Avec un titre aussi évocateur, tout le monde se dit : le ptit Dirty est malade et se fait
chouchouter. Et bien c'est totalement faux. En fait j'aime bien être malade.
Loin de moi l'idée d'être malade volontairement pour éviter d'aller bosser.
D'ailleurs je n'évite rien, je ne travaille pas avant le 16 avril (après mes délires de damiers, et d'échecs je vais devenir pion dans
un collège, juste retour des choses). En fait ce que j'aime dans la maladie, c'est l'état d'esprit dans lequel on nage des journées
entières. Cette torpeur moite, cette molesse imbécile. Quand on est malade le cerveau fonctionne au ralenti, on en est réduit à vivre comme un animal, oubliant tout élément futile et accordant
seulement de l'importance à son corps. "J'ai faim je me mange", "j'ai le nez qui coule je me mouche". Du coup la
vie paraît beaucoup plus simple devant cette série de causes-conséquences millimétrées.
J'aime cette vie flottante, avec une vue brouillée, un odorat annihilé, un goût qui se limite
au sucré, et surtout un sommeil qui disparaît. Car on est malade on dort mal. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, l'absence de sommeil me procure une joie étrange. J'aime me réveiller à
4h du matin, le nez plein, et être parfaitement réveillé. C'est ce que j'appelle du temps bonus pour lire, écouter de la musique, regarder un film... le tout sous la couette avec un thé bien
sucré ou un chocolat chaud.
Tomber malade c'est ralentir la vie. Prendre le temps de contempler, de se cultiver, se
retrouver dans son petit bonheur individuel, avec le thermostat à fond. Mais il faut juste vider son nez toutes les 5 minutes et éviter de marcher sur des mouchoirs humides.
par Dirty Epic
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