ai attendu que The Dø se taisent pour essayer de téléphoner. The Dø est un groupe franco-finlandais super chiant parce que quand j'écris leur nom je dois toujours faire ctrl+C ctrl+V parce que je n'ai pas trouvé le raccourci clavier pour le "ø". Alors j'avais téléchargé écouté leur album pour savoir si c'était mieux qu'une simple musique de pub. Et en fait oui, contrairement à Katie Tunstall qui n'aura jamais d'autre succès que son tube ø" très désagréable, The Dø ont un style plus intéressant, varié, entre folk, rap et rock. Ce groupe ayant seulement deux membres, j'avais peur d'un live mou du genou, et pourtant pas du tout puisqu'ils ont eu la bonne idée de prendre un batteur à eux. Et en live c'est mieux qu'en album, parce que la chanteuse est super jolie (et comme elle est grande on peut la voir de loin). Concert court, mais une belle ambiance, surtout qu'on sentait l'honneur qu'ils avaient de partager l'affiche avec Sigur Ròs et Radiohead (alors que personne ne les connaissait un an avant, c'est fort).
Après 40 minutes de concert sur la pointe des pieds, à regarder la poignée noire du sac à dos Eastpack du gars d'1m90 placé devant moi, j'ai pu boire quelques grandes bières et rejoindre les parents de Jean B. dont c'était également le premier concert de Radiohead. Je me souviens de la fierté de Jean quand il m'a annoncé qu'il avait fait écouté OK Computer à son père et il m'a dit "ça lui a plu, je crois même qu'il adore". C'est toujours une gageure de faire découvrir ce qu'on aime à ses parents. je me souviens encore quand mon père m'a rendu Windowlicker de Aphex Twin en disant : "ouais, c'est pas pour moi ça". Mais il n'empêche qu'il a vu un concert d'Underworld avec moi et je ne dirai qu'une chose : "My work here is done".
Mais trève de digression. Quand Sigur Ròs est en entré sur scène, il faisait 25° et j'avais la chair de poule. Guitare lancinante, quatuor de violons, orgue, voix islandaise toute en incompréhension. Je commençais à grimper sur un petit nuage, oubliant les 20.000 devant moi qui me cachaient la scène, mais qu'importe, j'avais les yeux fermés pour mieux apprécier les larsens acrobatiques et les échos incertains. Je tiens d'ailleurs à saluer un autre compagnon de trip, un goth qui ressemblait à Francis Kuntz à 20 ans, plutôt défoncé, mais qui a dû avoir plusieurs orgasmes vu les petits cris aigus qu'il poussait. Sigur Ròs ce fut une heure d'introspection, en général leur musique n'est pas spécialement joyeuse, mais quand on est entouré de 40.000 personnes, ça évite les tentatives de suicide.
En fait, rien n'était triste, c'était juste beau, un peu comme quand Amélie prend un aveugle par le bras pour lui décrire un monde qu'il ne perçoit pas. Et quand les cuivres, tout de blanc vêtus, sont arrivés pour donner une nouvelle puissance aux nouveaux morceaux, j'ai eu une pensée pour le défunt Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band. A la fin ils ont fait péter des confetti partout, c'est ce qu'on voit sur la photo, on aurait dit de la neige en été, ça m'a fait chaud au coeur.


Après avec Marc on mangé des sandwichs industriels pendant que des gens se jetaient du Coca à la gueule juste parce qu'ils ne voulaient pas laisser passer ceux qui voulaient aller tout devant pour Radiohead. C'est vrai que Thom Yorke est petit.

22h Radiohead attaque, je le sais parce que j'ai entendu des gens crier. Je ne vois simplement rien, je rêve d'un monde totalitaire où le public serait rangé par taille pour laisser les petits devant. Les écrans ne nous offrent pas grand chose à regarder, c'est très arty, avec des plans fixes sur des narines ou des cheveux qui bougent. Mais j'ai quand même vu de belles choses, comme Annick B. dans les bras d'Alain B. Quand on sait s'y prendre, c'est finalement facile d'avoir toujours 20 ans et être amoureux comme à la 25e année (car on est toujours plus amoureux qu'au premier jour).

Marc-Antoine me dit : "écoute on voit rien, je vais derrière tu fais comme tu veux, mais ça sera pas pire."
Alors je le suis.
"Tant qu'en faire, maintenant qu'on est derrière autant passer aux toilettes, la bière est au rez-de-chaussée."
(conseil de festivalier : toujours pisser pendant la tête d'affiche, ça évite de faire la queue. Pareil pour la bière.)

Ce fut l'éclair de génie de Marc-Antoine, Marc-en-ciel même quand Radiohead joue In Rainbows, car avec le recul, il a repéré un abri surélevé, une entrée de parking souterrain. Bien entendu pour des raisons de sécurité il y avait des grilles et des panneaux  Forbidden Area" et "Quarantine Zone", mais il y avait déjà quelques personnes qui s'étaient installés sur cet ilot de fortune. 1m50 au dessus de la masse compacte, avec vue sur la scène sans les désagréments des premiers rangs (torticolis, saignements d'oreilles, bousculades et shampooing à la bière). Sur notre radeau nous naviguions sur une mer démontée d'humains agglomérés, dont les têtes dodelinantes formaient mille vagues rondes à l'écume échevelée.
(j'ai pas pu faire de photo de ce que j'ai ressenti).


Mon dépucelage Radiohead fut doux et agréable, ils ont joué un répertoire très varié, dans les styles et dans les époques, j'attendais seulement Karma Police qu'ils n'ont pas joué, mais ils ont fini sur Street Spirit dans le genre frisson de nostalgie / état suprême du bonheur.


Deux heures de Radiohead c'est finalement 25 chansons, de Idiotheque à No Surprises, de Pyramid Song à Video Tape. La playlist fut ultra complète, avec le choix judicieux de ne pas jouer Creep, tant l'esprit était loin de la détresse adolescente. D'après plusieurs chroniques glanées ça et là, ce concert fut bien meilleur que les deux performances parisiennes. Je n'en sais strictement rien, la seule chose qui est certaine, c'est que j'ai tutoyé du doigt la divine perfection d'une musique douce amère, d'un groupe emblêmatique pourtant loin des media.


