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Mercredi 9 janvier 2008
La mode ? Comment vous dire à quel point je me fous de la mode ? Tenez, voilà : la mode occupe à peu près autant d'importance dans mon existence que le trombone que j'ai senti tout à l'heure par hasard en enfonçant la main dans la poche de mon pantalon, voyez ? Les mots me manquent pour vous dire à quel point je me fous, me contrefous de ce trombone, égaré là entre une pochette d'allumettes et la monnaie du boulanger. Enfin, je veux dire, ce trombone m'est égal, au-delà de toute expression, ce trombone est l'objet le moins extraordinaire que j'aie jamais rencontré. Tenez, à l'heure où je vous parle, si ce trombone n'était pas dans ma poche, son absence ne pèserait pas plus sur mon comportement actuel devant vous que la mort de Julio Iglesias ne pèserait sur la politique extérieure de la Corée du Nord.
Eh bien, il en est pour moi de la mode comme de ce trombone. L'un comme l'autre occupent dans ma pensée la place exacte qu'occupe le théâtre d'Audiberti dans la pensée de Marcel Cerdan junior.
Mais alors, direz-vous, pourquoi cet imbécile nous boursoufle-t-il le cortex avec un sujet qui le préoccupe encore moins que nous ? Pourquoi, au lieu de nous parler de fringues, ne nous parle-t-il pas plutôt d'amour, comme il le fait si bien ? D'autant que pour bien le pratiquer, l'amour, la première chose n'est-elle pas de se débarasser de ses fringues ?
Certes, j'eusse pu. J'eusse pu, mais si j'évoque ici le falbala, c'est pas du tout par hasard. C'est à la suite des déclarations scandaleuses d'un de ces maîtres du chiffon pompeux, cet arrogantissime coutirier transalpin... Comment s'appelle-t-il ? Pietro Saltani. Mais si, vous connaissez que lui, cette virevoltante sommité milanaise, indécente d'exubérance, et plus gesticulante qu'un chihuahua cocaïnomane... Eh bien, cet imbécile a osé déclarer l'autre jour dans un journal soi-disant féminin, deux points, ouvrez les guillemets, avec des pincettes, il a dit : " Le couturier n'a pas à tenir compte des formes du corps de la femme, c'est au corps de la femme de s'abaisser à l'art du couturier. " Incroyable ! je veux bien fermer les guillemets, mais pas ma gueule.
Est-il Dieu possible, en pleine mouvance des droits de la femme, que des bougresses se plient encore aux ordres fascisants d'une espèce de Ubu prostatique de la mode, qui, au lieu de crever de honte dans son anachronisme, continue de leur imposer le carcan chiffoneur de ses fantasmes les plus étriqués, et cela, jusqu'au fin fond populaire de nos plus mornes Prisunic ?
Je t'en prie, ma femme, ma soeur, mon amour, mets ton jean, ou reste nue, mais ne marche pas dans la mode, ça porte malheur.


        Rien de tel qu'un peu de Pierre Desproges pour commencer l'année ; vous croyiez que cette prose était de moi ? (oui je sais Amèle tu peux baisser la main) Ah joyeux innocents que vous êtes, votre ignorance est un compliment pour moi.
        La mode... voilà un grand sujet. Moi qui est suivi avec attention les aventures de Top Model et qui ai célébré la victoire de Karen en me lavant la tête au Jacques Dessange (c'est la nouvelle égérie), je me suis surpris à dire plein de choses intelligentes en aimessainant avec le Chancelier d'Alpasyrie. La mode, vaste sujet... Si tout est cyclique, comme dans la musique, on va vers un paradoxe temporel.
        Explication : Les années 70, puis les années 80, puis les 90's, puis bizarrement un retour du pantalon Pat' def' (tirant son nom d'un hippie nommé Patrick qui a franchement abusé sur le chanvre), puis un retour des 80's (avec les cols de blousons en élastique machin truc) actuellement on revient vers les 90's avec les couleurs flashies sorties du générique de Sauvés par le gong (cf. Yelle et les putafranges et leurs leggings verts). La suite serait donc le retour de Pat' encore plus défoncé qu'avant ? Mais on entrerait dans une spirale infernale (Mystic diraient les fans de Daria).

        La mode d'aujourd'hui est à la Tecktonik®©™ (quand Fun Radio sort une compil avec de la tecktonik®©™ ils sont obligés de changer de nom, dire Mondotek, ou danse electro, halala j'en ris encore). Donc la Tecktonik®©™ oui, en fait les jeunes qui se réclament de cette mode ont des logos et des symboles bien précis pour se reconnaître. Bien sûr une polémique très sérieuse tourne autour des symboles utilisés, en particulier l'aigle impérial (mais bon ça pourrait être Napoléon), ou certains flyers.
      tecktonik.jpg
Tektonik-flyer-copie-1.jpg




 













        Cette semaine j'ai dû prendre un élève à part pour lui dire : "non je n'ai rien contre la tecktonik®©™ mais porter un brassard noir avec un aigle impérial dessus, tu verras dans ton livre d'Histoire de 3e qu'on n'est jamais très loin des bruits de bottes." (surtout que la musique originelle de la tecktonik®©™ est le gabber, venu de Hollande, mélodie des hooligans bas du front et pensant droite). Il m'a répondu : "oui je sais pour cette histoire, mais nous on n'est pas comme ça, on est raciste contre les racistes". (comme je vous disais c'est beau l'innocence)

      C'est là que je me suis mis à penser à la mode et à l'uniforme. L'uniforme étant l'inverse exacte de la mode puisqu'elle prône la différence et l'exentricité.

