Vendredi 2 novembre, j'ai renouvelé mon rêve d'adulte en allant voir The Birthday Massacre en concert à Sarrebruck. Une
performance scénique impressionnante, un habillage plus calme, mais toujours un super jeu de lumière, des visages souriants, et un son franchement violent. J'y ai d'ailleurs laissé un bout de
tympan...
Grâce à Beams j'ai obtenu un accès aux loges pour une interview en huis-clos avec Chibi(chant), Rainbow (lead guitare), et Falcore (guitare solo).
Petit rappel : J'ai déjà parlé de The Birthday Massacre ici, en disant qu'ils sortaient un nouvel album et
que j'allais vous en parler. Pour faire bref, Walking With Strangers est plus bizarrement plus facile d'accès que Violet. Les effets mansoniens donnant une teinte sombre à des morceaux comme Blue ont disparu. Ils explorent l'autre chemin qu'ils avaient commencé
avec Violet ou Nevermind, donc plus "hard pop", mais les rythmiques sont bien mieux maîtrisées. Les guitares sont plus en avant, des titres comme Red Stars sont
franchement des chars d'assaut, et en live c'est encore plus violent. Album plus varié dans les thématiques, les sons, les rythmiques, les mélodies et même les voix (OE, le nouveau bassiste, prête
main forte à Chibi). Une énorme réussite, sachant la difficulté de passer derrière Violet.
Maintenant, pour les curieux, les fans et les gothiques, voici l'interview en intégralité, loin des coupures que j'ai faites à contre-coeur pour tenir sur une page de Beams.
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Depuis vos débuts votre son est hyper travaillé, reconnaissable. Walking With
Strangers est votre premier véritable album, mais il sonne très différent
de Violet, qu’est-ce qui a changé depuis les
premiers EP ?
Rainbow : Il y a plusieurs différences
entre les derniers CD. Nous avons beaucoup appris, surtout en tournée. Nous avons aussi passé du temps à la maison, travaillé sur des remixes, ce qui était une nouvelle expérience. Nous avons eu
aussi une période de réflexion, tout cela amène plus de confiance. Et nous jouons beaucoup plus souvent. C’est une évolution naturelle finalement.
Chibi : Nous avons passé plus de temps en
studio aussi. Dave Ogilvie notre nouveau producteur (a bossé avec NIN pendant la période Downward Spiral) a beaucoup travaillé pour associer les instruments
live et les éléments électroniques.
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Vous avez réenregistré 4 chansons pour compléter Violet et le sortir
comme un album en Europe, il y a aussi deux nouvelles versions d’anciennes chansons sur Walking With Strangers, pourquoi ?
Rainbow : Pour Walking With Strangers rien n’était prévu, on trouvait juste que To Die For entrait parfaitement dans le ton de l’album. Il y a aussi le fait
qu’on explore le thème du passage de l’enfance à l’âge adulte, donc mélanger le passé et le présent va bien dans le contexte. Et la chanson ne bénéficiait pas d’un son idéal, on voulait que ça
sonne plus clair. Du coup on peut désormais la présenter de la manière dont on voulait la faire.
Falcore : Pour ce qui est de Remember Me il s’agissait d’une vieille démo avec un très mauvais enregistrement. Avec les nouvelles méthodes d’enregistrement on a pu lui donner une nouvelle vibe, une nouvelle
ambiance.
Rainbow : Oui elle est plus
disco !
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Pourriez-vous être amené à continuer ce dépoussiérage ?
Rainbow : Peut-être, si ça a vraiment un
sens, si c’est dans le ton de l’album.

Chibi, ta voix a changé depuis tes débuts au sein de Imagica (première mouture de The Birthday Massacre), as-tu pris des cours ?
Chibi : Je n’ai pas pris de leçons,
l’évolution dans ma voix vient de plusieurs choses. On a beaucoup tourné, donc j’ai beaucoup chanté et j’ai fini par trouver comment placer ma voix. Maintenant j’ai gagné en confiance, je suis
plus relax. Et j’ai expérimenté pas mal de choses, j’ai travaillé pour changer.
Vous tournez beaucoup, qu’est-ce qui vous plaît autant dans le live ?
Rainbow : C’est un exutoire, un
défoulement physique ; mais il y a aussi une part de détente. Et tous les concerts sont différents puisque les publics sont différents.
