Deux pieds sur terre

Publié le par Dirty Epic



    Six Feet Under est une série qui traite de la mort pour parler de la vie. Chaque épisode commence par une mort ; la série commence par la mort d'un père qui va obliger ses deux fils à reprendre l'entreprise familiale. Des pompes funèbres. Mais derrière les costumes noirs du deuil se cache l'humour noir des jours tristes. Les 63 épisodes apportent leur lot de peine, de joie, de questions et de doutes, peu de réponses mais beaucoup de vérités. L'histoire de la famille Fisher est d'une banalité déconcertante (c'est banal de mettre l'adjectif « déconcertante » après le mot « banalité »), elle dépeint avec justesse l'ennui quotidien, mais jamais de manière ennuyeuse.
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Les Personnages



Nathaniel Fisher
    Père de 3 enfants, il est directeur de pompes funèbres pour pouvoir aider ses semblables dans les moments les plus difficiles. C'est un personnage primordial alors qu'il ne vivra que les premières minutes de la série. Il aime sa femme et ses enfants, mais à défaut de leur dire, il traîne ce regret, comme tout homme qui veut garder sa fierté en cachant ses sentiments.


Ruth Fisher
    Mère de famille et veuve, elle est l'icône de la femme qui voit son mari mourir et de la mère qui voit ses enfants partir. Sa vie n'est que solitude, ennui, et pourtant elle déborde d'une force qui transforme son entourage. Elle est la mère qui donne la vie, dans la douleur.


Nate Fisher
    Aîné de la famille, il quitte très vite le domicile familial pour s'installer à Seattle, poursuivant le fantôme de Kurt Cobain et du grunge. C'est un amoureux de la vie qui fuit la mort qu'il a côtoyé pendant son enfance, mais il se retrouve obligé de faire face à ses démons, suite à la mort de son père.


David Fisher
    Le petit frère, il est homosexuel mais a du mal à l'assumer, il traîne depuis toujours dans les pompes de son père ce qui fait de lui le nouveau directeur de Fisher & Sons. C'est un grand frustré qui a du mal à profiter de la vie, coincé du cul, mais son ami Keith va l'aider dans ce domaine.


Claire Fisher
    La petite dernière, elle se doute qu'elle est née suite à un accident contraceptif (15 ans d'écart avec David). Elle représente l'adolescente rebelle de base dans toute sa splendeur. Elle se cherche, elle cherche un mec, elle cherche sa voie, elle cherche sa sexualité, bref c'est une grande perdue de la vie. A côté de ses pompes, elle trouvera sa raison de vivre dans l'art, en particulier la photographie.


Federico Diaz
    Sorte de fils adoptif de la famille Fisher, il est le vrai fils spirituel de Nathaniel. Petit latino au cœur d'or, Il est thanatopracteur pour Fisher & Sons ; il embaume la vie puisque c'est le seul jeune à avoir des enfants et une famille unie.


Brenda Chenowith
    A l'origine c'est un coup rapide tiré par Nate dans un aéroport, mais elle sera très vite tirée vers la réalité quand elle se retrouvera à l'hôpital avec Nate (dont elle ne connaît même pas le prénom) pour l'aider face à la mort de son père. Elle est presqu'aussi équilibrée que son frère Billy qui est un psychotique accompli.


Keith Charles
    Le stéréotype de l'homosexuel télévisuel, il est noir, musclé et policier. Pourtant on va découvrir un personnage incroyablement complexe, finalement loin des lieux communs.
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    Le créateur de la série s'appelle Alan Ball, oscarisé pour son scénario d' American Beauty. Comme pour beaucoup de bonnes séries, c'est HBO qui distribue (Les Sopranos, Sex & the City etc.) mais c'est pas là que je veux en venir…
    Six Feet Under est une série qui respire la vie, dans tout ce qu'elle a de plus ennuyeux, triste, dur, simple, vrai et beau. Elle se regarde comme un repas en famille, en évoquant les bons souvenirs et en riant aux éclats un dimanche après-midi.

    Vendredi soir j'ai fini de regarder la 5e saison, je ne pouvais pas m'arrêter, les quatre derniers épisodes m'ont transporté, transformé. Je suis resté jusqu'à 3h du matin scotché devant ma télé. Et finalement les 10 dernières minutes m'ont touché. Profondément. J'ai pleuré toutes les larmes de mon cœur devant tant de beauté. Aucune tristesse, aucun sentiment négatif, j'ai senti la grâce m'envahir, la joie m'entourer. Une joie indéfinissable, juste heureux d'être en vie. Rien de plus. J'étais rempli d'amour, et je voulais dire à tous les gens que je connais que je les aime. Mais avoir le courage de ses sentiments c'est oublier que « je t'aime » reçoit souvent pour réponse « fais-moi penser à racheter du liquide vaisselle »…Jamais un film ou une série ne m'avait fait ça, même Amélie Poulain ne va pas aussi loin dans l'euphorie (pourtant c'est 9.95/10 sur l'échelle du bon sentiment). Mais c'est sans doute parce que la mort en est absente.
    Six Feet Under, c'est comprendre la mort pour comprendre la vie.

Publié dans Cinéma

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