        Petit retour en arrière. Mai 68 sonne le glas des uniformes dans les écoles et nos parents découvrent la joie de la mode Hippie, on porte fleurs et couleurs bariolées. Très vite les tailles hautes et les pantalons moulants de Travolta et de nos pères remplacent les pyjamas trop larges. On danse le disco dans le Lycra. Les logos et signes de reconnaissances sont la fleur, le Peace & Love, le Smiley.
        A la fin des 70's, premier choc pétrolier, on doute de l'avenir et les punks débarquent avec leurs jeans trop grands, troués, leurs cuirs de loubards, leurs chaines, et surtout leur position "no logo". La croix gammée cotoient les outils de M. Bricommuniste, aucun message de paix, mais un pessimisme économique, politique et social violent. On reconnaît le punk parce que son style est agressif.
        Avec les années 80 on observe un gloubiboulga intéressant. Le punk survit dans les jean's troués et les coiffures, mais le pessimisme passe dans la mouvance gothique/new wave qui joue sur des camaieux de noir, allant peu à peu vers l'uniforme et l'absence totale de logo. Pour les femmes bien habillées c'est tailleur avec épaulettes rappelant également un côté militaire.
      Heureusement Le Summer Of Love des 90's apporte une nouvelle fraicheur, on écoute Thierry Hazard et Corona, c'est la fête, on s'habille avec des couleurs qui obligent à avoir une lessive vraiment douce, et on célébre le grand retour des logos : le singe Waikiki, le crocodile Best Montana, les sigles Nike en géant sur les t-shirts (et le smiley aussi). On montre le logo pour montrer qu'on a de l'argent. C'est là que les marques prennent vraiment leur envol.

Skater.jpg        Et puis un beau jour, voulant contrer la mode, les jeunes se sont marginalisés. Pour être vraiment rebelle il a fallu choisir son camp. Ces camps n'ont pas changé depuis 2000, on a les skaters, les gothiques, les arènebieux, les roots, et les "fashions" (bizarrement les fashions ont une mode bien à eux comme je vais l'expliquer). Les skaters sont très proches des teuffeurs, Globe / Osiris / Vans aux pieds, baggy, veste militaire, casquette Volcom. Dans un refus de la mode, les skaters / teuffeurs ont créé leur propre uniforme, empruntant d'ailleurs beaucoup au militariat.
        Les gothiques ont mutés en emos, sorte d'hybride sombre associant Hello Kitty et tête de mort, abusant du damier et des brassards roses pour cacher les scarifications.
Parenthèse humoristique : vous savez pourquoi il n'y a plus d'emos dans la rue ?
ils se sont tous suicidés.
        Les roots se réclament des hippies, écoutant du reggae parce que c'est proche de la nature, mais j'aimerais bien savoir qui fabrique les fringues en chanvre toujours trop grands parce qu'ils coûtent vraiment chers. Derrière leur idéal "loin de la société de consommation" ils sont réconnaissables au premier coup d'oeil dans n'importe quelle manifestation.
        Les arènebieux sont proches des fashions, Ils ont des chaussures vernies à bout pointu et à scratch du plus mauvais goût. Ils ont toujours des vêtements qui mettent en valeur leur corps, même si leur corps est loin d'avoir de la valeur. pour les filles comme pour les garçons, les habits semblent trop petits, à l'image des doudounes à capuche moumoute qui inflingent des rhumes de piercing aux pauvres fans de Vitaa.
(mon dieu comme je suis méchant)

        Même les gens qui ne se rentrent dans aucune de ces cases finissent dans la case catalogue Celio / Jules. (et un peu H&M aussi). Et ils sont pointés du doigt et désignés comme moutons par tous ceux précédemment cités, en particulier les skaters et les roots, qui malgré leur esprit libertaire sont sans doute les moins tolérants.
        Je me souviens d'un jour où j'ai croisé un teuffeur bien comme il faut, casquette à pic et parka de chasseur qui m'a dit "fashion" en me détaillant de la tête aux pieds. Il ignorait que je m'interdisais le port de la casquette parce que je bossais et que j'avais fait plus de free party que son chien.
        Mais que voulez-vous, on finit toujours par quitter son déguisement d'adolescent. Et je prie pour que cesse l'embrigadement et le cloisonnement entre les groupes urbain-ethniques. Et qu'on ne passe pas par l'uniforme pour en arriver là.


par Dirty Epic publié dans : Mes humeurs
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Lundi 7 janvier 2008
Afin de me dégourdir les doigts et de clore l'année 2007 (et non pas cloturer), je vous livre ici mon bilan de l'année.
Il ne s'agit pas d'un bilan de vie, mais plutôt un bilan culturel. On va l'appeler bilan Fnac, puisque le C de Fnac ne veut pas dire Culture.

Tenez vous bien, mon top of the potes va vous en mettre plein la vulve !


Meilleurs albums internationaux 2007 :

Underworld-Oblivion-with-Bells-copie-1.jpg1.  Underworld - Oblivion With Bells
Car Underworld a su se renouveler en s'inspirant du passé, un album profond, varié, totalement inattendu (même moi, big fan je n'attendais pas aussi bien)


The-birthday-Massacre---Walking-With-Strangers.jpg2. The Birthday Massacre - Walking With Strangers

Pari difficile que de faire mieux que Violet, et soyons honnêtes, ils n'ont pas fait mieux, la barre était trop haute, mais ils ont fait très bien en lorgnant vers de nouvelles influences (Placebo, Linkin Park) savamment digérées.

Apparat---Walls.jpg3. Apparat - Walls
Parce que les Allemands sont les meilleurs en electro et que cet album ratisse très large, des Cure, des My Bloody Valentine, ou Nathan Fake. Bref, un truc qui sonne 2007 et qui puise ses racines très loin.


4. LCD Soundsystem - Sound Of Silver

Un album encore meilleur que le premier, toujours disco punk, qui sent la transpiration new-yorkaise alors qu'on siffle sous la douche. LE truc pour mettre la patate.

