David Lynchage

Publié le par Dirty Epic



    Quand j'ai découvert Mulholland Drive de David Lynch j'ai reçu un choc cinématographique. Et même artistique. Je me souviens encore de cette claque visuelle, cette expérience unique qui a fait que j'ai vu ce film 2 fois au cinéma (seuls Amélie Poulain et Avalon viennent compléter mes doublés). Pour moi ce film se résume à "Comment avoir peur avec un couple de retraités en chemises hawaiennes qui passe sous une porte". Et oui, quand on a pas vécu Mulholland Drive on trouve ça plutôt ridicule.
    L'année dernière je recevais un second choc immense en regardant Lost Highway, toujours de David Lynch. Autre lieu, autre temps ; cette fois j'étais seul devant ma télé, un samedi soir d'hiver, et une peur viscérale me clouait à l'écran. Pas la peur de montagne russe, où on a la trouille tout en sachant qu'on est en sécurité dans des wagonnets homologués par l'Union Européenne, c'était la peur, la vraie, celle qui noue les tripes, qui empêche de réfléchir, la même que celle qu'on ressent quand on va dans une cave sans lumière la nuit. La peur irrationnelle.


 
        Ce film m'a hanté pendant un an, rien que la BO réunissant les plus grands de la scène gothique industrielle : Marilyn Manson, Smashing Pumpkins, Rammstein, Nine Inch Nails... Et le tout nappé par Angelo Badalamenti, l'empereur de la musique qui fait tristement rêver. (Un long Dimanche de Fiançailles, La Cité des enfants perdus...)

        En ce mois de février, j'étais totalement attiré par l'affiche alléchante de Inland Empire. Le dernier Lynch. C'était un peu comme un cadeau surprise que je n'attendais plus. Et la surprise fut de taille, la déception  plus grande encore. J'avais décidé d'emmener ma chère et tendre au cinéma pour qu'elle puisse vivre sa première expérience de cinéma labyrinthique sur grand écran.
        Je l'avais prévénu pour l'hermétisme du cinéaste. Mais Inland Empire est tel que rentrer dedans c'est comme essayer d'ouvrir un bocal de cornichons périmé depuis 1994. D'abord sa longueur, il paraît que plus c'est long, plus c'est bon, mais après 2h52 de DV,  de plans répétitifs, et surtout de pénombre, voire d'écrans noirs, c'est difficile de ne pas tourner de l'oeil. Dès qu'il y avait un peu de lumière j'étais heureux (enfin, disons "moins déçu", tout est relatif).
        En vrac, Inland Empire c'est :


Laura Dern dans un couloir (labyrinthique) sombre.


Laura Dern avec des prostituées. (oh! de la lumière!)


Des rideaux et du rouge (beaucoup de rouge).


Et des lapins, pleins de lapins. (pleins de lampes aussi, on se croirait chez Ikea)

        Après 2h52 de "ah c'est fini! ah non", le film se finit avec un bucheron qui coupe du bois. En résumé ce film est un grand bordel, long, lent, pompeux, fait par et pour David Lynch, et pour tout adepte de masturbation cérébrale qui refuse d'admettre qu'il n'a rien compris au film pour ne pas passer pour un con. (90% des journalistes sont dans ce cas).

        Monsieur Lynch, je sais que vous avez un compte Myspace, si par hasard vous tombez sur ma page (et je sais que vous parlez un peu français), je voudrais vous dire que vous vous êtes grillé tout seul auprès de ma copine, maintenant elle va refuser de voir tous vos chefs d'oeuvre (et je la comprends). Donc fini les films fourre-tout (les passages avec les lapins sont tirés de votre moyen métrage Rabbits, et ça c'est vraiment de la récup' inutile), et surtout, quand on commence à faire de l'autocitation (les lesbiennes, les couloirs sans fin, les lampes) c'est que les idées viennent à manquer. J'espère que Inland Empire est seulement un accident de parcours.

PS : Chers lecteurs, plongez tête baissée dans l'univers troublant de David Lynch, si vous voulez commencer par le plus accessible, essayez Une Histoire Vraie, et pour les plus audacieux, foncez sur Mulholland Drive.

Publié dans Cinéma

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umama 16/12/2007 20:24

Je suis pas allée le voir (pas envie) et  apparament j'ai bien fait! Mais bon David Lynch c'est qd même des films boulversants, dérangeants et fascinants alors on lui pardonne comme on pardonne à Tim Burton d'avoir comis la Planète des singes. L'erreur est humaine et oui, il est humain ! ("je ne suis pas un animal, je suis un être humain").  J'avais pas trop envie de suivre les périgrinations de ce vieux sur son tracteur, mais bon si tu le conseilles j'embarquerais avec lui à l'occasion. (Pour ma part je garde un souvenir marquant du visionnage de Lost highway, je conseille donc l'expérience)

Frédérique 26/11/2007 20:28

Mulholland Drive est le seul que j'ai vu. Il y a quelques semaines, lors de sa diffusion sur Arte, m'avait laissée scotchée à mon fauteuil. J'aime que des films me fassent cet effet-là, il y a eu celui-là et avant l'excellent Dogville. Serai tentée d'en regarder un autre.

Ba 14/06/2007 19:06

lol oh ce film..."dieux du ciel" !!!! no comment a quand un article sur ton superhereos!? hihitu savais toi que ...Superman a une bouille incroyable...