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Tamard, c'est un bulletin qui fait du bruit, plein de chro-ni queues ni tête.
En fait, il s'agit de repartir moins bête qu'en entrant, mais sans savoir qu'on a appris quelque chose.
Grâce à mon merveilleux travail où je me la coule douce, j'ai une mission très particulière, faire des revues de pressés (il s'agit de revue de
presse très en retard). J'aime bien les revues de presse, je vous l'ai dit il y a un an, mais j'aime quand les autres les font, genre mon amie de Clothilde de France Inter à 8h30, après la
pub des pruneaux d'Agen. Quand c'est à moi de mettre les doigts dans les journaux, j'ai un réflexe de recul. Je suis chargé de découper les articles sur l'art contemporain dans la presse
régionale.
Je déteste les journaux, surtout en quantité. Un pile de journaux me rappellera toujours le dessous de cheminée de mes parents, le
Républicain Lorrain servant à allumer le feu et les barbecues du samedi. Lire UN journal ne me dérange pas, mais manipuler 25 quotidiens a le don de m'exaspérer car il y a une odeur
indéfinissable d'encre et de papier de piètre qualité. Et le plus dur c'est que ça reste sur les doigts, l'odeur et la couleur. Pour plagier honteusement Desproges, quand j'ai des journaux dans
les mains c'est comme si je lisais Sartre, j'ai La Nausée et Les Mains Sales.
Mais ce qui m'ennuie le plus, ce n'est pas de chercher et de découper, c'est là où je dois chercher. La Semaine, le
Républicain Lorrain et heureusement le Lëtzenbuerger Land (hebdo luxembourgeois franchement bien foutu avec de belles photos). Le RL, tous les Lorrains connaissent, tous les
Lorrains ont déjà eu leur photo dedans, pour le goûter des jeunes de Cuvry ou pour le club de pêche de Courcelles, et s'ils n'ont jamais eu leur nom dedans, il suffit de mourir pour l'avoir. 90%
des articles sont sans intérêt, sauf pour les 5 qui sont concernés. Enfin, la presse locale est toujours... locale.
Bref, passons.
Au détour de mes détourages ciseaux, je fus surpris dans un numéro de juin 2007 (je vous ai dit que j'étais en retard !) de voir un jeune tout d'Adidas vêtu,
fouillé vaillamment par deux agents, dont l'un fortement viril. Je me dis : "ça y est, je ne peux plus porter d'Adidas, on va m'arrêter". Pris de panique, je lis l'article.
Si vous n'avez pas cliqué sur l'image, cliquez ailleurs.
Voilà, vous avez bien lu, et si vous êtes comme moi (beau, intelligent, cultivé) vous avez forcément été choqués par les propos tenus par notre chére M-F M.
de Harpich WC (ça détarte !). Reprenons en détail pour une petite analyse d'un article publié par le RL sans accompagnement et titré par un maitre Yoda cruciverbiste.
Notre M-F est très remontée, il semble que son aventure avec la petite délinquance est bien difficile à vivre, mais très vite on apprend qu'elle l'a mauvaise
contre la marée-chaussée. Elle fait référence à l'Union Européenne tellement elle est outrée la Marie-France (qui porte si bien son nom, association de nation et de religion).
Et elle nous dit "automobilistes vaches à lait", genre "les flics, là, vous avez la trouille dans les banlieues chaudes alors vous attaquez les honnêtes
contribuables hein !", ce qui est très constructif, vous en conviendrez (si vous voulez plus d'infos sur l'expression "automobilistes vaches à lait" demandez moi).
M-F nous explique qu'en plein mois de juin des jeunes sauvageons se sont amusés à arroser les passants avec ce que je suppose être un pistolet à eau. Les
jeunes quand ils sont heureux font souvent ce genre de choses, surtout quand il fait chaud. Je l'ai déjà fait, et je ne citerai pas mes accolytes de peur de voir la DGSE embarquer mes amis. Je
rappelle pour contexte que le mois de juin est souvent chaud et célèbre pour ses fêtes (la musique, le cinéma, la saint Jean, les fins d'examens etc.) Donc la jovialité est présente dans les
rues. Si si, vérifiez par vous-même, les jours rallongent, les jupes raccourcissent.
M-F et sa fille se font arroser par les jeunes véhiculés, et M-F l'a mauvaise, pour elle c'est Tolérance Zéro, elle a d'ailleurs un poster de The Rock dans sa chambre depuis que son mari l'a
quittée pour une plus jeune. Elle appelle d'ailleurs les gendarmes pour leur dire en substance "alors au lieu de jouer avec vos co***ries de radars, venez voir un peu protéger les gens d'une eau
qui est sans doute plus propre que de la pluie mais tout de même ou va le monde y a plus de saison etc. etc." Mais les flics ne font rien, respectant l'adage populaire "Les poulets ne sont jamais
là quand on a besoin d'oeufs" (j'avoue je suis fier de celle là).