5. Amon Tobin - Foley Room
Parce que même le plus mauvais album de Amon Tobin sera toujours meilleur que 80% de la production actuelle. Il découpe, colle, sample et il a un sens de la construction qui frise le génie grandet.

6. Midnight Juggernauts - Dystopia
Du Daft Punk, mais version rock, c'est vocodé, c'est disco, et même votre soeur peut aimer.

7. Simian Mobile Disco - Attack Decay Sustain Release
Si le monde était parfait, ça serait la pop de la radio.

8. Burial - Untrue
Ca sonne comme l'Angleterre la nuit, et pourtant je ne connais pas l'Angleterre la nuit.
Et il a mis un énorme thank you dans la pochette, et ça c'est beau en ces temps de piratage.

9. Dominik Eulberg - Heimische Gefilde
Parce que c'est de la vraie techno, de la comme on en fait plus, sans parole, sans compresseur, sans fausse guitare, bref, de la nappe et des beats, et une mention spéciale pour le morceau final entièrement fait de cris d'animaux.

10. Chromatics - Night Drive
Un groupe qui fait dans la tristesse 80's, et j'ai beau savoir que je suis en 2007 j'aime bien pleurer comme les wavers des 80's, je suis juste né trop tard, c'est tout.

2007 fut une année exceptionnelle musicalement, un milésime rare, l'équivalent de 2002 ou 1994. (pour ceux qui ne savent pas, prenez les cds que vous aimez, vous verrez que 2002 ou 1994 se trouve dedans). Je cite à la volée les grands de cette année : Nine Inch Nails, Radiohead, VNV Nation, 65 Days Of Static, Unkle, The Field, She Wants Revenge, Machine Head (quel retour !), Digitalism, Arcade Fire et j'arrête là. C'est du namedropping mais ils le méritent.
Et ya ceux qui méritent des claques : Les Chemical Brothers, Bjork (elle les meritent depuis 6 ou 7 ans), Laurent Garnier (un soufflet pour lui), et Air (première fausse note).


Meilleurs albums français 2007 :

Jan-Bess---La-musique-plaisir.jpg1. Jan Bess - La musique plaisir

C'est un album, c'est un morceau, mais quel morceau, je me souviendrai toujours d'une nana qui m'a demandé le mp3 parce qu'elle ne trouvait pas Jan Bess sur la mule.

Scratch-Massive---Time.jpg2. Scratch Massive - Time

Excellent album, entre pop et électronique, souvent triste, mais j'aime la musique triste.


Joakim---Monsters.jpg3. Joakim - Monsters & Silly Songs

J'ai eu du mal à entrer dedans, mais une fois passé le cap je n'en sors plus.



4. Beirut - The Flying Club Cup

Ca sonne comme du Yann Tiersen ou du Sufjan Stevens, c'est frais, balkanique et bohémien. Pour une fois que j'écoute des vrais instruments, je fais attention.

5. Principles Of Geometry - Lazare
Parce que ça ressemble à Board Of Canada et que l'hiver sous les draps, c'est un truc qui fait chaud au coeur.

6. Teenage Bad Girl -Cocotte
Parce que l'un des deux vient de Jarny (54, côté Meuse) et que ce groupe c'est un buldozzer techno, signés sous le label de Vitalic. Pour vous dire le niveau.

7. M83 - Digital Shades
Pour moi le meilleur groupe français actuellement, du Shoegazing (des rockeurs qui regardent leurs baskets pour pas qu'on voit qu'ils pleurent), mais cet album est purement ambient, certains diraient "musique d'ascenseur", moi je dis "descendants de Brian Eno".

8. Chloé - The Waiting Room

Entre rock et electro, comme tous les bons groupes.

9. Justice - †
Pour certains morceaux, mais pas pour D.A.N.C.E. et We are your Friends, qui ont failli pourrir mon été.

10. Punish Yourself - Cult Movie
Je le mets à la fin parce que c'est du gros indus qui tache, mais cet album est plus accessible que le reste de leur discographie.


Meilleurs albums de trucs qui passent en radio en 2007 :

Britney-spears---blackout.jpg1. Britney Spears - Blackout

Souvenez-vous quand on disait : "écoutez le Nelly Furtado ou le Justin Timberlake" vous attendiez de la pop naze et vous aviez du Timbaland non coupé, pur de chez .com. Tout le monde aime Timbaland même mon père. Britney Spears elle n'a pas pris Timbaland (trop cher, trop chiant? ou ne peut-il pas bosser avec à cause de la close 11.7 du contrat avec Timberlake ?), du coup elle a bossé avec Danja un pote de Timbaland. Et Danja c'est le Pepsi de Cocaland.
N'empêche, écoutez Piece Of Me, même au Téléthon tout le monde était debout.

Ciara---The-Evolution.jpg2. Ciara - The Evolution
C'est celle qui danse le mieux actuellement. (oui c'est important maintenant, avec les clips qui sentent les fesses) mais Act Like a Boy et quelques autres morceaux font bouger du boule grave.


3. Fatal Bazooka - T'as Vu

On dira ce qu'on voudra, mais ça fait un an depuis Fous ta Cagoule, et maintenant c'est Parle à Main qui squatte les ondes. Textes drôles, musique mieux produite que du M. Kaporal, pour être conquis, jetez une oreille sur Chienne de Vie.

4. Amy Winehouse - Rehab

J'ai pas écouté tout l'album, mais franchement ce que j'entends à la radio c'est quand même très classe.

5. Feist - The Reminder
C'est bien mais ça vaut pas Cat Power ou CocoRosie, mais celles ci sont trop roots pour passer à la radio.

