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Mardi 27 novembre 2007
        Je n'écris plus, je ne mange plus, je ne dors plus ; en seulement 5 jours ma chère et tendre se pose mille questions quant à sa place au sein du couple. Mais qu'est-ce qui a changé en 5 jours ? Quel malheur incroyable s'est abattu sur ma vie ? Il s'est infiltré, incognito, dans mon quotidien, sans que je ne vois rien, comme un virus.
        Tout a commencé quand ma soeur a récupéré une Gamecube (console Nintendo pour les néophytes).  Ensuite mon beau-frère a eu  la présence d'esprit de lui acheter quelques jeux, parce qu'une console sans jeu,  c'est un peu comme  les blocages d'université, ça fait chier et ça sert à rien.
        Dans les jeux, il y avait Splinter Cell - Chaos Theory.  Je me suis dit "Tiens, j'aime bien les jeux d'infiltration, il y a 10 ans je jouais à Metal Gear Solid".  Pour vous situer un peu, Tomb Raider (le premier) fut le dernier jeu video auquel j'ai joué. Aujourd'hui Lara Croft a les seins qui tombent raider
        En 2005, Amon Tobin, célèbre musicien électronique dont les morceaux illustrent de nombreuses émissions télé (surtout sportives), sort la première bande originale spécialement composée pour un jeu vidéo. 10 variations sur le thème du stress avait-il annoncé. La BO de Chaos Theory m'a souvent procuré des frissons, les derniers en date apparurent durant ma lecture de la fin d'Harry Potter.
        Il fallait bien que j'essaie ce jeu un jour ou l'autre...


        Manette en main, lumière éteinte, je commence à donner vie à Sam Fisher, agent d'infiltration au service d'Echelon 3, une section secrète de la NSA. Sam Fisher c'est le Jack Bauer de l'espionnage, il est baraqué, il a de la barbe et il sait tout faire. En plus il est nyctalope (il a trois yeux verts sur la tête).

     Malgré un sex appeal diamétralement opposé à celui de Lara Croft, le jeu est très addictif, et on se retrouve facilement à regarder sa montre à 4h du matin et se dire "bon allez j'immobilise les deux gardes là et après je vais au lit". Ou pire, obligé d'aller manger parce que maman appelle alors que je suis censé empêcher une 3e guerre mondiale !
    Vous vous en doutez, mon entourage n'a que faire de mes besognes d'espion inflitré en territoire ennemi. Je suis contraint d'agir seul.
    Parfois mes réalités se confondent ; tout à l'heure je me suis brûlé en mangeant trop chaud, ma mère me dit "bois vite !" et je lui ai répondu : "T'inquiètes j'ai sauvegardé avant, et au pire il y a une trousse de soin dans le poste de contrôle".



        Ma moitié cherche à comprendre mon comportement et ne veut pas croire que l'avenir du monde repose sur mes épaules. Pourtant quand elle est là je lui cache tous les signes laissant penser que je suis un agent secret. Je ne sers pas les dents, je ne transpire pas, je n'ai pas de tics nerveux dans les doigts (jouer évite de se ronger les ongles), ni même de pupille dilatée sur un blanc d'oeil rouge sang. Pourtant elle sent. Elle ne veut pas que je devienne un geek dont les doigts sont le prolongement direct d'une manette vibromasseuse.


            Mais je tiens à rassurer mon entourage : je ne suis pas un hardcore gamer (comme on dit chez les djeunz), j'aime juste un jeu. Splinter Cell. Et Splinter Cell - Pandora Tomorrow, et Splinter Cell - Chaos Theory, et Splinter Cell - Double Agent, et Splinter Cell - Convictions qui sort l'année prochaine. Vous voyez, il n'y a pas de quoi s'inquiéter, je suis juste un monomaniaque qui se prend pour un militaire nommé Samuel Poissonnier, c'est pas comme si j'avais 35 fois la même paire de baskets ou une collection de 150 figurines d'un dessin animé qui ne passe plus à la télé ! Non ?

par Dirty Epic publié dans : Mes humeurs
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Jeudi 15 novembre 2007
Une amie récemment promue professeur des écoles - dont je tairais le nom si elle veut garder sa place - m'a donné à lire ce superbe poème (récitation comme on dit chez les jeunes) pour vérifier si elle avait l'esprit vraiment mal tourné ou si ce texte aux rimes suffisantes avait un sens interdit.