Chibi : J’aime l’interaction avec le
public, il y a une énergie positive, je m’éclate ! Et c’est super de pouvoir jouer nos compos en vrai, le côté performance ; c’est être physiquement DANS la chanson. Et cherche à sonner
différemment des albums, d’être plus metal, plus hard.
Falcore : Pour moi c’est différent, je
suis perdu dans l’ombre, au bord de la scène. Les gens regarde toujours au centre, c’est la nature humaine. J’ai un jeu de guitare plus technique que Rainbow, j’ai les solos, donc plus de
concentration. Je me sens un peu comme Peter Tosh, caché dans la fumée, derrière Bob Marley.
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Vous avez remixé plusieurs groupes comme MSI ou Vanity Beach. Avez-vous déjà reçu des propositions de
stars de l’Indus comme Marilyn Manson ou Nine Inch Nails ?
Rainbow : On n’a jamais demandé pour les
remixes, ça a toujours été des hasards, pour le fun.
Chibi : Mais si un jour une pointure nous
demande un remix, pourquoi pas !
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Quelles sont vos influences, musicales ou autres ?
Chibi : Oh, c’est assez vaste, il y en a
des toutes les sortes. On cherche un maximum de contrastes entre les sons et ensuite on combine. On prend dans la pop de notre enfance et pose des textures plus agressives, proches de
l’industriel ou du death metal. Le résultat doit tout faire passer sur une seule dimension.
Comment
définiriez-vous votre style ?
Falcore : Une grosse salade de couilles ! Euh non écris pas ça !
Rainbow : On fait du metal, de la pop, du
punk, de l’electro, de l’indus.
Falcore : Mais le résultat ne sonne ni
metal, ni pop, ni punk, ni electro, ni indus. Le tout est de trouver un équilibre.
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Avez-vous une méthode, un secret pour faire le refrain qui tue ?
Chibi : On a une baguette
magique !
Rainbow : Et de la poudre de perlinpinpin ! Plus sérieusement, on cherche à faire ce qui sonne juste. On aime créer une dynamique, passer du petit au grand.
Falcore : Oui, c’est une question de
contraste, entre le sombre et la couleur.
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Votre look vestimentaire a évolué aussi, vous semblé plus posés, plus mature, il y a un message que
vous voulez faire passer ?
Rainbow : Pour nous c’est naturel, on
fait comme on le sent, rien n’est réfléchi.
Falcore : On laisse de la place à la
couleur et aux énergies positives.
Chibi : On ne pense pas, on
s’éclate.
Rainbow : Mais finalement nos vêtements
reflètent plutôt bien notre musique.
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Quel est votre meilleur souvenir de soirée ?
Chibi : Sans doute le festival Mera Luna
en 2005. C’était notre première fois devant un public aussi vaste, il y avait du monde partout, il pleuvait, on n’avait pas l’habitude de ça.
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Quel est votre dernier coup de
cœur musical ?
Falcore : The Faint, un groupe du Nebraska. Ils ont une manière unique de combiner des synthés du rock prog avec de
l’indie-pop.
Chibi : Dragon Force, c’est du speed metal. (ndd : j'aime pas trop)
Rainbow : Pour moi c’est White Rose Movement et aussi The Knife.
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Quel est votre avis sur le téléchargement illégal ?
Falcore : On ne peut rien faire contre,
c’est un fait.
Rainbow : Il n’y a pas vraiment de bien
ou de mal, mais ça peut faire mal de ne rien gagner pour son travail.
Chibi : Il faut que les gens comprennent
que s’ils paient ils font vivre ceux qu’ils aiment.
Falcore : La faute revient quand même aux
majors, qui agissent parfois de manière irresponsable. Ils chargent le public, et finalement c’est toujours les fans qui paient.
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Comment expliquez-vous votre succès grandissant malgré une quasi absence de
marketing ?
Rainbow : Le succès est assez lent et
naturel, on laisse faire le bouche à oreille. On voit avec les concerts que les gens connaissent de plus en plus nos chansons.
Falcore : Internet a aussi un grand rôle. Les gens se passent le mot. MySpace nous diffuse partout dans le monde. Toute une communauté est apparue, un petit monde s’est construit autour de nous.
Mais finalement on ne s’impose pas, on laisse le public nous trouver.
Chibi : Et on a des refrains qui tuent !