Depuis quelques années la pop radiophonique a gagné en qualité, on va dire depuis Toxic dont un passage de 15sec sonne comme du Autechre (electro franchement barrée). Maintenant il n'y a plus que 90% des artistes issus des Télé-crochets à virer pour avoir des programmes de qualité. 2007 fut l'année Timbaland (Nelly Furtado, Justin Timberlake, 50Cents, Timbaland lui même) on a dû avoir 10 morceaux en rotation (burp) cette année. Il est temps qu'il se renouvelle. Et mention spéciale à Mika qui a tout bouffé cette année, mais j'ai peur qu'il ne passe pas l'hiver...


Meilleurs films en 2007 :

Sunshine01.jpg1. Sunshine de Danny Boyle
La grosse claque en HDDC, la BO de Underworld, la chaleur des images, l'humanité des personnages, la beauté de la fin. C'est l'Armaggedon des gens de goût, le 2001 de la génération MTV, mais le chef d'oeuvre de 2007.

1-le-scaphandre-et-le-papillon.jpg2. Le Scaphandre et le Papillon de Julian Schnabel
Pris de la mise en scène à Cannes, comment faire un film vu de l'oeil d'un homme paralysé. Ca sent l'ennui mais ça transpire la beauté du monde, la vanité aussi, la puissance du langage, le besoin d'autrui, et c'est tellement beau que je me demande si je le mettrais pas en 1.

194.jpg3. Boulevard de la mort de Quentin Tarantino
Parce qu'on voit la cellulite de Rosario Dawson, parce qu'elle a des auréoles sous les bras, et c'est pour ça que les filles n'ont jamais été aussi belles au cinéma. Des cicatrices, des cernes, des mauvaises prises, des vernis écaillés, tout est vrai dans ce film. La violence des filles, la stupidité des hommes et leurs grosses voitures, Quentin Tarantino filme de beaux chassis.

4. Transformers de Michael Bay
C'est du cinéma américain, avec des moyens de fous, des robots qui s'en foutent plein la gueule pendant que des actrices inconnues (mais avec de gros seins) crient au ralenti. C'est une franche poilade et les fans de Spielberg producteur (Gremlins, Jurassic Park, Retour vers le futur) pourront jouer à "trouve les références". J'avais les bras levés au ciné, comme dans les montagnes russes.

5. Planète Terreur de Robert Rodriguez
Le pendant de Boulevard... mais tout est faux, les zombies, le jeu des acteurs, même les poils de cul sur la pellicule puisque c'est du digital. Mais Freddy Rodriguez 1m65 de charisme latino, et Rose McGowan, une amputée sexy qui a rendu 75% de la gente masculine acrotomophile (amoureux des handicaps).

6. 300 de Zack Snyder
Vous prenez un tableau de Delacroix, et vous faites un film. Alors les gens trouvent ça violent, surfait, irréaliste. Mais ça s'appelle le classicisme, avec l'amour des colonnes, des Riace A et B (les plus vieux bronzes grecs). Et c'est sûr que l'exaltation du beau corps, de la guerre et des grands bâtiments ça fait totalitaire. Mais les régimes durs ont toujours eu du goût en art. Et 300 c'est 100 fois mieux que Troie.


Meilleures séries en 2007 :

1. Californication
Revoir David Duchovny en auteur has been vivant sur des acquis qu'il a perdu depuis 5 ans c'est génial. C'est cynique, et pourtant ça finit bien, c'est cul et pourtant plein d'amour, bien écrit et pourtant visuel. gros coup de coeur.

2. Dexter
Parce que Michael C. Hall joue superbement et tient la série à lui seul, parce que c'est très bien filmé aussi. Et le personnage de Lila dans la saison et l'un de mes personnages de fiction préféré depuis longtemps. Une femme fatale, une vraie.

3. Weeds
Parce que c'est drôle et que Conrad est toujours très bien habillé.


Meilleurs livres lus en 2007 :

1. Harry Potter et les Reliques de la mort de JK Rowling
Parce que c'est super dur d'écrire une fin (et je sais de quoi que je cause, pour une fois), et que Harry c'est un poter pour la vie. (saviez-vous que de la version allemande il s'appelle Haribo Ther ?)

2. Desproges, Portrait de Marie-Ange Guillaume
Parce que c'est Desproges et que j'ai découvert l'histoire d'un mec qui n'a pas le permis, pas le bac et qui a installé un interphone dans son bureau pour parler à sa femme.

3. King Kong Theory de Virginie Despentes
Je l'aime bien Virginie, elle est de Nancy. Et elle n'est jamais meilleure que quand elle parle de ce qu'elle a vécu. Essai qui va du viol à l'écriture, comment le viol prend, comment l'écriture donne.

4. Les cantos d'Hypérion de Dan Simmons
De la science fiction tellement lointaine que Hitler était un monarque, et 2001 un film bi-dimensionnel. Les récits de 6 voyageurs qui s'entrecroisent, un vrai dépaysement.

5. L'élégance du Hérisson de Muriel Barbery
Gros succès mais qui a ses défauts, j'aime surtout le "journal du mouvement du monde" écrit par l'adolescente, l'histoire de la concierge est finalement moins intéressante. Mais pour les concierges, tout est dans l'éloge.


Meilleurs textes écrits en 2007 :

1. Real Mouammar d'après deux votants, et c'est vrai qu'il me plait bien.

2. Lettre / Coeur ouvert, d'après quelques personnes mais c'est pas officiel, ils ne sont pas sur les listes.
3. Ségolène fit de la peine, je vote seul, mais c'est celui qui m'a le plus fait rougir en l'écrivant.