Mon arbre à moi
        par Christian Poslaniec

Lorsque je le caresse,
Mon arbre apprivoisé
Se dresse
Sur la pointe des feuilles
Dans le vent.
Alors moi je lui cueille
Un bouquet d'oiseaux blancs
Et il remue la tête
Heureux
En souriant
D'un grand rire d'écorce
Pour me faire la fête.


Ce poème a été trouvé sur un site de ressources pour professeurs, section CP-CE1.
Si un jour je fais réciter ça a mon gosse, je le change d'école.

par Dirty Epic publié dans : La brique à Braque
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Jeudi 15 novembre 2007
Vendredi 2 novembre, j'ai renouvelé mon rêve d'adulte en allant voir The Birthday Massacre en concert à Sarrebruck. Une performance scénique impressionnante, un habillage plus calme, mais toujours un super jeu de lumière, des visages souriants, et un son franchement violent. J'y ai d'ailleurs laissé un bout de tympan...
Grâce à Beams j'ai obtenu un accès aux loges pour une interview en huis-clos avec Chibi(chant), Rainbow (lead guitare), et Falcore (guitare solo).
Petit rappel : J'ai déjà parlé de The Birthday Massacre ici, en disant qu'ils sortaient un nouvel album et que j'allais vous en parler. Pour faire bref, Walking With Strangers est plus bizarrement plus facile d'accès que Violet. Les effets mansoniens donnant une teinte sombre à des morceaux comme Blue ont disparu. Ils explorent l'autre chemin qu'ils avaient commencé avec Violet ou Nevermind, donc plus "hard pop", mais les rythmiques sont bien mieux maîtrisées. Les guitares sont plus en avant, des titres comme Red Stars sont franchement des chars d'assaut, et en live c'est encore plus violent. Album plus varié dans les thématiques, les sons, les rythmiques, les mélodies et même les voix (OE, le nouveau bassiste, prête main forte à Chibi). Une énorme réussite, sachant la difficulté de passer derrière Violet.
Maintenant, pour les curieux, les fans et les gothiques, voici l'interview en intégralité, loin des coupures que j'ai faites à contre-coeur pour tenir sur une page de Beams.


DSCN2447.JPG


  1. Depuis vos débuts votre son est hyper travaillé, reconnaissable. Walking With Strangers est votre premier véritable album, mais il sonne très différent de Violet, qu’est-ce qui a changé depuis les premiers EP ?

Rainbow : Il y a plusieurs différences entre les derniers CD. Nous avons beaucoup appris, surtout en tournée. Nous avons aussi passé du temps à la maison, travaillé sur des remixes, ce qui était une nouvelle expérience. Nous avons eu aussi une période de réflexion, tout cela amène plus de confiance. Et nous jouons beaucoup plus souvent. C’est une évolution naturelle finalement.

Chibi : Nous avons passé plus de temps en studio aussi. Dave Ogilvie notre nouveau producteur (a bossé avec NIN pendant la période Downward Spiral) a beaucoup travaillé pour associer les instruments live et les éléments électroniques.

  1. Vous avez réenregistré 4 chansons pour compléter Violet et le sortir comme un album en Europe, il y a aussi deux nouvelles versions d’anciennes chansons sur Walking With Strangers, pourquoi ?

Rainbow : Pour Walking With Strangers rien n’était prévu, on trouvait juste que To Die For entrait parfaitement dans le ton de l’album. Il y a aussi le fait qu’on explore le thème du passage de l’enfance à l’âge adulte, donc mélanger le passé et le présent va bien dans le contexte. Et la chanson ne bénéficiait pas d’un son idéal, on voulait que ça sonne plus clair. Du coup on peut désormais la présenter de la manière dont on voulait la faire.

Falcore : Pour ce qui est de Remember Me il s’agissait d’une vieille démo avec un très mauvais enregistrement. Avec les nouvelles méthodes d’enregistrement on a pu lui donner une nouvelle vibe, une nouvelle ambiance.

Rainbow : Oui elle est plus disco !

 

  1. Pourriez-vous être amené à continuer ce dépoussiérage ?

Rainbow : Peut-être, si ça a vraiment un sens, si c’est dans le ton de l’album.

 Falcore.jpg
Chibi, ta voix a changé depuis tes débuts au sein de Imagica (première mouture de The Birthday Massacre), as-tu pris des cours ?

Chibi : Je n’ai pas pris de leçons, l’évolution dans ma voix vient de plusieurs choses. On a beaucoup tourné, donc j’ai beaucoup chanté et j’ai fini par trouver comment placer ma voix. Maintenant j’ai gagné en confiance, je suis plus relax. Et j’ai expérimenté pas mal de choses, j’ai travaillé pour changer.

