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Voilà, le cerf qui ornait les flyers et les pubs de France 3 – Lorraine s’en va doucement mourir au fond des bois, laissant derrière lui une année culturelle chargée
en expositions artistiques et scientifiques, en concerts et en pièces de théâtre. Entre création et remise aux goûts du jour, Luxembourg 2007 a fait un grand écart entre art de qualité et culture
populaire. Bilan d’un an d’exploration de la Grande Région à la recherche du savoir.

Pour son dernier brame, le cerf bleu a décidé de mettre Toute la Lorraine en Scène (8 décembre), histoire de laisser la parole à notre bon Saint Nicolas et surtout pour éviter de finir dans le
saloir du père Fouettard.
Mais d’abord revenons aux origines, la Capitale Européenne de la Culture c’est quoi ? L’idée vient d’une ministre grecque qui voulait unir les citoyens européens autour d’une culture
commune. C’était en 1985, le Jack Lang spirit n’était pas loin. Depuis 2007, il n’y a pas une, mais deux capitales, Luxembourg partage son titre avec Sibiu en Roumanie.
Le but principal n’est pas de financer la culture dans une ville précise, mais plutôt de la diffuser, de l’ouvrir au public, et surtout de faire voyager les Européens pour qu’ils découvrent
d’autres sensibilités, d’autres villes.
Et pour nous, étudiants lorrains, le voyage étant un luxe, Luxembourg 2007 fut l’occasion d’avoir la culture sur le pas de la porte, et les expositions à une heure de train.
BEAMS vous raconte tout ce qui s’est passé et tout ce qu’il reste à voir.
ON/OFF
Symbole du partenariat interrégional et de la réussite artistique, l’exposition ON/OFF a ouvert le bal en associant le Casino Luxembourg, le Saarlandmuseum de Sarrebruck et le
FRAC Lorraine. Pour une première grosse sortie, le cerf bleu s’est invité à Metz et nous a offert des œuvres d’ombres et de lumière. Tout était affaire de sens et d’illusion : les lignes de
lumière d’Anthony McCall ou les miroirs de Steve McQueen ont profondément marqué les visiteurs.
Metz ville frileuse ?
Malgré le succès de ON/OFF, Metz n’a pas poursuivi l’élan de Luxembourg. Le FRAC Lorraine a pourtant fait sa part du travail avec Chemins de Traverses (une
exposition itinérante se déroulant sur toute la région) ou la Nuit de la Vidéo. L’Arsenal a mis en avant les artistes locaux pour Welcome to our neighbourhood,
une autre exposition éclatée sur la Grande Région. Faux Mouvement a accueilli Virtual Residency, et la galerie Raymond Banas présentait début automne Le nouveau
paysage familial, expo photo à vocation sociologique, mais au résultat artistique mitigé. Rien de plus qu’une année ordinaire, finalement.
Patrimoine Lorrain
Même si l’appellation Luxembourg 2007 ne fait référence qu’au Grand Duché, la Grande Région a pu nous dévoiler ses dessous et mettre en valeur son histoire et ses qualités. Ainsi nous avons
redécouvert la Lorraine traditionnelle, avec plusieurs expositions autour du cristal (Baccarat en tête), mais aussi du verre en général, Nancy proposant en cette fin d’année pas moins de trois
expositions sur ce thème.
Le passé
sidérurgique du bassin fut également exploité, et avec intelligence, à l’image des Völklinger Hütte qui accueillent depuis 2003 des expositions, des concerts, des conférences, le tout dans un
écrin industriel classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Nous avons eu droit également à la mise en lumière du U4 (haut-fourneau de Uckange) par Claude Lévêque, véritable
explosion colorée redonnant vie à un non-monument mort. Comme quoi l’art contemporain et le passé peuvent faire bon ménage.
Les étranges surprises
Contredisant l’image d’une culture sclérosée, Luxembourg 2007 a bousculé certaines idées reçues en investissant des lieux impromptus. Les Ni vu ni connu étaient des performances
(concert, théâtre, installations), prévenues quelques heures à l’avance, se déroulant dans un hôtel, un chantier ou une cuisine de restaurant. Il fallait coller au cadre et surprendre. Il y a eu
aussi les OuDJPo, des sets mixés sous contraintes, du style : jouer dans l’ordre chronologique, ou uniquement une année précise… Luxembourg a proposé plus de concerts qu’habituellement, avec
une soirée Warp, les Chemical Brothers, Daft Punk, j’en passe et des pires.
La crème de l’art
Même si l’on peut être déçu par certaines absences d’initiatives, Luxembourg 2007 nous a tout de même offert de grands noms de l’art contemporain. Pour citer les stars : Martin Parr, apôtre
de la photo faussement naïve, mais vraiment corrosive, Wim Delvoye et ses machines à caca, Duane Hanson et ses statues ultra réalistes d’Etasuniens ventripotents, et surtout Sophie Calle mise en
scène par Frank Gehry, point fort de ce Luxembourg 2007, Douleur Exquise, livre devenant exposition.
Le cerf est mort ; maintenant, direction Liverpool ou Stavanger (en Norvège), en attendant la prochaine capitale française en
2013.

Rab de culture :
Il vous reste encore tout le mois de décembre pour briller en société et dire « oui, j’ai fait Luxembourg 2007 ».
A Nancy :
- Daum et l’esthétique des années 50, Musée des Beaux-Arts.
- Transparences, Histoire du verre et du cristal en Lorraine, Musée Lorrain.
- Verrerie Art Nouveau, l’exemple des Frères Müller, Musée de l’Ecole de Nancy
A Luxembourg :
- Wim Delvoye, Cloaca, Casino Luxembourg (cf. BEAMS#2)
- James Nachtwey, Images of war and war of images, Galerie Clairefontaine.
Sarrebruck :
- Picasso, les années 50, Saarlandmuseum.
Au Völklinger Hütte :
- Duane Hanson, Sculptures of the american dream.
Informations sur www.luxembourg2007.org