Fin de bilan, début de l'année.





par Dirty Epic publié dans : Musique
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Dimanche 6 janvier 2008
Un  jour j'écrirais.
par Dirty Epic publié dans : Mes humeurs
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Jeudi 20 décembre 2007
Après maints essais (et j'en ai marre de chercher un sondage qui puisse apparaître sur ma misérable feuille de chou virtuelle), j'ai décidé de ne pas faire de sondage pour savoir quel article vous a le plus plu cette année. En plus j'ai les mains en sale état, je ne sais pas si vous avez déjà essayé de changer une ampoule sur une 206, mais d'un coup on comprend pourquoi les garagistes existent (et aussi pourquoi ils ont les mains noires).

Tout ça pour dire que si vous voulez partager vos points de vue sur mes misérables chroniques, les commentaires sont les bienvenus.
Donc je vous laisse ici my personal best, comme les Monty Python mais en moins bien.
Bonne relecture !


Classés par ordre du ministre de la culture :

Le lapin Salinge
Ca va, Lentin ?
Les feux de mon enfance
Ségolène fit de la peine
Les 7 mères veillent sur le monde
Nacht, Nebel & anderes schlechtes Wetter
Blouses en série
Le sexe n'est pas une religion
Lettre / coeur ouvert
Real Mouammar


Ah oui ! Et bonne fête à tous, je n'aurai pas le temps d'écrire avant ce beau jour plein de papiers brillants, de sapins et de DVD en promo. Je vous souhaite plein de choses, avec du foie gras et du champagne (en promo également) pour célébrer le 2007e anniversaire (à quelques années prêt) de Jésus de Nazareth roi des Juifs.

par Dirty Epic publié dans : La brique à Braque
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Samedi 15 décembre 2007
 
 
 
 

Voilà, le cerf qui ornait les flyers et les pubs de France 3 – Lorraine s’en va doucement mourir au fond des bois, laissant derrière lui une année culturelle chargée en expositions artistiques et scientifiques, en concerts et en pièces de théâtre. Entre création et remise aux goûts du jour, Luxembourg 2007 a fait un grand écart entre art de qualité et culture populaire. Bilan d’un an d’exploration de la Grande Région à la recherche du savoir.
luxembourg-2007.jpg
Pour son dernier brame, le cerf bleu a décidé de mettre Toute la Lorraine en Scène (8 décembre), histoire de laisser la parole à notre bon Saint Nicolas et surtout pour éviter de finir dans le saloir du père Fouettard.
Mais d’abord revenons aux origines, la Capitale Européenne de la Culture c’est quoi ? L’idée vient d’une ministre grecque qui voulait unir les citoyens européens autour d’une culture commune. C’était en 1985, le Jack Lang spirit n’était pas loin. Depuis 2007, il n’y a pas une, mais deux capitales, Luxembourg partage son titre avec Sibiu en Roumanie.
Le but principal n’est pas de financer la culture dans une ville précise, mais plutôt de la diffuser, de l’ouvrir au public, et surtout de faire voyager les Européens pour qu’ils découvrent d’autres sensibilités, d’autres villes.

Et pour nous, étudiants lorrains, le voyage étant un luxe, Luxembourg 2007 fut l’occasion d’avoir la culture sur le pas de la porte, et les expositions à une heure de train.

BEAMS vous raconte tout ce qui s’est passé et tout ce qu’il reste à voir.


ON/OFF
Symbole du partenariat interrégional et de la réussite artistique, l’exposition ON/OFF a ouvert le bal en associant le Casino Luxembourg, le Saarlandmuseum de Sarrebruck et le FRAC Lorraine. Pour une première grosse sortie, le cerf bleu s’est invité à Metz et nous a offert des œuvres d’ombres et de lumière. Tout était affaire de sens et d’illusion : les lignes de lumière d’Anthony McCall ou les miroirs de Steve McQueen ont profondément marqué les visiteurs.


Metz ville frileuse ?
Malgré le succès de ON/OFF, Metz n’a pas poursuivi l’élan de Luxembourg. Le FRAC Lorraine a pourtant fait sa part du travail avec Chemins de Traverses (une exposition itinérante se déroulant sur toute la région) ou la Nuit de la Vidéo. L’Arsenal a mis en avant les artistes locaux pour Welcome to our neighbourhood, une autre exposition éclatée sur la Grande Région. Faux Mouvement a accueilli Virtual Residency, et la galerie Raymond Banas présentait début automne Le nouveau paysage familial, expo photo à vocation sociologique, mais au résultat artistique mitigé. Rien de plus qu’une année ordinaire, finalement.


Patrimoine Lorrain
Même si l’appellation Luxembourg 2007 ne fait référence qu’au Grand Duché, la Grande Région a pu nous dévoiler ses dessous et mettre en valeur son histoire et ses qualités. Ainsi nous avons redécouvert la Lorraine traditionnelle, avec plusieurs expositions autour du cristal (Baccarat en tête), mais aussi du verre en général, Nancy proposant en cette fin d’année pas moins de trois expositions sur ce thème.

Volklinger-hutte.jpgLe passé sidérurgique du bassin fut également exploité, et avec intelligence, à l’image des Völklinger Hütte qui accueillent depuis 2003 des expositions, des concerts, des conférences, le tout dans un écrin industriel classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Nous avons eu droit également à la mise en lumière du U4 (haut-fourneau de Uckange) par Claude Lévêque, véritable explosion colorée redonnant vie à un non-monument mort. Comme quoi l’art contemporain et le passé peuvent faire bon ménage.


Les étranges surprises
Contredisant l’image d’une culture sclérosée, Luxembourg 2007 a bousculé certaines idées reçues en investissant des lieux impromptus. Les Ni vu ni connu étaient des performances (concert, théâtre, installations), prévenues quelques heures à l’avance, se déroulant dans un hôtel, un chantier ou une cuisine de restaurant. Il fallait coller au cadre et surprendre. Il y a eu aussi les OuDJPo, des sets mixés sous contraintes, du style : jouer dans l’ordre chronologique, ou uniquement une année précise… Luxembourg a proposé plus de concerts qu’habituellement, avec une soirée Warp, les Chemical Brothers, Daft Punk, j’en passe et des pires.


