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Mercredi 15 août 2007
Longtemps j'ai pensé que les injustices du monde étaient l'apanage des miss pour les comices agricoles concours de beauté. Finalement, j'ai beau être un mec, être en dessous de la taille mannequin et être loin du 90-60-90, ça ne m'empêche pas d'être aussi révolté qu'une Miss et de pointer du doigt ce qui me débecte (sans pour autant m'engager pour faire changer les choses, comme tout bon individualiste post-moderne).
L'histoire que je vais vous relater ici, je l'ai trouvée dans ELLE, magazine de plus en plus féminin et de moins en moins féministe. Mais une fois encore je m'égare, cité grecque.

En juillet dernier, Aynur, une femme d'origine turque âgée de 34 ans a été condamné à 3 mois de prison avec sursis et à 800€ de dommages et intérêts pour "soustraction d'enfants".  Cette dame a vécu du 1er janvier au 4 août 2004 dans un foyer pour femmes battues de l'association S.E.D.I.R.E.. Elle est fautive car elle n'a pas donné l'adresse à son mari qui la battait et qui l'avait envoyé à l'hopital l'année précédente. Vous vous dites que c'est quand même con et que la Turquie c'est bien un pays qu'on doit refuser en Europe. Sauf que c'est en France que ca se passe.
On a une pauvre femme qui se fait tabasser, qui poursuit son mari en justice, mais  celui-ci par en Turquie alors le dossier est classé sans suite. Et quand il rentre en France, Aynur a l'intelligence et le courage de le fuir et d'aller dans un foyer. Mais le bon mari, forcément bon père, porte plainte contre sa femme car elle n'avait pas divulgué sa nouvelle adresse.  Elle était partie avec les 3 enfants bien entendu.
C'est le sort d'une femme battue, battue à plate couture.  Mais cette histoire  m'a étrangement rappelé un propos assez choquant tenu il y a quelques mois par notre président (avant qu'il ne le soit).
Lors du débat télévisuel entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, nous avons assisté à ce dialogue :

Ségolène Royal: Permettez-vous que je termine ? Vous êtes allé récemment dans un foyer de femmes battues et avez promis à toutes les femmes battues étrangères d'avoir des papiers. Aujourd'hui, ces femmes ont-elles eu ces papiers ? Cela vaut-il pour toutes les femmes battues sans papier en France ?

Nicolas Sarkozy: Je vais répondre à la première question. J'étais dans une association remarquable, qui s'appelle « Coeur de Femmes » qui s'occupe de femmes au bout du bout de la détresse. Il y en avait 12 dans la salle. Je connais très bien la dirigeante de cette association avec qui je travaille depuis très longtemps. Je n'en aurais pas parlé si vous ne m'aviez pas interrogé là-dessus. J'ai confiance dans cette femme. Je sais que, quand elle me soumet des dossiers, ce sont des dossiers qui ont été réfléchis et ce sont des situations dramatiques. J'assume. Je tiendrai mes promesses. Cela ne veut pas dire que parce que c’est « Cœur de Femmes », parce que c’est un sujet particulier, que ce sont des femmes poursuivies, violées, battues et que la France que j'imagine est une France généreuse et accueillante.

Ségolène Royal: Très bien. Donc toutes les femmes victimes de violences pourront avoir accès à des papiers en France?

Nicolas Sarkozy: De "Cœur de Femmes".

Ségolène Royal: Vous pensez que la responsabilité de l'Etat est de choisir de façon arbitraire.

Nicolas Sarkozy: Comme vous l'avez dit: au cas par cas.

Ségolène Royal: Il faut des règles. Donc, au cas par cas, toutes les femmes victimes de violences.

En fait ce dialogue m'était resté en travers de la gorge car Nicolas Sarkozy a dit une chose sidérante : "Donc toutes les femmes victimes de violences pourront avoir accès à des papiers en France?" Et monsieur Sarkozy répond : "De Cœur de Femmes." En fait, pour avoir des papiers et être vraiment défendue contre son mari tapeur, il faut être chez Coeur de Femmes. Et aussi pour avoir des papiers il faut se faire taper dessus.

Il n'empêche que les femmes battues ont été au coeur du débat mais dans les actes et dans l'application de la justice, rien ne change.
C'est tellement triste que je suis obligé de finir sur une pointe d'ironie pour remonter le moral des troupes :
l'adage dit : "il faut battre son frère tant qu'il est chaud".
Pas sa soeur.


par Dirty Epic publié dans : Les constats alarmants
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Commentaires

Je me souvenais bien de ce passage du débat télévisuel... Effrayant d'absurdité !
Ton texte est intéressant : les passerelles entre les choses sont bien vues et pertinentes je trouve.
Et l'ironie te va bien ! lol :-)
commentaire n° : 1 posté par : Del le: 16/08/2007 08:26:38
c'est horrible... 

En Alpasyrie, on ne bat les gens que s'ils le demandent. 

Le pire dans cette histoire, mon cher Fred, c'est que tu aies été obligé de t'infliger un numéro du magazine Elle. Et ça, même "Coeurs de Femmes" ne pourra rien y changer.
commentaire n° : 2 posté par : Alpasyr (site web) le: 17/08/2007 15:01:45

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