Lettre / coeur ouvert

Publié le par Dirty Epic

C'était il y a un an. Je me plaignais. Et quand je ne me plaignais pas j'écrivais des chroniqueues ni têtes, usant d'une excuse vieille comme Wilde, disant que l'humour est la politesse du désespoir.  Je déversais beaucoup de misère ici, malgré les rires  que vous en tiriez,  je faisais pleurer mon encre.
Ensuite j'ai fini de regarder Six Feet Under,  et malgré le fait que ce soit un simple programme télévisuel, cette série m'a redonné foi en la vie et tout ce qui va avec.  Seuls ceux qui ont tout vu peuvent me comprendre. Mais là n'est pas la question. Si je mets tant de temps à entrer dans le vif du sujet, si je tourne autour du pot, si je prends tant de détours,  c'est parce que la timidité qui m'habita si longtemps repointe son nez. 

Il y a un an je rencontrais une fille en qui je fondais de minces espoirs, j'avais suffisamment peu vécu pour avoir peur et j'en avais trop pris dans la tronche pour être terrorisé. Elle fondait beaucoup d'espoirs en moi, peut-être trop au début, je tentais de faire bonne figure, essayant de la garder un temps soit peu, histoire de ne pas être seul. j'étais maladroit, parfois même stupide, mais je réapprenais la vie. J'étais assailli de doutes, avec des relents de culpabilité en sus.
Et peu à peu elle s'est dévoilée, j'ai découvert l'insoupsonnable. Une Béatrice, quelqu'un qui rend heureux. Une nuit d'hiver, j'ai rallumé la lumière pour lui dire je t'aime. J'étais obligé de la regarder, comme si je la voyais belle pour la première fois.
Quelques milliers de sms, 6752 heures de MSN, une overdose de téléphone et trois lettres plus tard je suis toujours amoureux d'elle. Ca a l'air d'être une performance mais ça ne l'est pas. C'est naturel, c'est évident. Et il n'y a pas de mauvais chemin pour découvrir de bonnes choses. En seulement quelques mois elle a conquis ma vie, plantant un drapeau au sommet de mon coeur, et moi vainqueur du sien, je me vantais d'avoir trouvé la femme idéale. J'évitais de le crier sur tous les toits, tout de même, de peur de me la faire voler.
Je n'ai qu'une seule phrase en boucle en tête depuis un an, "Putain qu'elle est belle". La vulgarité ne me vient que quand les extrêmes sont atteints, et désormais je suis atteint, extrêmement. J'ai cherché scientifiquement un pourquoi à mon état, mais le coeur a ses raisons etc. vous connaissez l'antanaclase. Finalement je me suis laissé bercer dans les vapeurs ouatées de la béatitude, oubliant le pourquoi, profitant du maintenant.
Béatrice est une fille sensible, elle est de celles qui faisaient rougir les auteurs du XIXe, faite de ces tissus que l'on ne tisse plus, car trop difficiles et trop fragiles. Elle est étrange, obscure sans être triste, d'une infinie gentillesse, avec un sourire qui vous fait dire qu'un jour d'été est franchement moche.
Récemment j'ai entendu que les filles sensibles sont les meilleures, mais que ce sont les plus dures à apprivoiser. Elle pleure souvent. Jamais de tristesse. Ses larmes se mêlent toujours à celles des cieux, s'écrasant doucement sur les vitres de ma voiture, quelques secondes avant qu'elle parte. Même quand elle pleure elle est belle, surtout quand elle pleure. Et son niveau zéro c'est le niveau dix de n'importe quel arc-en-ciel.
Parfois je regrette de lui avoir dit "je t'aime", parce que je me rends compte que je ne peux plus rien dire d'autre, que répéter cette phrase ne fait pas grandir, mais ne fait que durer. Alors je dois m'arranger pour ne rien dire, ou dire mieux. Je suis sans voix mais elle m'inspire.

Si je dois dresser un bilan de mon année, elle est le point le plus positif, et elle est à l'origine de tous les autres. Si je commence un roman sans être misanthropo-dépressif, si j'ai réussi à économlser pour une voiture, si mon taux d'alcoolémie en fin de soirée est proche de zéro c'est grâce à elle. Et ce n'est sans doute pas un hasard si je me trouve plus beau.
Cette lettre ouverte m'a trotté longtemps dans la tête, et j'attendais un moment spécial pour l'écrire ; mais j'ai réalisé aujourd'hui que chaque seconde avec elle est un moment spécial. Jusqu'à maintenant ma vie était faite de parenthèses, désormais c'est une suite de virgules, et je sais qu'un jour, dans quelques 6253 pages, un point final fera son apparition. En attendant, je prends soin de bien écrire chaque ligne, en choisissant mes mots, histoire de profiter. La création fut ma Béatrice.


Publié dans Mes humeurs

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ba 26/12/2007 11:37

merci beaucoup "umama" hihi ton message me touche...tu peux compter sur moi pour garder fred en sécurité dans mon monde et lui apporter tout ce dont il a besoin ;-° je l'AIME je t'AIME ma bulle (msg perso je pense a toi qui est sur la route j'espere que tu seras a tant au travaille bibi a tout vite)et bonnes fetes a tous ceux et celles qui passent par la!!!!!

umama 24/12/2007 19:29

et désolée pour les fautes d'orthographes mais quand je suis émue je rajoute des "e" partout. hum....

umama 24/12/2007 19:17

ça fait vraiment plaisir pour vous 2! J'étais sûre que ça allait venir et c'est tout ce que je te souhaitais ! C'est même mieux qu'un CDI dans le monde de la culture ou 20 cm en plus (de toute façon tu n en a pas besoin avec tes nouvelles ailes :-) ). Merci à la fée Béatrice pour avoir introduit  Fred dans son monde enchantée et pour lui avoir présenté sa bonne copine fée licitée

foss 11/12/2007 20:44

je veux laisser quelques mots mais difficile de les trouver après un si beau texte...fred, j'ai évidemment les larmes aux yeux, c'est vraiment magnique (autant ton texte que votre amour!!)

Ba 04/12/2007 19:52

roohh merci a tous ceux que je connais et ceux que je ne connais pas encore...ca me touche enormément de savoir que fred a des amis sur qui compter merci encore pour nous deux!!!! a bientot