"A l'instar du pou, le coiffeur est un parasite du
cheveu."
Pierre Desproges.
Après moult pressions familiales, et amoureuses aussi, j'ai dû regarder le problème en
face et dans le miroir. Depuis quelques temps mes cheveux ressemblaient à un nid de merles en frites, il fallait faire quelque chose, mon beauf' (qui n'en est pas un) m'avait dit : "Fred,
t'as une tête de Playmobil". C'en était trop. J'ai donc pris mon courage à deux mains et un rendez-vous chez le coiffeur.
Pour la faire courte (et vous vous dites :
"enfin!"), je hais les coiffeurs. Depuis mes 15 ans je suis allé 4 ou 5 fois chez le coiffeur, enfin... chez la coiffeuse. De 15 ans à 19 ans je n'ai pas coupé mes cheveux, j'avais décidé d'avoir
une vraie coupe de rebelle qui écoute du hard-rock enfermé dans sa chambre pendant que sa mère crie : "baisse!". Mais Sepultura berçait mes premiers émois musicaux, alors je me devais d'avoir une
crinière digne de Max Cavalera !

A 19 ans mes cheveux étaient assez longs pour faire une corde (cf. McGuyer, Saison 3 épisode
7) et surtout suffisamment épais et emmêlés pour ne pas être recupérables. J'ai donc fait le choix difficile de tout couper. Car refuser de lâcher ses cheveux c'est comme les enfants au stade
anal qui refusent de faire caca sous prétexte que ça revient à abandonner une partie de soi.
Ensuite pendant 2 ans j'ai trainé mon cuir chevelu chez Mod's Hair, pour arborer une superbe
coupe "beatles style" avec frange sur le côté et mèche sur les oreilles. Et puis au bout d'un moment, une évidence : "je claque de la thune pour quelqu'un qui me pourrit la tête !" Car il faut
savoir une chose : nous sommes nombreux à détester le moment où l'on sort de chez le coiffeur. Ce mec engourmetté qui nous dit "ça vous plait?" et vous, un sourire pincé "oui oui". Mon Dieu comme
la vie paraît longue quand les mèches tombent une à une devant le miroir... Je me trouve moche quand je sors de chez le coiffeur, et mon premier réflexe une fois sorti c'est de secouer mes
cheveux. Effacer toute trace de ce viol capillaire.
Suite à ces
échecs chez les capilliculteurs bio-cosmétitiens, je me suis acheté une paire de ciseaux à 9,90€ et je la donnais à chaque personne qui se sentait le courage de me couper les cheveux. Bien sûr il
n'y eut que des filles, Je remercie donc : Caroline, Hélène, Anne, Clémence, Marlène, Audrey et Cath pour m'avoir couper les cheveux dans une ambiance conviviale qui ne me dégoutait pas à la fin.
Et je remercie aussi Jean de m'avoir rasé la tête avec une tondeuse à barbe, ce fut une expérience unique. Mais les temps changent et toutes les bonnes choses (surtout les bonnes choses) ont
toujours une fin. Plus personne ne voulait s'occuper de ma tignasse.
J'ai dû ne résigner à confier mon scalp à
un artisan coiffeur. Et plutôt que de payer les 25€ et plus chez les célèbres Atmosp'hair, et Diminutif (les coiffeurs ont de l'humour), je me suis rendu au salon de coiffure de mon village
parental. Celui que je ne fréquentais plus depuis 10 ans. Et là, surprise, rien n'avait changé. Le temps s'est arrêté chez "Marie-Jo coiffeuse homme-femme" (non, elle n'est pas hermaphrodite).
Les murs gris, Chérie FM en fond, les produits Studio Line de L'Oréal (vous savez, les tubes blancs avec
des carrés jaunes et bleus volés à Mondrian) et surtout, Marie-Jo et sa robe aux couleurs
passées et aux motifs imprimés rappelant le générique de Sauvés par le
Gong, tout était là pour me rappeler mon enfance coupe à la brosse. Et Marie-Jo avec son prénom d'un
autre temps, arborait toujours sa coiffure de caissière d'Intermarché, vous savez, une espèce de brosse en cheveux éclatés, un peu comme un balais à chiotte. Vous demandez une Stéphanie de 40 ans
dans n'importe quel supermarché, vous verrez de quoi je parle.
Je rigole, je me moque, je conspue, mais en 20 minutes, Marie-Jo m'a coupé les cheveux sans prétention, sans me
faire une coupe qui me ferait péter plus haut que ma raie (à gauche). Et au final, j'ai payé 14€. Donc même si ma coiffeuse artisan local fait son beurre sur les mamies qui veulent leur
permanente et leur Régécolor toutes les semaines, je pense que je vais y retourner, juste pour lutter contre les grandes enseignes qui se croient tout permis et qui cherchent toujours à vous
refourguer ce putain de pot de cire à 16€ qu'on n'utilise jamais !
Tremblez Jean-Louis David et Frank Provost ! Marie-Jo est là et elle pose des bigoudis comme
personne ! Et avec ses tarifs, il va falloir vous arracher les cheveux si vous ne voulez pas en avoir des blancs !
PS : qui a dit que ma conclusion était tirée par les cheveux ?
par Dirty Epic
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Mes humeurs
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