La Rupture Tranquille

Publié le par Dirty Epic

        Ces derniers jours j'ai des relents de lettres sup - sciences po,  des envies de commentaires politiques gratuits,  et ce n'est pas l'actualité hautement primordiale qui va me guérir.  Alors pour la joie des petits et des grands (ou plutôt des riches et des pauvres puisque la société ne nivelle pas par la taille) voici l'édito politique  du Bulletin Tamard.


Résumé rapide de la situation "politique" (et je mets les guillemets avec des pincettes)

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        Le jeudi 4 octobre dernier, tous les syndicats s'unissent pour faire front à Nicolas Sarkozy, le Croque-Mitaine du XXIe siècle, celui qu'on accuse de tous les maux ; même que la grippe aviaire c'est de sa faute vu le nombre de poulets en liberté qu'on croise dans les rues. Préavis posé, les grèvistes et manifestants vont envahir les villes, voler dans les plumes des poulets et montrer aux patrons qui sont les boss dans la cour.
         Tous les commentateurs y vont de leurs sarcasmes, bon mots, ou juste une petite tape dans le dos de Sarkozy. Alain Juppé, qui avait fait les frais en 1995 d'une grève difficile, conseillait à notre estimé chef de l'état d'avoir les reins solides parce qu'un "mouvement social" comme celui-ci pouvait faire des dégats.
        A cette annonce, Nicolas Sarkozy s'enferme dans ses cabinets et réfléchit (les meilleures idées arrivent toujours aux toilettes). Et premier retournement de situation : la France bat les All Blacks à la coupe du monde de Rugby. Notre bien aimé président, amateur de sport et de virilité de vestiaire, sent le vent souffler dans ses cheveux alors il remonte son col dans les tribunes pour ne pas attraper froid.
        Devant la ferveur populaire du Quinze de France, M. Sarkozy se dit qu'il tient la une chance de transformer la haine du peuple en colère en une cérémonie grandiose pleine de Marseillaises et de bleu-blanc-rougeries. Il rêve d'un effet black-blanc-beur, mais continue à broyer du noir. Mais comme un malheur n'arrive jamais seul, la France se fait battre par l'Angleterre juste avant que les grèves ne commencent. Nicolas ne peut même pas botter en touche, et la mêlée populaire risque de se faire violente.
        Jeudi 18 octobre, le jour où la France s'arrêta (pour la 73e fois). Les trains, métro, bus, profs, postes, rien ne marche, tout fout l'camp, ya plus d'saison mon bon monsieur. Le "bras de fer social" comme disent les journalistes en mal d'inspiration commence à se faire sentir et Sarkozy n'est pas taillé comme un Chabal et ne fait pas le poids. Et c'est la qu'il joue le super joker, la carte dans la manche, le hat-trick que même les pires tricheurs n'utilisent plus tellement c'est connu et éculé.
        Comme un mauvais élève ayant "oublié" de faire ses devoirs, le Petit Nicolas évite la sempéternelle : "j'ai pas eu le temps, ma grand-mère est morte", et invente une nouvelle excuse : "j'ai pas eu le temps, je viens de divorcer". Tous les yeux sont rivés sur le couple du monde, et notre pilier national se fait plaquer. Et comme par hasard il annonce ça en plein jeudi noir, alors que le peuple est dans la rue à réclamer la tête de Fillon.
        Vous connaissez la suite, Public ne sort que samedi, Voici dimanche et Closer lundi, les quotidiens peuvent donc prendre une longueur d'avance sur ces magazines importants pour la vie politique française. Du coup la grande presse (Le Monde, Libération, Républicain Lorrain, L'Est Républicain) titre en Une le divorce des Sarkozy. D'ailleurs le Répu a titré sur un 3/4 de page : C'est fait... Quand je vous disais que "ça c'est fait" c'était à la mode.
        Personne n'a osé titrer La rupture tranquille, ce que je me suis empressé de faire.
Mais finalement, je vous pose la question, vous avez vu ? Ou plutôt, vous n'avez pas vu ? les mouvements sociaux ont été relégués en page 4 ou 5, entre la préparation du Quinze de France à sa défaite et la Chine qui râle contre le Dalaï -Lama.

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        Nous ne pouvons souligner que le talent de communication de Nicolas Sarkozy, il a réussi à faire les choux gras avec une nouvelle que tout le monde savait déjà. Technique ultra simple du Buzz adapté à la politique : tout le monde en parle, personne ne confirme et quand ça sort ça se vend super bien même si c'est nul.


PS : Je tiens juste à signaler que dans l'histoire, la personne qui a le plus de force, de caractère et de courage, c'est Cécilia Ciganer-Albeniz, parce qu'elle a osé dire non à une vie facile, et qu'elle refuse le standing de première dame alors que beaucoup seraient prêtes à tout pour être à sa place.


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[aMèLe] 24/10/2007 22:02

Scoop entendu chez Denisot tout à l'heure : Cécilia réclamerait la moitié de la France. Le Petit Nicolas devient donc le premier dépressif du monde à disposer de la bombe. Nous v'la bien. ***J'ai entendu parler d'un mec de Tours qui lançait les journées sans Sarko. Et si on s'y mettait tous ?

La Marseillaise 23/10/2007 19:47

Une nouvelle Lady Diana sur laquelle on peut pleurer, comme c'est exaltant!Il faudrait analyser désormais la notion de "couple" dans la politique (avec l'exemple de Ségo en plus), car comme tu le dis si bien, la politique et l'amour, ça fait "un"!

Alexandre 22/10/2007 23:13

En lisant la fin de ton article, j'adore voir sur la même page "Cécilia" et "Dur à avaler, facile à digérer". Et en plus, maintenant je connais le nom de jeune fille de Cécilia.