Je remercie donc Marc-Antoine pour son initiative (ou sa trop petite vessie), car nous avons passé plus d' 1h30 sur notre île sans être délogés et sans être colonisés par des hordes de rockeurs renverseurs de Coca. Ecouter Radiohead assis, c'est un privilège rare, même si c'était sur une grille branlante, j'ai pu entrevenir un bout de paradis.





par Dirty Epic publié dans : Musique
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Dimanche 27 janvier 2008

J'ai annoncé il y a seulement un mois que Timbaland en faisait trop et qu'il allait finir par faire des bétises. C'est désormais chose faite ; il va produire 5 titres sur le prochain album de M. Pokora finement intitulé MP3 (puisque c'est son 3e album).
Au choix : tout le monde aura du M. Pokora dans son ipod et ça sera la fin du monde.
Ou Timbaland devient une grosse bouse.

Je ne sais pas ce que je préfère.

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par Dirty Epic publié dans : Musique
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Mardi 22 janvier 2008

J'ai longtemps ignoré Radiohead, pensant que ce groupe était juste composé de jeunes rebelles sans cause alors que j'écoutais des vrais rebelles (Sepultura, Pantera) puisque eux étaient sales avec des cheveux longs. Un jour, secrètement amoureux de la plus belle du lycée (elle n'était pas pompom girl mais c'est comme si), j'ai trouvé un mot sur une table signé de sa main disant : "j'adore Radiohead, signé Anne ****". Alors j'ai démandé à mon ami Jean, qui avait les cheveux longs mais qui était propre, de me prêter ses cds de Radiohead. Aujourd'hui je sais que ce mot sur la table était un faux puisqu'il faut vraiment être con pour signer un acte de dégradation. Mais il n'y a pas de mauvais chemin pour apprendre les bonnes choses.
J'ai découvert Radiohead en pleurant. D'ailleurs tout les gens qui ont un album de Radiohead ont déjà pleuré en l'écoutant. Si ce n'est pas le cas, c'est que votre vie est vraiment chouette, du coup écouter Radiohead n'a aucun intérêt pour vous.

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En 1993 sortait Pablo Honey. Premier album d'un groupe inconnu, encore un disque d'Anglais popeux diront les rabas-joies. C'est vrai que rien de moderne ne ressort de cet album, des Anglais tristes qui s'habillent classes, un pochette d'un goût douteux dans le plus pur style Anne Geddes. Pourtant sur ce disque se trouve un morceau qui a considérablement changé la carrière de Radiohead, il s'agit de Creep. Creep, c'est de la pop qui a digéré le grunge récent, le shogazing en plein essor, et surtout qui s'affranchit des tutelles Beatles et Rolling Stones qui sclérosent le rock anglais. Les paroles sont l'hymne de l'adolescence : "cette fille est un ange, et elle s'en va, mais je suis une merde, mon dieu qu'est-ce que je fais là ?" les tourments de l'adolescence en 4 minutes.
L'influence et l'écho de cette chanson sont tels que les chevelus sales de Korn l'ont repris.
En 1995 après avoir sorti de nombreux singles histoire de faire patienter les fans (et se remplir un peu les poches) sort The Bends. Le plus triste de tous les albums de Radiohead, c'est sans doute pour ça que c'est celui qui m'a le plus marqué. Le son se fait dejà différent ; à la production apparaît Nigel Godrich que l'on pourrait appeler le 6e membre, et qui enlève toutes les platitudes sonores du 1er album et donne une nouvelle dimension aux chansons, en particulier des sons venus de nulle part (des cloches, des grésillements, des échos...) qui annoncent déjà l'évolution à venir. Thom Yorke maitrise bien mieux sa voix, et on se retrouve devant ses enceintes à tutoyer les anges. Je ne peux pas garder une chanson sur cet album, j'en garde au moins 8, et quand j'entends n'importe où quelqu'un dire "I wish..." mes pensées ponctueront toujours par : "... I was bullet proof". C'est l'un des albums que j'ai écouté le plus dans ma vie, et pour s'en assurer il suffit de voir dans mes 800 cds ceux qui sont abimés, et The Bends est dans un état pitoyable. Encore pire que mes cd d'Underworld, mais j'en prends vraiment soin.

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1997, c'est la consécration. Radiohead sort OK Computer et avec lui toute la légende Radiohead se met en place. La pochette est d'une qualité irréprochable, loin des tatonnements video de The Bends et des égarements honteux de Pablo Honey. On sort totalement de l'univers sentimental adolescent, les enjeux, les arrangements sont plus adultes, et dans un souci de "tout faire", Radiohead fait un grand écart en faisant cohabiter The Beatles et l'expérimentation électronique, et c'est à partir de cet album que Thom Yorke oublie d'articuler et ou sa voix devient un flux sans fin, une modulation hu
En 1997 l'image qu'on a de Radiohead c'est Karma Police, un morceau qui a tenu tout l'été malgré une absence totale de joie estivale. Karma Police est pourtant un symbole du passé, tout dans ce morceau rappelle The Beatles et en particulier la chanson A day in the life. pour s'en convaincre, il suffit de comparer le piano, les échos, les petits sons autour, et l'échos des voix au loin. Karma Police est le morceau de Radiohead le plus proche des Beatles alors même que c'est l'un des morceaux les plus expérimentaux des Beatles (2 chansons fusionnées en une avec une spirale infernale au milieu).
Le public retiendra cette citation du passé alors que la chanson suivante Fitter Happier marque un futur qui passe totalement inaperçu. Pour la première fois Thom Yorke ne chante pas. C'est un robot qui prend sa place, une voix synthétique qui scande de manière neutre et inhumaine la vie banale d'un homme au XXe siècle. Pendant que ce robot nous dit de ne pas s'inquiéter, qu'on doit être plus heureux, et que le bébé sourit à l'arrière d'une voiture sécurisée, Thom Yorke nous chante ses tourments de paranoïaque et doute de son humanité dans Paranoid Android. Les codes sont inversés, Fitter Happier marque un tournant définitif dans l'exploration de Radiohead. Tout est computer, même le piano, et ils utilisent un sample de film Les trois jours du Condor. Dans l'univers humain des instruments et des histoires d'avions contées par une voix qui n'articule plus, Fitter Happier fait froid dans le dos. Radiohead ne fait plus pleurer, il fait peur.
Tous ces aspects passés inaperçus il y a 10 ans paraissent désormais évidents quand on sait quelle direction a pris le groupe.