La crème de l’art
Même si l’on peut être déçu par certaines absences d’initiatives, Luxembourg 2007 nous a tout de même offert de grands noms de l’art contemporain. Pour citer les stars : Martin Parr, apôtre de la photo faussement naïve, mais vraiment corrosive, Wim Delvoye et ses machines à caca, Duane Hanson et ses statues ultra réalistes d’Etasuniens ventripotents, et surtout Sophie Calle mise en scène par Frank Gehry, point fort de ce Luxembourg 2007, Douleur Exquise, livre devenant exposition.


Le cerf est mort ; maintenant, direction Liverpool ou Stavanger (en Norvège), en attendant la prochaine capitale française en 2013.

sophie-calle-copie-3.jpg

Rab de culture :

Il vous reste encore tout le mois de décembre pour briller en société et dire « oui, j’ai fait Luxembourg 2007 ».

A Nancy :

- Daum et l’esthétique des années 50, Musée des Beaux-Arts.

- Transparences, Histoire du verre et du cristal en Lorraine, Musée Lorrain.

- Verrerie Art Nouveau, l’exemple des Frères Müller, Musée de l’Ecole de Nancy

A Luxembourg :
- Wim Delvoye, Cloaca, Casino Luxembourg (cf. BEAMS#2)

- James Nachtwey, Images of war and war of images, Galerie Clairefontaine.

Sarrebruck :
- Picasso, les années 50, Saarlandmuseum.

Au Völklinger Hütte :
- Duane Hanson, Sculptures of the american dream.

Informations sur www.luxembourg2007.org

par Dirty Epic publié dans : Beams
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Mardi 11 décembre 2007

    Comme tous les dictateurs, Mouammar Kadhafi a un style douteux. Les dictateurs sont comme les rockstars, ils ont toujours un accessoire pour qu’on puisse les reconnaître. Exemple : Castro et ses cigares /barbe, Mao et sa casquette à étoile rouge, Staline et son col haut, Hussein (Saddam, pas Robert) et son béret puis sa chemise blanche ouverte genre Hu bogoss etc.
kadhafi.jpg    Mouammar - je vais l’appeler Mouammar mais normalement on devrait l’appeler "le guide de la grande révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste Mu'amar Al-Qadhafi" mais je trouve ça un peu lourd et pompeux. Donc Mouammar, depuis qu’il est une star du monde non-libre, cultive un style vestimentaire qui ferait passer John Galliano et Karl Lagerfeld pour des partisans du minimalisme. Après avoir porté un temps l’uniforme militaire (comme tous les dictateurs), Mouammar arbore désormais des costumes traditionnels revisités. Il oscille entre le doré et le blanc, choisissant toujours des matières et des motifs passe-nulle-part. Il porte aussi des lunettes très 80’s, que Georges Michael a revendu sur Ebay il y a quelques années, mais c’est pour éviter d’être ébloui par les dorures des palais. Il arbore également tous ses grades bien colorés à côté d’une carte de l’Afrique bleue qui rappelle étrangement le pin's du Live 8, la guitare en moins. Mais que voulez vous, c’est la mode des badges en ce moment, c’est tellement rock. D’ailleurs il partage avec les rockers le même amour pour la pyrotechnie et les spectacles à explosions.

    Quand il était jeune il aimait faire des boums. D’ailleurs en avril 86, dans une discothèque de Berlin-Ouest, Mouammar avait organisé LA boum qui tue, puisqu’un Américain y a trouvé une bombe qui l’a sauté toute la nuit. Mouammar, c’est un mec de la night, il aime s’entourer des plus belles femmes, car il tripe au lit. Il aime s’envoyer en l’air, comme dans le vol 772 UTA en 89 où toutes les filles étaient chaudes comme la braise. Et ce n’est pas un hasard s’il a cherché à retenir des infirmières bulgares ; tous les fantasmes masculins sont là :

1) des infirmières
2) des filles de l’est
3) du SM (elles sont attachées et prêtes à tout pour se faire libérer)

kadhafi-2.jpg
           Depuis que Nicolas Sarkozy, notre estimé président de la République, est célibataire, il s’ennuie terriblement, à part quelques zouks collé-serré avec Angela Merkel, et des putes de bordels chinois, rien de transcendant. Du coup il a décidé d’inviter un bon vivant, un mec qui sait lever des minettes, qui lit Bi-Magazine pour être au courant des dernières tendances. Et c’est là que Mouammar Kadhafi entre en scène. Nicolas avait d’ailleurs envoyé Cécilia en Libye cet été pour le stage ‘Soumission, le plaisir de la libération’, il voulait remettre du piment dans son couple, mais rien n’y fit (vidéo – électroménager).
        Comme Mouammar est bien élevé (il s’est elevé tout seul du grade de capitaine au grade de colonel), il s’est renseigné sur la France avant de venir, sur les fêtes de fin d’année, et il a vu que la mode était aux Don Quichotte du canal saint Martin, alors il s’est dit : "tiens ? Je vais amener ma tente !" Oui, mais la tente à qui ? La tente à Lockerbie bien sûr, toute en motifs écossais.
        Mouammar fait polémique, car il paraît qu’il est méchant, qu’il torture et qu’il tue juste pour de rire. Mais il reste l’homme qui a créé le Prix Kadhafi des droits de l’homme, personne d’autre que lui n’aurait pu créer le prix Kadhafi. Et il s’est excusé pour les attentats ; faute avouée moitié pardonnée.