C'est alors que M-F décide de prendre le cocu par les cornes et s'attaque aux jeunes. Elle les poursuit en voiture et pour rester dans le champ lexical de
l'eau, leur fait une queue de poisson. S'en suit une altercation à la Coxie, les "noms d'oiseaux" évoqués ici doivent sentir la bonne insulte raciste, mais que voulez-vous, pour continuer la
métaphore ovipare, il faut bien séparer les blancs des jeunes.
Après en avoir remis une couche sur les gendarmes elle "ravage tout l'avant de leur voiture". Ayant été un jeune moi-même, M-F aussi (normalement), je sais à
quel point il est difficile d'acquérir sa première voiture et qu'on a tendance à la chérir plus que de raison (lui mettre un béquet, la rabaisser, lui mettre un néon et un subwoofer), et
j'imagine aisément le désappointement du groupe de jeunes qui étaient pour rigoler (et c'était pas du happy slapping ni une tournante de fin d'après-midi, les jeux des jeunes sur TF1). M-F se
fait courser, selon elle c'est Assaut sur le Central 13.
"A aucun moment je n'ai éprouvé la moindre peur", sans doute parce que les jeunes n'étaient pas si menaçants. La pauvre a dû faire des excuses pour ses
propos, et en plus j'imagine la tête de son assureur qui reçoit la plainte des jeunes qui se sont fait "ravager" leur voiture par une multiple marche-arrière.
La cérise sur le gateux, c'est la conclusion, toute en ironie chevaleresque "très heureuse d'avoir voté Sarkozy", qui fleure bon le fénéant de fonctionnaire, puisque
c'est le chef des gendarmes.
C'était un extrait de La petite Délinquance, par le Républicain Lorrain. Et ma cocotte (pour rester dans les oeufs) matine un peu tes réactions
quand quelqu'un joue avec de l'eau, tu joues avec le feu.
J'ai d'abord cru à un poisson (...) d'avril, mais puisque tu dis que c'est un article de juin... Je suis ravie de voir que les Lorrains peuvent être plus réacs que les Deux-Sévriens. Ca me rassure pas vraiment, mais ça me ravit (Shankar). J'aime particulièrement cette photo du gens d'arme conquérant, qui impose le respect, tandis que cet espèce de jeune en survêt, dont on imagine le visage arrogant plaqué contre la tôle (en attendant la taule) de la Modus, donnerait plutôt envie de cracher dessus. Pardon, je m'égare (de l'Est).
Tu es fort ce type d'article. Tu es un peu la Clothilde de Metz.
Mélange de fierté mal placée, d'héroïsme à la mors-moi le noeud (mais pas trop fort) et de racisme latent, la diatribe de Mme Harprich est tout ce qu'il ya de plus vomitif. Sa cible très mal choisie la ridiculise d'autant plus ; j'imagine si quelqu'un venait me pourrir ma caisse juste parce que j'ai voulu déconner avec mes potes et envoyer de l'eau sur les passants, je l'aurais mauvaise aussi... Il est loin le temps où, dans les campagnes justement, l'on savait ne pas confondre "blague potache" et "agression par des jeunes".
Voilà la France dans laquelle on vit, sevrée à coups de JT alarmistes et d'égocentrisme de plus en plus exacerbé. La fraternité de notre chère devise nationale en prend un coup ces temps-ci...
En tous cas je la rejoins sur un point : mais que fait la police pour protéger de pauvres jeunes contre ce genre de folle furieuse qui se rejoue Un justicier dans la ville ?
commentaire n° : 2
posté par :
Jean
(site web)
le: 31/01/2008 21:28:25
Amèle : J'ai ri puis rougis sous les coups de ton compliment, je ne suis pas la clotilde de Metz, j'en suis le Didier Porte, ou le Vincent Roca dans les jours fastes (& furious)
Jean : Oui j'avais les images de Charles Branson et de Clintis Wood dans la tête, mais c'est trop vieux, alors j'ai préféré the Rock... Imagine juste une partie de sonnette où le voisin sort une carabine !
réponse de : Dirty Epic (site web)
le: 01/02/2008 13:24:35
C'est HarpRich, Fred, charant village au demeurant, mais qui compte il est vrai dans ses rangs visiblement des deumeuré(e)s. La petite ville de qq milliers d'âmes était vraisemblablement Morhange, et quand on connaît Morhange et ses fameux quartiers chauds... On se dit que le pistolet à eau n'était surement pas un fusil mitrailleur.
Tu es fort ce type d'article. Tu es un peu la Clothilde de Metz.