Après une attente qui semblait intérminable de seulement 3 ans (et pourtant demandez à un fan de radiohead combien de temps il a attendu la suite de OK Computer il vous dira au moins 5 ans), Kid A sort en 2000. OK Computer apparaissait dans les 10 meilleurs albums du XXe dans tous les magazines qui faisaient leur premier classement séculaire. Pour tous Radiohead est un groupe de rock. Et ils sortent un album presque entièrement électronique, Everything in its right place, ouvre le disque sur un synthé et une voix totalement hachée, filtrée, torturée. Les fans sont perdus, certains déçus. Mais le disque remporte un succès critique et commercial, beaucoup considérent que c'est l'album qui les a ouvert à la musique électronique. L'absence d'instruments traditionnels oblige Radiohead à revoir totalement son idée du "groupe" la séparation n'est pas loin. Chacun doit s'adapter et apprendre à utiliser un Kaos Pad ou les ondes Martenot. Kid A est difficile pour les habitués des guitares (même si certains morceaux sont "classiques") et on retrouve Idiotheque playlistée par de nombreux DJ tellement la rythmique électro est évidente pour un public techno. Kid A est un album éthéré, la présence humaine est infime, la voix de Thom Yorke n'est plus qu'une voix, elle ne "dit" plus rien. Les paroles passent d'ailleurs au second plan puisque pour la première fois Radiohead nous offre des plages purement instrumentales. Pourtant des morceaux datent de 1998 et ont une structure pop classique, mais la réécriture "Kid A" emmène les chansons vers de contrées inexplorées, comme The National Anthem qui finit en session free jazz.
Kid A fut un disque tellement attendu que certaines légendes tournent autour. Par exemple, si on lance le cd, puis qu'on lance un deuxième Kid A 16,8 secondes plus tard, on obtient un nouveau disque ou tout se répond. Tout est expliqué ici, mais la théorie n'est pas valable sur tous les morceaux. L'autre légende (qui n'en est pas une) c'est le prix exorbitant des quelques 150.000 cd pressés avec un défaut et qui sont devenus collectors.

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Pendant l'enregistrement de Kid A, environ 30 chansons voient le jour, et plusieurs non utilisées seront publiées sur Amnesiac qui sort un an plus tard. Amnesiac est selon moi l'album le plus abouti de Radiohead, pour la simple raison qu'il associe totalement le rock et l'électronique. Là où Kid A était plus un collage (une chanson rock, un morceau expé etc.) Amnesiac associe les deux tout au long de l'album. Il y a plus de guitares et pourtant plus d'éléments électroniques. Radiohead présente son travail de nouvelle manière. Le groupe ne se contente pas de composer désormais les textures, les sons, tout à une importance. C'est ce que vient souligner Morning Bells, titre issu de Kid A et réinterprété sur Amnesiac. L'autre exemple c'est Like Spinning Plates, morceau sur lequel la plupart des pistes sont passées à l'envers. L'enregistrement original pourrait presque être la version live présente sur I might be wrong. Pour finir les citations rock du siècle sont toujours présentes, en témoigne la basse en ouverture de Dollars & Cents qui est empruntée à Lowrider (mais je ne sais plus qui a fait l'original...).
L'album Hail to the thief est sorti en 2003, son titre fait référence à George Bush en détournant le nom de la mélodie jouée pour l'arrivée du président américain Hail to the chief. Les aspects politiques et sociaux entamés sur OK Computer sont ici très développés, en particulier sur la pochette qui est une réussite artistique complète.
Pour ce qui est de la musique, c'est l'album avec lequel j'ai le plus de mal, je ne sais pas pourquoi. Il n'empêche que c'est leur album le plus long donc on ne va pas se plaindre. Radiohead revient vers des contrées plus rock, les guitares reviennent en force, mais Thom Yorke ne supportant plus de voir sa guitare, il s'es met au piano et c'est sur cet album qu'on le retrouve le plus. Je pense que c'est un album qui n'a pas fini de me livrer tous ses mystères, et c'est sans doute celui que je vais le plus écouter parce que je sens que quelque chose m'échappe.

Du temps a passé sous les ponts, Radiohead s'est fait oublier. Et en octobre dernier ils annoncent la sortie de leur nouvel album. Je ne vous refais pas l'histoire, vous la connaissez. Beaucoup téléchargent l'album sans payer, dont moi, dont un vendeur de la Fnac, et quelques milliers d'autres branleurs. Mais finalement grâce à XL, Radiohead sort In Rainbows en CD et comme ça les milliers de branleurs ont mauvaise conscience et achètent le disque. En fait, d'un effet d'annonce, la promotion de Radiohead fut juste un leeking volontaire (mettre l'album en téléchargement illégalement ou non sur les grosses plateformes genre La Mule). En plus d'être un retour fracassant, In Rainbows place Radiohead à la tête d'un mouvement assez étrange qui prône la dématérialisation de la musique et l'abandon des majors. La grande ironie de la dématérialisation se situe dans la pochette de In Rainbows. cette pochette contient : un livret de paroles, le cd dans un carton, et surtout des autocollants. Le mode d'emploi est simple. L'acheteur prend un boitier cd vierge, colle les stickers dessus et obtient la pochette officielle. Ce que Radiohead dit en substance : cher acheteur, la musique tu l'avais déjà sur ton PC, il te suffisait de graver le CD et d'imprimer la pochette sur notre site. Le CD est donc ramené à la simple dimension décorative, et c'est sans doute pour ça que des milliers de branleurs comme moi ont acheté In Rainbows. Pour faire beau. Mais aussi pour écouter All I need, Reckoner et Videotape qui sonnent un retour de Radiohead sur le devant de la scène.



En parlant de scène, si quelqu'un a deux billets pour Radiohead à Paris en juin, mon anniversaire c'est le 2 mars.