        Désormais il faut oublier le manichéisme mondial et se dire que les gens ne sont pas noirs ou blancs. Les journalistes étaient un peu perdus face à ces nouveaux dirigeants, George Bush qui torture pour le bien commun, ou Kadhafi qui devient gentil, ça devient le bordel pour jouer à Risk. Du coup, à nouvelles relations nouveaux mots. Aujourd’hui on parle de realpolitik (à prononcer à l’allemande). En fait ‘real’ c’est juste la version 2007 du mot ‘pragmatique’, mais ‘pragmatique’ c’est désuet. Tout comme ‘désuet’ est obsolète, tout comme ‘obsolète’ est démodé.
    En fait, cette notion de realpolitik existe depuis longtemps, le mot est moderne, d’ailleurs tout est ‘real’ maintenant. Nous avons désormais la real-démocratie et la real-économie. Tout ça parce que ce qui est real a du succès. Exemple : les émissions télé : la Real TV, le foot : le Real Madrid, les poupées gonflables : les real dolls.
        Donc faisons de la Realpolitik, c’est l’alibi qui gagne.

par Dirty Epic publié dans : Les constats alarmants
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Dimanche 2 décembre 2007
Parce que c'est Didier Super, que c'est violent, facile, mais alors le clip, il est bluffant, je me le suis passé au ralenti histoire d'apprécier chaque perle des dénommés Diane et Nathaniel.

 

par Dirty Epic publié dans : Musique
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Dimanche 2 décembre 2007
C'était il y a un an. Je me plaignais. Et quand je ne me plaignais pas j'écrivais des chroniqueues ni têtes, usant d'une excuse vieille comme Wilde, disant que l'humour est la politesse du désespoir.  Je déversais beaucoup de misère ici, malgré les rires  que vous en tiriez,  je faisais pleurer mon encre.
Ensuite j'ai fini de regarder Six Feet Under,  et malgré le fait que ce soit un simple programme télévisuel, cette série m'a redonné foi en la vie et tout ce qui va avec.  Seuls ceux qui ont tout vu peuvent me comprendre. Mais là n'est pas la question. Si je mets tant de temps à entrer dans le vif du sujet, si je tourne autour du pot, si je prends tant de détours,  c'est parce que la timidité qui m'habita si longtemps repointe son nez. 

Il y a un an je rencontrais une fille en qui je fondais de minces espoirs, j'avais suffisamment peu vécu pour avoir peur et j'en avais trop pris dans la tronche pour être terrorisé. Elle fondait beaucoup d'espoirs en moi, peut-être trop au début, je tentais de faire bonne figure, essayant de la garder un temps soit peu, histoire de ne pas être seul. j'étais maladroit, parfois même stupide, mais je réapprenais la vie. J'étais assailli de doutes, avec des relents de culpabilité en sus.
Et peu à peu elle s'est dévoilée, j'ai découvert l'insoupsonnable. Une Béatrice, quelqu'un qui rend heureux. Une nuit d'hiver, j'ai rallumé la lumière pour lui dire je t'aime. J'étais obligé de la regarder, comme si je la voyais belle pour la première fois.
Quelques milliers de sms, 6752 heures de MSN, une overdose de téléphone et trois lettres plus tard je suis toujours amoureux d'elle. Ca a l'air d'être une performance mais ça ne l'est pas. C'est naturel, c'est évident. Et il n'y a pas de mauvais chemin pour découvrir de bonnes choses. En seulement quelques mois elle a conquis ma vie, plantant un drapeau au sommet de mon coeur, et moi vainqueur du sien, je me vantais d'avoir trouvé la femme idéale. J'évitais de le crier sur tous les toits, tout de même, de peur de me la faire voler.
Je n'ai qu'une seule phrase en boucle en tête depuis un an, "Putain qu'elle est belle". La vulgarité ne me vient que quand les extrêmes sont atteints, et désormais je suis atteint, extrêmement. J'ai cherché scientifiquement un pourquoi à mon état, mais le coeur a ses raisons etc. vous connaissez l'antanaclase. Finalement je me suis laissé bercer dans les vapeurs ouatées de la béatitude, oubliant le pourquoi, profitant du maintenant.
Béatrice est une fille sensible, elle est de celles qui faisaient rougir les auteurs du XIXe, faite de ces tissus que l'on ne tisse plus, car trop difficiles et trop fragiles. Elle est étrange, obscure sans être triste, d'une infinie gentillesse, avec un sourire qui vous fait dire qu'un jour d'été est franchement moche.
Récemment j'ai entendu que les filles sensibles sont les meilleures, mais que ce sont les plus dures à apprivoiser. Elle pleure souvent. Jamais de tristesse. Ses larmes se mêlent toujours à celles des cieux, s'écrasant doucement sur les vitres de ma voiture, quelques secondes avant qu'elle parte. Même quand elle pleure elle est belle, surtout quand elle pleure. Et son niveau zéro c'est le niveau dix de n'importe quel arc-en-ciel.
Parfois je regrette de lui avoir dit "je t'aime", parce que je me rends compte que je ne peux plus rien dire d'autre, que répéter cette phrase ne fait pas grandir, mais ne fait que durer. Alors je dois m'arranger pour ne rien dire, ou dire mieux. Je suis sans voix mais elle m'inspire.

