Mardi 19 décembre 2006
Je le sais déjà mais cette semaine une page de ma vie se tourne. Je quitte définitivement le
monde étudiant et stagiaire non rémunéré (pléonasme) pour entrer, non sans réticence, dans celui du chômage du travail. Et je quitte aussi
ma vie de célibataire triste pour devenir un imbécile heureux qui profite du bonheur qu'il a. Bizarrement, dans l'inconscient collectif le mot imbécile
est toujours ponctué par heureux. Est-ce que la tristesse est l'apanage de l'intelligence ?
Désormais les mots love, happiness et sweet ont remplacé les massacre, wrong et autres dark dans les titres de ma playlist du moment. Maintenant j'écoute de la House filtrée avec un mec qui chante
« Toniiiiight you gonna feeeeeel all riiiiight ! ».
On a tous nos défauts, le mien est d'avoir honte d'aimer la guimauve et autres sucreries. Et je vais faire mon coming out : oui j'aime les All Saints et Nelly Furtado, oui j'ai chialé devant Love Actually et Orgueil et Préjugés. Mais le côté obscure est tellement plus facile ; on tombe dedans si facilement… Regardez comme il est dur de marcher dans la rue avec le sourire, surtout sur les bords du canal Saint Martin où sont réunis les SDF de Paris.
Ces trois derniers mois furent riches en émotions pendant que je m'appauvrissais dangereusement. Mon stage était une répétition de gestes, une répétition d'hypocrisie, une répétition de phrases inutiles, faites pour flatter les ego de chacun, suivies de messes basses. Une répétition avant la Première de ma vie qui commence en 2007.
En vrac j'ai vécu : des vernissages insupportables dégoulinants de culture, des trajets quotidiens avec la revue de presse de Clotilde Dumetz, un accident qui a failli me faire tuer une innocente, des applaudissements rassurants à la fin de mes
conférences, des soirées techno désertes ; je fus triste pour une fille qui l'est, j'ai fait des choses inavouables par abus de Beaujolais, j'ai rencontré une femme qui a perdu deux doigts dans
un accident sur la même route que moi quelques jours plus tard, j'ai revu ma LS2, j'ai consolé un cha qui pleurait sur un tapis,
j'ai pleuré dans les bras de mon meilleur ami, je me suis plaint pendant des heures (je salue le courage de A et M²), et j'ai fini par rire dans les bras de mes meilleurs
amis.
J'essaie d'écrire les souvenirs comme ils viennent et en attendant de voir les sous venir, je prends la vie comme elle vient. Même si ce n'est pas encore l'œuf au riz, je me suis levé de bonne heure ; et je suis heureux d'être imbécile.
On a tous nos défauts, le mien est d'avoir honte d'aimer la guimauve et autres sucreries. Et je vais faire mon coming out : oui j'aime les All Saints et Nelly Furtado, oui j'ai chialé devant Love Actually et Orgueil et Préjugés. Mais le côté obscure est tellement plus facile ; on tombe dedans si facilement… Regardez comme il est dur de marcher dans la rue avec le sourire, surtout sur les bords du canal Saint Martin où sont réunis les SDF de Paris.
Ces trois derniers mois furent riches en émotions pendant que je m'appauvrissais dangereusement. Mon stage était une répétition de gestes, une répétition d'hypocrisie, une répétition de phrases inutiles, faites pour flatter les ego de chacun, suivies de messes basses. Une répétition avant la Première de ma vie qui commence en 2007.
En vrac j'ai vécu : des vernissages insupportables dégoulinants de cul
J'essaie d'écrire les souvenirs comme ils viennent et en attendant de voir les sous venir, je prends la vie comme elle vient. Même si ce n'est pas encore l'œuf au riz, je me suis levé de bonne heure ; et je suis heureux d'être imbécile.