J'ai un souci d'images, les illustrations viendront ultérieurement. Inch'over-blog.
par Dirty Epic publié dans : Musique
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Lundi 7 janvier 2008
Afin de me dégourdir les doigts et de clore l'année 2007 (et non pas cloturer), je vous livre ici mon bilan de l'année.
Il ne s'agit pas d'un bilan de vie, mais plutôt un bilan culturel. On va l'appeler bilan Fnac, puisque le C de Fnac ne veut pas dire Culture.

Tenez vous bien, mon top of the potes va vous en mettre plein la vulve !


Meilleurs albums internationaux 2007 :

Underworld-Oblivion-with-Bells-copie-1.jpg1.  Underworld - Oblivion With Bells
Car Underworld a su se renouveler en s'inspirant du passé, un album profond, varié, totalement inattendu (même moi, big fan je n'attendais pas aussi bien)


The-birthday-Massacre---Walking-With-Strangers.jpg2. The Birthday Massacre - Walking With Strangers

Pari difficile que de faire mieux que Violet, et soyons honnêtes, ils n'ont pas fait mieux, la barre était trop haute, mais ils ont fait très bien en lorgnant vers de nouvelles influences (Placebo, Linkin Park) savamment digérées.

Apparat---Walls.jpg3. Apparat - Walls
Parce que les Allemands sont les meilleurs en electro et que cet album ratisse très large, des Cure, des My Bloody Valentine, ou Nathan Fake. Bref, un truc qui sonne 2007 et qui puise ses racines très loin.


4. LCD Soundsystem - Sound Of Silver

Un album encore meilleur que le premier, toujours disco punk, qui sent la transpiration new-yorkaise alors qu'on siffle sous la douche. LE truc pour mettre la patate.

5. Amon Tobin - Foley Room
Parce que même le plus mauvais album de Amon Tobin sera toujours meilleur que 80% de la production actuelle. Il découpe, colle, sample et il a un sens de la construction qui frise le génie grandet.

6. Midnight Juggernauts - Dystopia
Du Daft Punk, mais version rock, c'est vocodé, c'est disco, et même votre soeur peut aimer.

7. Simian Mobile Disco - Attack Decay Sustain Release
Si le monde était parfait, ça serait la pop de la radio.

8. Burial - Untrue
Ca sonne comme l'Angleterre la nuit, et pourtant je ne connais pas l'Angleterre la nuit.
Et il a mis un énorme thank you dans la pochette, et ça c'est beau en ces temps de piratage.

9. Dominik Eulberg - Heimische Gefilde
Parce que c'est de la vraie techno, de la comme on en fait plus, sans parole, sans compresseur, sans fausse guitare, bref, de la nappe et des beats, et une mention spéciale pour le morceau final entièrement fait de cris d'animaux.

10. Chromatics - Night Drive
Un groupe qui fait dans la tristesse 80's, et j'ai beau savoir que je suis en 2007 j'aime bien pleurer comme les wavers des 80's, je suis juste né trop tard, c'est tout.

2007 fut une année exceptionnelle musicalement, un milésime rare, l'équivalent de 2002 ou 1994. (pour ceux qui ne savent pas, prenez les cds que vous aimez, vous verrez que 2002 ou 1994 se trouve dedans). Je cite à la volée les grands de cette année : Nine Inch Nails, Radiohead, VNV Nation, 65 Days Of Static, Unkle, The Field, She Wants Revenge, Machine Head (quel retour !), Digitalism, Arcade Fire et j'arrête là. C'est du namedropping mais ils le méritent.
Et ya ceux qui méritent des claques : Les Chemical Brothers, Bjork (elle les meritent depuis 6 ou 7 ans), Laurent Garnier (un soufflet pour lui), et Air (première fausse note).


Meilleurs albums français 2007 :

Jan-Bess---La-musique-plaisir.jpg1. Jan Bess - La musique plaisir

C'est un album, c'est un morceau, mais quel morceau, je me souviendrai toujours d'une nana qui m'a demandé le mp3 parce qu'elle ne trouvait pas Jan Bess sur la mule.

Scratch-Massive---Time.jpg2. Scratch Massive - Time

Excellent album, entre pop et électronique, souvent triste, mais j'aime la musique triste.


Joakim---Monsters.jpg3. Joakim - Monsters & Silly Songs

J'ai eu du mal à entrer dedans, mais une fois passé le cap je n'en sors plus.



4. Beirut - The Flying Club Cup

Ca sonne comme du Yann Tiersen ou du Sufjan Stevens, c'est frais, balkanique et bohémien. Pour une fois que j'écoute des vrais instruments, je fais attention.

5. Principles Of Geometry - Lazare
Parce que ça ressemble à Board Of Canada et que l'hiver sous les draps, c'est un truc qui fait chaud au coeur.

6. Teenage Bad Girl -Cocotte
Parce que l'un des deux vient de Jarny (54, côté Meuse) et que ce groupe c'est un buldozzer techno, signés sous le label de Vitalic. Pour vous dire le niveau.

7. M83 - Digital Shades
Pour moi le meilleur groupe français actuellement, du Shoegazing (des rockeurs qui regardent leurs baskets pour pas qu'on voit qu'ils pleurent), mais cet album est purement ambient, certains diraient "musique d'ascenseur", moi je dis "descendants de Brian Eno".

8. Chloé - The Waiting Room

Entre rock et electro, comme tous les bons groupes.

9. Justice - †
Pour certains morceaux, mais pas pour D.A.N.C.E. et We are your Friends, qui ont failli pourrir mon été.

10. Punish Yourself - Cult Movie
Je le mets à la fin parce que c'est du gros indus qui tache, mais cet album est plus accessible que le reste de leur discographie.


Meilleurs albums de trucs qui passent en radio en 2007 :

Britney-spears---blackout.jpg1. Britney Spears - Blackout

Souvenez-vous quand on disait : "écoutez le Nelly Furtado ou le Justin Timberlake" vous attendiez de la pop naze et vous aviez du Timbaland non coupé, pur de chez .com. Tout le monde aime Timbaland même mon père. Britney Spears elle n'a pas pris Timbaland (trop cher, trop chiant? ou ne peut-il pas bosser avec à cause de la close 11.7 du contrat avec Timberlake ?), du coup elle a bossé avec Danja un pote de Timbaland. Et Danja c'est le Pepsi de Cocaland.
N'empêche, écoutez Piece Of Me, même au Téléthon tout le monde était debout.