Si je dois dresser un bilan de mon année, elle est le point le plus positif, et elle est à l'origine de tous les autres. Si je commence un roman sans être misanthropo-dépressif, si j'ai réussi à économlser pour une voiture, si mon taux d'alcoolémie en fin de soirée est proche de zéro c'est grâce à elle. Et ce n'est sans doute pas un hasard si je me trouve plus beau.
Cette lettre ouverte m'a trotté longtemps dans la tête, et j'attendais un moment spécial pour l'écrire ; mais j'ai réalisé aujourd'hui que chaque seconde avec elle est un moment spécial. Jusqu'à maintenant ma vie était faite de parenthèses, désormais c'est une suite de virgules, et je sais qu'un jour, dans quelques 6253 pages, un point final fera son apparition. En attendant, je prends soin de bien écrire chaque ligne, en choisissant mes mots, histoire de profiter. La création fut ma Béatrice.


par Dirty Epic publié dans : Mes humeurs
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Mardi 27 novembre 2007
        Je n'écris plus, je ne mange plus, je ne dors plus ; en seulement 5 jours ma chère et tendre se pose mille questions quant à sa place au sein du couple. Mais qu'est-ce qui a changé en 5 jours ? Quel malheur incroyable s'est abattu sur ma vie ? Il s'est infiltré, incognito, dans mon quotidien, sans que je ne vois rien, comme un virus.
        Tout a commencé quand ma soeur a récupéré une Gamecube (console Nintendo pour les néophytes).  Ensuite mon beau-frère a eu  la présence d'esprit de lui acheter quelques jeux, parce qu'une console sans jeu,  c'est un peu comme  les blocages d'université, ça fait chier et ça sert à rien.
        Dans les jeux, il y avait Splinter Cell - Chaos Theory.  Je me suis dit "Tiens, j'aime bien les jeux d'infiltration, il y a 10 ans je jouais à Metal Gear Solid".  Pour vous situer un peu, Tomb Raider (le premier) fut le dernier jeu video auquel j'ai joué. Aujourd'hui Lara Croft a les seins qui tombent raider
        En 2005, Amon Tobin, célèbre musicien électronique dont les morceaux illustrent de nombreuses émissions télé (surtout sportives), sort la première bande originale spécialement composée pour un jeu vidéo. 10 variations sur le thème du stress avait-il annoncé. La BO de Chaos Theory m'a souvent procuré des frissons, les derniers en date apparurent durant ma lecture de la fin d'Harry Potter.
        Il fallait bien que j'essaie ce jeu un jour ou l'autre...


        Manette en main, lumière éteinte, je commence à donner vie à Sam Fisher, agent d'infiltration au service d'Echelon 3, une section secrète de la NSA. Sam Fisher c'est le Jack Bauer de l'espionnage, il est baraqué, il a de la barbe et il sait tout faire. En plus il est nyctalope (il a trois yeux verts sur la tête).

     Malgré un sex appeal diamétralement opposé à celui de Lara Croft, le jeu est très addictif, et on se retrouve facilement à regarder sa montre à 4h du matin et se dire "bon allez j'immobilise les deux gardes là et après je vais au lit". Ou pire, obligé d'aller manger parce que maman appelle alors que je suis censé empêcher une 3e guerre mondiale !
    Vous vous en doutez, mon entourage n'a que faire de mes besognes d'espion inflitré en territoire ennemi. Je suis contraint d'agir seul.
    Parfois mes réalités se confondent ; tout à l'heure je me suis brûlé en mangeant trop chaud, ma mère me dit "bois vite !" et je lui ai répondu : "T'inquiètes j'ai sauvegardé avant, et au pire il y a une trousse de soin dans le poste de contrôle".



        Ma moitié cherche à comprendre mon comportement et ne veut pas croire que l'avenir du monde repose sur mes épaules. Pourtant quand elle est là je lui cache tous les signes laissant penser que je suis un agent secret. Je ne sers pas les dents, je ne transpire pas, je n'ai pas de tics nerveux dans les doigts (jouer évite de se ronger les ongles), ni même de pupille dilatée sur un blanc d'oeil rouge sang. Pourtant elle sent. Elle ne veut pas que je devienne un geek dont les doigts sont le prolongement direct d'une manette vibromasseuse.


            Mais je tiens à rassurer mon entourage : je ne suis pas un hardcore gamer (comme on dit chez les djeunz), j'aime juste un jeu. Splinter Cell. Et Splinter Cell - Pandora Tomorrow, et Splinter Cell - Chaos Theory, et Splinter Cell - Double Agent, et Splinter Cell - Convictions qui sort l'année prochaine. Vous voyez, il n'y a pas de quoi s'inquiéter, je suis juste un monomaniaque qui se prend pour un militaire nommé Samuel Poissonnier, c'est pas comme si j'avais 35 fois la même paire de baskets ou une collection de 150 figurines d'un dessin animé qui ne passe plus à la télé ! Non ?

par Dirty Epic publié dans : Mes humeurs
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Jeudi 15 novembre 2007
Une amie récemment promue professeur des écoles - dont je tairais le nom si elle veut garder sa place - m'a donné à lire ce superbe poème (récitation comme on dit chez les jeunes) pour vérifier si elle avait l'esprit vraiment mal tourné ou si ce texte aux rimes suffisantes avait un sens interdit.


Mon arbre à moi
        par Christian Poslaniec

Lorsque je le caresse,
Mon arbre apprivoisé
Se dresse
Sur la pointe des feuilles
Dans le vent.
Alors moi je lui cueille
Un bouquet d'oiseaux blancs
Et il remue la tête
Heureux
En souriant
D'un grand rire d'écorce
Pour me faire la fête.


Ce poème a été trouvé sur un site de ressources pour professeurs, section CP-CE1.
Si un jour je fais réciter ça a mon gosse, je le change d'école.

par Dirty Epic publié dans : La brique à Braque
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Playlist

Musique :
Minilogue - Animals
Crystal Castles - Crystal Castles
Fixmer / McCarthy - Into the night
Ladytron - Velocifero

Livres :

Fini : Gattinoni & Vigouroux, La photographie contemporaine
Actuellement : N. Hornby, Vous descendez?
Après: S. Larsson, Trilogie Millenium

Ciné :
Nicolas & Bruno, La personne aux deux personnes
G. Romero, Diary of the dead
M. McDonagh, Bons baisers de Bruges

DVD :

C. Eastwood, Les lettres d'Iwo Jima
Z. Braff, Garden State
J. Woo, Le Syndicat du Crime 
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