Vous tournez beaucoup, qu’est-ce qui vous plaît autant dans le live ?

Rainbow : C’est un exutoire, un défoulement physique ; mais il y a aussi une part de détente. Et tous les concerts sont différents puisque les publics sont différents.

Chibi : J’aime l’interaction avec le public, il y a une énergie positive, je m’éclate ! Et c’est super de pouvoir jouer nos compos en vrai, le côté performance ; c’est être physiquement DANS la chanson. Et cherche à sonner différemment des albums, d’être plus metal, plus hard.

Falcore : Pour moi c’est différent, je suis perdu dans l’ombre, au bord de la scène. Les gens regarde toujours au centre, c’est la nature humaine. J’ai un jeu de guitare plus technique que Rainbow, j’ai les solos, donc plus de concentration. Je me sens un peu comme Peter Tosh, caché dans la fumée, derrière Bob Marley.

  1. Vous avez remixé plusieurs groupes comme MSI ou Vanity Beach. Avez-vous déjà reçu des propositions de stars de l’Indus comme Marilyn Manson ou Nine Inch Nails ?

Rainbow : On n’a jamais demandé pour les remixes, ça a toujours été des hasards, pour le fun.

Chibi : Mais si un jour une pointure nous demande un remix, pourquoi pas !

 

  1. Quelles sont vos influences, musicales ou autres ?

Chibi : Oh, c’est assez vaste, il y en a des toutes les sortes. On cherche un maximum de contrastes entre les sons et ensuite on combine. On prend dans la pop de notre enfance et pose des textures plus agressives, proches de l’industriel ou du death metal. Le résultat doit tout faire passer sur une seule dimension.

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 Comment définiriez-vous votre style ?

Falcore : Une grosse salade de couilles ! Euh non écris pas ça !

Rainbow : On fait du metal, de la pop, du punk, de l’electro, de l’indus.

Falcore : Mais le résultat ne sonne ni metal, ni pop, ni punk, ni electro, ni indus. Le tout est de trouver un équilibre.

 



  1. Avez-vous une méthode, un secret pour faire le refrain qui tue ?

Chibi : On a une baguette magique !

Rainbow : Et de la poudre de perlinpinpin ! Plus sérieusement, on cherche à faire ce qui sonne juste. On aime créer une dynamique, passer du petit au grand.

Falcore : Oui, c’est une question de contraste, entre le sombre et la couleur.

 

  1. Votre look vestimentaire a évolué aussi, vous semblé plus posés, plus mature, il y a un message que vous voulez faire passer ?

Rainbow : Pour nous c’est naturel, on fait comme on le sent, rien n’est réfléchi.

Falcore : On laisse de la place à la couleur et aux énergies positives.

Chibi : On ne pense pas, on s’éclate.

Rainbow : Mais finalement nos vêtements reflètent plutôt bien notre musique.

 

  1. Quel est votre meilleur souvenir de soirée ?

Chibi : Sans doute le festival Mera Luna en 2005. C’était notre première fois devant un public aussi vaste, il y avait du monde partout, il pleuvait, on n’avait pas l’habitude de ça.

 

  1.  Quel est votre dernier coup de cœur musical ?

Falcore : The Faint, un groupe du Nebraska. Ils ont une manière unique de combiner des synthés du rock prog avec de l’indie-pop.

Chibi : Dragon Force, c’est du speed metal. (ndd : j'aime pas trop)

Rainbow : Pour moi c’est White Rose Movement et aussi The Knife.

 

  1. Quel est votre avis sur le téléchargement illégal ?

Falcore : On ne peut rien faire contre, c’est un fait.

Rainbow : Il n’y a pas vraiment de bien ou de mal, mais ça peut faire mal de ne rien gagner pour son travail.

Chibi : Il faut que les gens comprennent que s’ils paient ils font vivre ceux qu’ils aiment.

Falcore : La faute revient quand même aux majors, qui agissent parfois de manière irresponsable. Ils chargent le public, et finalement c’est toujours les fans qui paient.

 

  1. Comment expliquez-vous votre succès grandissant malgré une quasi absence de marketing ?

Rainbow : Le succès est assez lent et naturel, on laisse faire le bouche à oreille. On voit avec les concerts que les gens connaissent de plus en plus nos chansons.

Falcore : Internet a aussi un grand rôle. Les gens se passent le mot. MySpace nous diffuse partout dans le monde. Toute une communauté est apparue, un petit monde s’est construit autour de nous. Mais finalement on ne s’impose pas, on laisse le public nous trouver.