Ciara---The-Evolution.jpg2. Ciara - The Evolution
C'est celle qui danse le mieux actuellement. (oui c'est important maintenant, avec les clips qui sentent les fesses) mais Act Like a Boy et quelques autres morceaux font bouger du boule grave.


3. Fatal Bazooka - T'as Vu

On dira ce qu'on voudra, mais ça fait un an depuis Fous ta Cagoule, et maintenant c'est Parle à Main qui squatte les ondes. Textes drôles, musique mieux produite que du M. Kaporal, pour être conquis, jetez une oreille sur Chienne de Vie.

4. Amy Winehouse - Rehab

J'ai pas écouté tout l'album, mais franchement ce que j'entends à la radio c'est quand même très classe.

5. Feist - The Reminder
C'est bien mais ça vaut pas Cat Power ou CocoRosie, mais celles ci sont trop roots pour passer à la radio.

Depuis quelques années la pop radiophonique a gagné en qualité, on va dire depuis Toxic dont un passage de 15sec sonne comme du Autechre (electro franchement barrée). Maintenant il n'y a plus que 90% des artistes issus des Télé-crochets à virer pour avoir des programmes de qualité. 2007 fut l'année Timbaland (Nelly Furtado, Justin Timberlake, 50Cents, Timbaland lui même) on a dû avoir 10 morceaux en rotation (burp) cette année. Il est temps qu'il se renouvelle. Et mention spéciale à Mika qui a tout bouffé cette année, mais j'ai peur qu'il ne passe pas l'hiver...


Meilleurs films en 2007 :

Sunshine01.jpg1. Sunshine de Danny Boyle
La grosse claque en HDDC, la BO de Underworld, la chaleur des images, l'humanité des personnages, la beauté de la fin. C'est l'Armaggedon des gens de goût, le 2001 de la génération MTV, mais le chef d'oeuvre de 2007.

1-le-scaphandre-et-le-papillon.jpg2. Le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel
Pris de la mise en scène à Cannes, comment faire un film vu de l'oeil d'un homme paralysé. Ca sent l'ennui mais ça transpire la beauté du monde, la vanité aussi, la puissance du langage, le besoin d'autrui, et c'est tellement beau que je me demande si je le mettrais pas en 1.

194.jpg3. Boulevard de la mort de Quentin Tarantino
Parce qu'on voit la cellulite de Rosario Dawson, parce qu'elle a des auréoles sous les bras, et c'est pour ça que les filles n'ont jamais été aussi belles au cinéma. Des cicatrices, des cernes, des mauvaises prises, des vernis écaillés, tout est vrai dans ce film. La violence des filles, la stupidité des hommes et leurs grosses voitures, Quentin Tarantino filme de beaux chassis.

4. Transformers de Michael Bay
C'est du cinéma américain, avec des moyens de fous, des robots qui s'en foutent plein la gueule pendant que des actrices inconnues (mais avec de gros seins) crient au ralenti. C'est une franche poilade et les fans de Spielberg producteur (Gremlins, Jurassic Park, Retour vers le futur) pourront jouer à "trouve les références". J'avais les bras levés au ciné, comme dans les montagnes russes.

5. Planète Terreur de Robert Rodriguez
Le pendant de Boulevard... mais tout est faux, les zombies, le jeu des acteurs, même les poils de cul sur la pellicule puisque c'est du digital. Mais Freddy Rodriguez 1m65 de charisme latino, et Rose McGowan, une amputée sexy qui a rendu 75% de la gente masculine acrotomophile (amoureux des handicaps).

6. 300 de Zack Snyder
Vous prenez un tableau de Delacroix, et vous faites un film. Alors les gens trouvent ça violent, surfait, irréaliste. Mais ça s'appelle le classicisme, avec l'amour des colonnes, des Riace A et B (les plus vieux bronzes grecs). Et c'est sûr que l'exaltation du beau corps, de la guerre et des grands bâtiments ça fait totalitaire. Mais les régimes durs ont toujours eu du goût en art. Et 300 c'est 100 fois mieux que Troie.


Meilleures séries en 2007 :

1. Californication
Revoir David Duchovny en auteur has been vivant sur des acquis qu'il a perdu depuis 5 ans c'est génial. C'est cynique, et pourtant ça finit bien, c'est cul et pourtant plein d'amour, bien écrit et pourtant visuel. gros coup de coeur.

2. Dexter
Parce que Michael C. Hall joue superbement et tient la série à lui seul, parce que c'est très bien filmé aussi. Et le personnage de Lila dans la saison et l'un de mes personnages de fiction préféré depuis longtemps. Une femme fatale, une vraie.

3. Weeds
Parce que c'est drôle et que Conrad est toujours très bien habillé.


Meilleurs livres lus en 2007 :

1. Harry Potter et les Reliques de la mort de JK Rowling
Parce que c'est super dur d'écrire une fin (et je sais de quoi que je cause, pour une fois), et que Harry c'est un poter pour la vie. (saviez-vous que de la version allemande il s'appelle Haribo Ther ?)

2. Desproges, Portrait de Marie-Ange Guillaume
Parce que c'est Desproges et que j'ai découvert l'histoire d'un mec qui n'a pas le permis, pas le bac et qui a installé un interphone dans son bureau pour parler à sa femme.

3. King Kong Theory de Virginie Despentes
Je l'aime bien Virginie, elle est de Nancy. Et elle n'est jamais meilleure que quand elle parle de ce qu'elle a vécu. Essai qui va du viol à l'écriture, comment le viol prend, comment l'écriture donne.

4. Les cantos d'Hypérion de Dan Simmons
De la science fiction tellement lointaine que Hitler était un monarque, et 2001 un film bi-dimensionnel. Les récits de 6 voyageurs qui s'entrecroisent, un vrai dépaysement.

5. L'élégance du Hérisson de Muriel Barbery
Gros succès mais qui a ses défauts, j'aime surtout le "journal du mouvement du monde" écrit par l'adolescente, l'histoire de la concierge est finalement moins intéressante. Mais pour les concierges, tout est dans l'éloge.


Meilleurs textes écrits en 2007 :

1. Real Mouammar d'après deux votants, et c'est vrai qu'il me plait bien.

2. Lettre / Coeur ouvert, d'après quelques personnes mais c'est pas officiel, ils ne sont pas sur les listes.
3. Ségolène fit de la peine, je vote seul, mais c'est celui qui m'a le plus fait rougir en l'écrivant.


Fin de bilan, début de l'année.





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Dimanche 2 décembre 2007
Parce que c'est Didier Super, que c'est violent, facile, mais alors le clip, il est bluffant, je me le suis passé au ralenti histoire d'apprécier chaque perle des dénommés Diane et Nathaniel.

 

par Dirty Epic publié dans : Musique
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Jeudi 15 novembre 2007
Vendredi 2 novembre, j'ai renouvelé mon rêve d'adulte en allant voir The Birthday Massacre en concert à Sarrebruck. Une performance scénique impressionnante, un habillage plus calme, mais toujours un super jeu de lumière, des visages souriants, et un son franchement violent. J'y ai d'ailleurs laissé un bout de tympan...
Grâce à Beams j'ai obtenu un accès aux loges pour une interview en huis-clos avec Chibi(chant), Rainbow (lead guitare), et Falcore (guitare solo).
Petit rappel : J'ai déjà parlé de The Birthday Massacre ici, en disant qu'ils sortaient un nouvel album et que j'allais vous en parler. Pour faire bref, Walking With Strangers est plus bizarrement plus facile d'accès que Violet. Les effets mansoniens donnant une teinte sombre à des morceaux comme Blue ont disparu. Ils explorent l'autre chemin qu'ils avaient commencé avec Violet ou Nevermind, donc plus "hard pop", mais les rythmiques sont bien mieux maîtrisées. Les guitares sont plus en avant, des titres comme Red Stars sont franchement des chars d'assaut, et en live c'est encore plus violent. Album plus varié dans les thématiques, les sons, les rythmiques, les mélodies et même les voix (OE, le nouveau bassiste, prête main forte à Chibi). Une énorme réussite, sachant la difficulté de passer derrière Violet.
Maintenant, pour les curieux, les fans et les gothiques, voici l'interview en intégralité, loin des coupures que j'ai faites à contre-coeur pour tenir sur une page de Beams.


DSCN2447.JPG


  1. Depuis vos débuts votre son est hyper travaillé, reconnaissable. Walking With Strangers est votre premier véritable album, mais il sonne très différent de Violet, qu’est-ce qui a changé depuis les premiers EP ?

Rainbow : Il y a plusieurs différences entre les derniers CD. Nous avons beaucoup appris, surtout en tournée. Nous avons aussi passé du temps à la maison, travaillé sur des remixes, ce qui était une nouvelle expérience. Nous avons eu aussi une période de réflexion, tout cela amène plus de confiance. Et nous jouons beaucoup plus souvent. C’est une évolution naturelle finalement.

Chibi : Nous avons passé plus de temps en studio aussi. Dave Ogilvie notre nouveau producteur (a bossé avec NIN pendant la période Downward Spiral) a beaucoup travaillé pour associer les instruments live et les éléments électroniques.

  1. Vous avez réenregistré 4 chansons pour compléter Violet et le sortir comme un album en Europe, il y a aussi deux nouvelles versions d’anciennes chansons sur Walking With Strangers, pourquoi ?

Rainbow : Pour Walking With Strangers rien n’était prévu, on trouvait juste que To Die For entrait parfaitement dans le ton de l’album. Il y a aussi le fait qu’on explore le thème du passage de l’enfance à l’âge adulte, donc mélanger le passé et le présent va bien dans le contexte. Et la chanson ne bénéficiait pas d’un son idéal, on voulait que ça sonne plus clair. Du coup on peut désormais la présenter de la manière dont on voulait la faire.

Falcore : Pour ce qui est de Remember Me il s’agissait d’une vieille démo avec un très mauvais enregistrement. Avec les nouvelles méthodes d’enregistrement on a pu lui donner une nouvelle vibe, une nouvelle ambiance.

Rainbow : Oui elle est plus disco !

 

  1. Pourriez-vous être amené à continuer ce dépoussiérage ?

Rainbow : Peut-être, si ça a vraiment un sens, si c’est dans le ton de l’album.

 Falcore.jpg
Chibi, ta voix a changé depuis tes débuts au sein de Imagica (première mouture de The Birthday Massacre), as-tu pris des cours ?

Chibi : Je n’ai pas pris de leçons, l’évolution dans ma voix vient de plusieurs choses. On a beaucoup tourné, donc j’ai beaucoup chanté et j’ai fini par trouver comment placer ma voix. Maintenant j’ai gagné en confiance, je suis plus relax. Et j’ai expérimenté pas mal de choses, j’ai travaillé pour changer.

Vous tournez beaucoup, qu’est-ce qui vous plaît autant dans le live ?

Rainbow : C’est un exutoire, un défoulement physique ; mais il y a aussi une part de détente. Et tous les concerts sont différents puisque les publics sont différents.

Chibi : J’aime l’interaction avec le public, il y a une énergie positive, je m’éclate ! Et c’est super de pouvoir jouer nos compos en vrai, le côté performance ; c’est être physiquement DANS la chanson. Et cherche à sonner différemment des albums, d’être plus metal, plus hard.

Falcore : Pour moi c’est différent, je suis perdu dans l’ombre, au bord de la scène. Les gens regarde toujours au centre, c’est la nature humaine. J’ai un jeu de guitare plus technique que Rainbow, j’ai les solos, donc plus de concentration. Je me sens un peu comme Peter Tosh, caché dans la fumée, derrière Bob Marley.

  1. Vous avez remixé plusieurs groupes comme MSI ou Vanity Beach. Avez-vous déjà reçu des propositions de stars de l’Indus comme Marilyn Manson ou Nine Inch Nails ?

Rainbow : On n’a jamais demandé pour les remixes, ça a toujours été des hasards, pour le fun.

Chibi : Mais si un jour une pointure nous demande un remix, pourquoi pas !