Chibi : Et on a des refrains qui tuent !

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par Dirty Epic publié dans : Musique
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Mardi 6 novembre 2007
        Il est des moments que l'on ne veut pas vivre. On sait qu'ils n'ont rien d'horrible, que ce n'est pas une épreuve insurmontable. Il y a juste des a priori qui durent depuis des années, même depuis qu'on est né.
        Finalement, tout repose sur le regard des autres, l'oeil inquisiteur, celui qui juge, et qui dit : "Quoi ? Tu es allé voir Holiday On Ice ???"
        Oui je suis allé voir Holiday On Ice. Ce spectacle jouit d'une réputation amplement méritée de stras, paillettes et plumes dans le tutu histoire de réchauffer les membres glacés des spectateurs du premier rang.

holiday-on-ice.jpg
        Mais j'y allais pour faire plaisir à belle-maman et surtout à sa fille. J'avais tout de même une dette envers elle depuis le jour où elle avait supporté 3h de David Lynch en figures imposées, avec le sourire. Je lui devais bien ça. Mais à peine le programme dans les mains je commence à douter. La patineuse en couverture a tout d'une belly danseuse du Cheval Fou, l'érotisme en moins ; et elle pose dans un décor du plus pur style Lorie, mais sans dauphin. Et le camaïeu de rose moutonneux finit de m'achever.
    Par chance, la scène est loin du roccoco-glouglouteux et plus proche du gothico-harrypottesque. Les lumières s'éteignent, le public, malgré un âge avancé est fort dynamique, tout le monde tape des mains à contre-temps. C'est fascinant comme un public français ne sait pas battre la mesure, en Allemagne au moins c'est carré !
        Le spectacle commence simplement avec des costumes sans intérêt mais sobres, et dans une chorégraphie dont la seule difficulté est le nombre de patineurs dans si peu d'espace. Jusqu'ici rien de transcendant. C'est alors qu'apparut une caricature de stéréotype de gitan, tout de rouge vêtu, des breloques en or pour faire voleur viril, un pantalon moulant et des foulards à grelots pour faire plus romantique qu'Emmanuel Moire. Et il s'est mis à jouer du violon en playback. Tout cela commence bien mal... Il est ensuite monté sur la piste pour attirer les oeillades enflammées d'une Esmeralda de supermarché, du coup il a enchainé les poses de machos (sur patins). Premier gadin. Ca continue bien mal...
        Je me force à me concentrer sur les figures, choses assez rares pour être vues en vrai, mon seul spectacle sur glace se limitant à du hockey, mais les Canadiens sans dents ne sont pas très habiles dans les arabesques demandant légéreté et finesse. Les danses se passent, les patineurs tournoient, ça glisse au pays des merveilles. Mais c'est alors qu'Alice (Ouh ouh) pointe son nez dans une robe vichy bien ajustée, elle avait dû faire un régime. Qu'elle était belle Alice dans cet univers fantasmagorique, elle m'entraîne dans le terrier, je virvolte avec elle, le lapin en retard est là, le chapelier toqué aussi, mon âme d'enfant se réveille, je ris quand le lapin glisse et tombe, j'oublie qu'il y a sous le costume un ancien Brian Joubert qui transpire comme un fou pour exécuter des figures avec des patins velus taille 62 aux pieds. Je m'imagine à la table du banquet, la Reine de Coeur arrivant pour me trancher la tête, je suis perdu dans mes divagations disneïques, j'ai des réminiscences de valets de coeur porteurs de hallebardes.
        A peine suis-je rassasié de magie que viennent à mes oreilles une mélodie oubliée. The Magical Mystery Tour des Beatles me rappelle à mes années de lycée, comment ai-je pû oublier ce morceau qui m'a habité tant de temps ! Je me souviens de Jean scratchant Yellow Submarine à mon anniversaire, quel massacre... Et justement, un engin jaune pointe ses phares au bout le patinoire, c'est un bus scolaire, typiquement américain, il ressemble à un accordéon désaccordé. Une maîtresse en descend, encore une caricature d'idée reçue, elle porte un chignon strict et un tailleur riche, il ne lui manque que la cravache de Dominia du Donjon. Mais le chauffeur du bus arrive héroïquement et il arrache ses vêtements. Encore un fantasme... tous les gosses ont déjà rêvé de conduire un bus.
        La maîtressse n'est pas en maillot de bain, mais presque, elle glisse sur l'eau gelée, elle laisse derrière elle des rayures indélébiles, marquant le sol de son passage léger et lisse.