 

  1. Quelles sont vos influences, musicales ou autres ?

Chibi : Oh, c’est assez vaste, il y en a des toutes les sortes. On cherche un maximum de contrastes entre les sons et ensuite on combine. On prend dans la pop de notre enfance et pose des textures plus agressives, proches de l’industriel ou du death metal. Le résultat doit tout faire passer sur une seule dimension.

OE.jpg

 Comment définiriez-vous votre style ?

Falcore : Une grosse salade de couilles ! Euh non écris pas ça !

Rainbow : On fait du metal, de la pop, du punk, de l’electro, de l’indus.

Falcore : Mais le résultat ne sonne ni metal, ni pop, ni punk, ni electro, ni indus. Le tout est de trouver un équilibre.

 



  1. Avez-vous une méthode, un secret pour faire le refrain qui tue ?

Chibi : On a une baguette magique !

Rainbow : Et de la poudre de perlinpinpin ! Plus sérieusement, on cherche à faire ce qui sonne juste. On aime créer une dynamique, passer du petit au grand.

Falcore : Oui, c’est une question de contraste, entre le sombre et la couleur.

 

  1. Votre look vestimentaire a évolué aussi, vous semblé plus posés, plus mature, il y a un message que vous voulez faire passer ?

Rainbow : Pour nous c’est naturel, on fait comme on le sent, rien n’est réfléchi.

Falcore : On laisse de la place à la couleur et aux énergies positives.

Chibi : On ne pense pas, on s’éclate.

Rainbow : Mais finalement nos vêtements reflètent plutôt bien notre musique.

 

  1. Quel est votre meilleur souvenir de soirée ?

Chibi : Sans doute le festival Mera Luna en 2005. C’était notre première fois devant un public aussi vaste, il y avait du monde partout, il pleuvait, on n’avait pas l’habitude de ça.

 

  1.  Quel est votre dernier coup de cœur musical ?

Falcore : The Faint, un groupe du Nebraska. Ils ont une manière unique de combiner des synthés du rock prog avec de l’indie-pop.

Chibi : Dragon Force, c’est du speed metal. (ndd : j'aime pas trop)

Rainbow : Pour moi c’est White Rose Movement et aussi The Knife.

 

  1. Quel est votre avis sur le téléchargement illégal ?

Falcore : On ne peut rien faire contre, c’est un fait.

Rainbow : Il n’y a pas vraiment de bien ou de mal, mais ça peut faire mal de ne rien gagner pour son travail.

Chibi : Il faut que les gens comprennent que s’ils paient ils font vivre ceux qu’ils aiment.

Falcore : La faute revient quand même aux majors, qui agissent parfois de manière irresponsable. Ils chargent le public, et finalement c’est toujours les fans qui paient.

 

  1. Comment expliquez-vous votre succès grandissant malgré une quasi absence de marketing ?

Rainbow : Le succès est assez lent et naturel, on laisse faire le bouche à oreille. On voit avec les concerts que les gens connaissent de plus en plus nos chansons.

Falcore : Internet a aussi un grand rôle. Les gens se passent le mot. MySpace nous diffuse partout dans le monde. Toute une communauté est apparue, un petit monde s’est construit autour de nous. Mais finalement on ne s’impose pas, on laisse le public nous trouver.

Chibi : Et on a des refrains qui tuent !

Rainbow-Oen.jpg

par Dirty Epic publié dans : Musique
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Mercredi 10 octobre 2007
Ceci n'est ni un fil rouge, ni une chronique musicale, ni un article où je vais parler comme un vieux (oui je sais ça vous manque).

    Mes groupes préférés, dont 3 ont déjà été cité ici, ont eu en 2007 une actualité brûlante, bourrée de concerts, de sorties d'albums, de remixes, de travaux particuliers, mais surtout de batailles pour leur distribution. Exception faite de The Birthday Massacre qui est un groupe très jeune, les autres groupes sont en totale mutation et je vais vous expliquer pourquoi tout en gardant votre attention parce que ce sujet n'est pas forcément intéressant alors je tacherai de faire des phrases courtes afin d'être le plus bref possible et que la compréhension soit limpide et naturelle comme un ruisseau de montagne coulant doucement au printemps après la fonte des neiges.

        Tout d'abord je ne vais rien vous apprendre en disant que le monde du disque est en crise (d'après les riches) et qu'il faut vraiment changer les systèmes de distribution si l'on ne veut pas que les artistes disparaissent des bacs. Ce discours, c'est celui des majors qui se plaignent que les jeunes téléchargent. Jusqu'ici Pascal Nègre nous a suffisamment fait morale ; et les nouveaux accords avec les Fournisseurs d'Accès Internet font que EMI a ouvert son catalogue aux abonnés qui peuvent télécharger gratuitement tout ce qu'ils veulent (dans UN SEUL style choisi, comme ça les gens sont encore plus catalogués).
      Internet est apparemment le problème de départ, mais en toute logique sera LA solution pour la suite, et je prends pour exemple Underworld, Nine Inch Nails et Radiohead, 3 groupes connus, reconnus, et surtout des maîtres dans leurs styles respectifs.


CAS n°1 : Nine Inch Nails et les majors :
NIN---Year-Zero.jpg
        Trent Reznor, le leader du groupe, se bat depuis x années contre son "distributeur, label, maître" pour avoir une totale indépendance. Reznor avait eu la bonne idée à ses débuts de signer chez Universal, l'appât du gain de toute évidence. Il a très vite regretté son geste puisqu'à peine 2 ans plus tard il sort un single Happiness In Slavery, chanson parlant de la joie d'être esclave, un bout de chair coincé dans une machine déréglée. Le ton est donné, et Trent Reznor ne se prive pas de cracher sa bile contre Universal dans ses interviews et à chaque fois il passe par des mini-procès pour payer des amendes (en fait il rend les sous à Universal). On lui reproche par exemple d'encourager le téléchargement illégal. Mais il ne peut pas se barrer, il a un contrat béton et doit x albums. Il s'arrange alors pour éviter de faire apparaître le nom d'Universal sur ses pochettes, et développe le système des Halos, une numération des sorties de NIN indépédante des numéros des catalogues sans fin d'UMG ; et il met surtout en avant Nothing Records, la subdivision d'Universal qu'il dirige tant bien que mal.

        En début d'année 2007 Reznor prépare la sortie de son nouvel album (avant dernier pour Universal) et décide de se lancer dans la création d'un univers visuel d'un genre nouveau, sans accord de la major. Comme NIN aime les albums conceptuels, il va développer tout un monde, toute une esthétique autour d'un futur totalitaire, la surveillance permanente et la perte des libertés individuelles. Year Zero est plus qu'un album, c'est un univers sale qui s'immice dans les concerts, internet, les t-shirts etc.
        La méthode est assez simple. Avant la sortie du CD, Nine Inch Nails a caché dans ses salles de concert des clés USB contenant une chanson ou un code amenant vers un site internet sur lequel était caché une chanson. Le t-shirt de la tournée cachait la phrase "i am trying to believe" (les lettres en gras-blanc), menant tout droit vers www.iamtryingtobelieve.com, site conçu comme une page pirate présentant des informations interdites. Des sites comme ça il y en a eu beaucoup, et les fans ont peu découvrir 4 chansons avant la sortie. Je vous raconte pas tout, mais pour les plus curieux voici tout le travail fait par Reznor et ses amis pour créer un monde de paranoïa. Le plus intéressant dans l'histoire, ce n'est pas tout ces sites et l'arborescence qui en découle, c'est surtout la guerre qui en a découlé.
         En mars dernier, après que les sites aient vu le jour et avant que l'album sorte, les fans mettaient leurs découvertes sur leurs blogs ou sur des forums ; du coup, 4 chansons de NIN se baladaient partout. Alors la RIAA (Recording Industry Association of America) qui réunit les majors BMG, Universal, Warner... lance une grande chasse aux sorcières. Et du coup certains internautes se retrouvent avec des amendes de 670 dollars ; et c'est là que NIN surgit de nulle part et dévoila le pot aux roses. Les mecs de la RIAA avaient l'air bête pour le coup. Mais Nine Inch Nails ont fait parler d'eux comme jamais auparavant. Et le jeu, car il s'agit d'une fiction, continue, puisque le CD de Year Zero est noir à l'origine, et quand il sort de la platine, il est blanc avec une série de codes qui amènent encore vers un autre site.

        Dans un mois sort Year Zero Remixed, qui sera le dernier album de Nine Inch Nails chez Universal, et donc après ça, Trent Reznor sera 100% indépendant, et vu comme il en a fait baver aux majors avec ses idées hallucinantes, je pense que 2008 augure de bonnes choses pour l'avenir de la musique "différente".


Cas n°2 : Underworld et les lives :

        Underworld étaient depuis longtemps sur un label anglais, V2 Records, un truc assez pop où on trouve de tout. Pas de la major, mais du très gros label généraliste. Et puis un jour, je ne connais pas les termes exacts, je ne sais pas si Underworld est parti ou si V2 les a viré, quoi qu'il en soit ils se sont retrouvé à la rue en 2004 après avoir sorti un best of. Le groupe ne s'est pas démonté, et a commencé à sortir des "mini-albums", les Riverrun Project, qui sont des mp3 de 30min et des photos, payants, uniquement sur underworldlive.com. Ils ont sorti aussi des singles sur Itunes et en vinyle. Tout ça en indépendant mais c'était assez facile. Pour sortir des CD c'est plus compliqué, et du coup ils ont travaillé avec Gabriel Yared (compositeur oscarisé plusieurs fois) pour la BO de Par Effraction (Breaking & Entering) de Anthony Minghella, et hop ça fait déjà un CD. Après ils ont composé la BO de Sunshine de Danny Boyle, mais le CD on l'attend toujours. Ce mois-ci sort un nouvel album, Oblivion With Bells,  dans un esprit franchement nouveau, loin de la house d'avant, mais avec une inspiration et une inventivité bienvenue.

        Et la nouveauté pour Underworld et pour la musique en général a commencé il y a deux an. Pour le concert Electraglide au Japon en 2005, Underworld a sorti le triple CD du concert quelques vingt minutes après le concert. Enregistrement live, gravage, pochette et vente directe. Un succès total vu le prix des rares copies sur Ebay. Du coup, pour leur nouvelle tournée, ils lancent un nouveau style de distribution avec un site spécialisé dans le CD live, LiveHereNow. Underworld va enregistrer 6 concerts en Angleterre et les vendre à partir de ce site. Le pressage se fait à la commande pour ne pas avoir de stocks sur les bras.


Cas n°3 : Radiohead et l'Auto-prod :
raibows.jpg
        Bon ça n'a rien a voir avec les groupes à leurs débuts qui font leurs maquettes. Ici il s'agit aussi moins de l'enregistrement que de la pub et de la distribution. En 2005 le contrat de Radiohead avec EMI prenait fin et le groupe décide de ne pas continuer avec une major pour explorer un nouveau style de diffusion. Tout comme Trent Reznor, Thom Yorke, le leader de Radiohead, considère que le téléchargement n'est pas un fléau et qu'il est favorable à ça pour que le maximum de gens écoute leur musique. Beau discours, mais est-ce vraiment applicable ?

        Radiohead tente une nouvelle expérience aujourd'hui et lance son nouvel album In Rainbows avec une technique particulière. Aucune distribution dans les magasins, le seul lieu où on peut avoir l'album, c'est sur leur site : www.inrainbows.com. Et là, la nouveauté frappe encore : chaque acheteur paie le téléchargement au prix qu'il veut. Pas de prix de départ, ni d'arrivée, mais tous les professionnels du disque voudront savoir quel est le prix moyen fixé par les acheteurs et si la méthode marche. Téléchargement payant, mais loin des plateformes mercantiles d'Itunes.
        Pour les plus traditionnalistes, Radiohead a crée un packaging bien particulier, une box contenant l'album, un CDrom avec photos et album supplémentaire, deux vinyles, et un livre de paroles et illustrations. Un objet fabriqué à la demande et qui coûte 60€, port compris. Cher, mais l'objet est rare.


    Vous savez désormais comment se profile la musique pour 3 groupes qui ont révolutionné la musique populaire des années 90. Trent Reznor a lancé la carrière de Marilyn Manson, Underworld a mené le grand public vers l'electro et la techno, et Radiohead a transformé le rock et l'a
amené vers des sphères expérimentales. A grands groupes grandes aventures.