    Je continue de regarder ces patineurs qui nous racontent des histoires sans paroles. Les mots sont absents, ils s'écrivent dans la glace et finissent par fondre. J'ai des étoiles plein les yeux quand les lumières s'agitent, des néons tournent autour de la scène, passant du bleu au rouge dans des dégradés audacieux, mais pas autant que les figures des rockers qui exécutent des portés lancés à 20km/h, Je ris devant un scorpion qui s'emmêle les pattes, je tremble pour un lion qui s'approche bien près du bord.
    J'ai même les larmes aux yeux (bon en vrai j'ai pas pleuré hein) quand un clône de Jude Law (Bienvenue à Gattaca) nous narre sa misère amoureuse. Il est seul, perdu sur un banc, il attend l'amour avec à ses côtés un bouquet de fleurs fanées. Il regarde un couple passer, ils sont rayonnants et glissent sur la surface lisse, pendant que lui, balourd, se hisse sur la glace pour les suivre. Il s'imagine dans les bras de la belle, tournoyant sans fin, la portant dans des postures impossibles, mais tout ce qu'il voit c'est son reflet dans un miroir d'eau figée. Il veut ravir la blonde à son amant, il imite son rival, mais ne l'égale pas puisqu'il est toujours seul, la beauté de la belle rejaillit partout, sauf sur sa personne. Il tente un ultime geste, tendant son bouquet sombre vers celle qu'il désire, mais elle reste de glace, le laissant seul, perdu sur un banc, n'attendant plus rien, avec pour seule compagnie un lampadaire trop faible pour repousser les ténèbres qui l'envahissent ; alors il reste là, dans le froid, s'étiolant dans la nuit, le coeur fané d'avoir trop rêvé.

...

        Ensuite j'ai vu des gobelins, et un prince se battant contre une immonde sorcière, sublime dans une robe métallique rappelant le casque de Sauron. Elle a tant de pouvoir qu'elle finit même par ressusciter des morts, et par une subtilité de mise en scène tout le public fut effrayé de voir des squelettes voler.
         Malheureusement toutes les bonnes choses ont une fin, et pour plaire au public voulant de la surenchère, du mauvais goût et du clinquant (mot d'ancien français désignant le bling-bling) les costumes furent outranciers , guimauves et surchargés.

        Derrière toute cette lumière, ce florilège de couleurs, cette débauche de pyrotechnie, le bouquet final fut celui d'un Jude Law glacé, transis de froid pour un amour impossible, son bouquet final gelant peu à peu. Personne ne l'a vu comme je l'ai vu, puisque personne ne sait qu'Holiday On Ice peut parfois cacher des trésors, et si ce Jude Law des glaces reste seul, c'est à cause des idées fausses qu'on se fait sur lui.


par Dirty Epic publié dans : La brique à Braque
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Lundi 5 novembre 2007

Joakim---Monsters---Silly-songs.jpg
Comme la plupart des albums portant un titre avec un "&", Monsters & Silly Songs offre deux manières d’aborder et d’écouter la musique de Joakim. D’abord il y a les Monsters, 4 tracks venant ponctuer le disque d’accidents sonores et d’expériences ratées. Il y a du monstrueux aussi dans chaque chanson, comme en témoignent les voix d’outre-tombe et les guitares batcave. Tout le lexique du rock gothique 80’s est passé en revue. Joakim ressuscite les vieux Cure, Sonic Youth (Love-me-2) et This Mortal Coil (Palo Alto). Ca c’est pour le côté sombre, ambiance Carpenter.

 

Maintenant pour le côté lumineux on trouve plein de mélodies pianotées sur des synthés vintage, des envolées acides (Drumtrax) et parfois des guitares folk invoquant King Crimson dans leur meilleure période (The Devil With No Tail). Et pour compléter le tout, Joakim s’inspire aussi du disco-punk de LCD Soundsystem pour fédérer les derniers auditeurs indécis.

 

Dit comme ça, Monsters & Silly Songs ressemble à l’album idéal, et c’est là son défaut. A force de toucher à tout et d’étaler son talent sur 16 morceaux, Joakim oublie de donner du liant à son opus et se retrouve avec 10 tubes en puissance qui finissent par s’entre-dévorer comme des monstres. Mais ils restent des monstres gentils, comme ceux des dessins d’enfants, alors gardons notre innocence et écoutons les.

Joakim, Monsters & Silly Songs
(Versatile, 2007)

par Dirty Epic publié dans : Beams
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